Dès qu’il y aura assez de neige pour assurer des descentes sécuritaires, Ski Saguenay offrira un nouveau secteur de glisse privé à L’Anse-Saint-Jean pour les amateurs de ski hors-piste. Ce sera un des secteurs avec le plus haut dénivelé au Québec, avec 390 mètres d’altitude en descente… et ce n’est qu’un début, car de futurs développements viendront bonifier l’offre, avec notamment de l’hébergement.

Guillaume Roy
Initiative de Journalisme local

C’est en voyant la croissance du ski hors-piste au Québec et au Saguenay–Lac-Saint-Jean que Philippe Pichon et Jérôme Durocher ont décidé d’investir pour développer un nouveau secteur privé à L’Anse-Saint-Jean. « Le secteur de ski hors-piste est tellement achalandé au mont Édouard les fins de semaine qu’on a vu un potentiel », souligne Philippe Pichon. Selon les données de la Fédération de montagne et d’escalade (FQME), le nombre d’adeptes a augmenté de 177 % par rapport à l’an dernier.

En regardant les opportunités pour surfer sur la vague du ski hors-piste, les deux hommes ont sauté sur l’occasion lorsqu’un terrain accidenté a été mis en vente par la fabrique de l’église Saint-Jean-Baptiste, à L’Anse-Saint-Jean, il y a deux ans, explique Philippe Pichon, un Français qui s’est d’abord établi au Québec… pour jouer plus au hockey. Mais c’est finalement le ski hors-piste qui l’a accroché. « Quand on est allé visiter le terrain, on est tombé en amour et on s’est assuré de miser un bon prix pour avoir la terre », poursuit-il, en évoquant le processus de mise aux enchères.

En explorant davantage, ils ont réalisé qu’il existait un excellent potentiel de descente sur le terrain voisin, et après avoir fait une offre, ils ont agrandi leur terrain de jeu, qui fait désormais près de 70 hectares.

Le ski hors-piste est en forte croissance au Québec et les premières descentes dans la poudreuse se font de plus en plus rares, ce qui ouvre des occasions d’affaires.

Situés à un peu plus d’une dizaine de kilomètres du mont Édouard, les entrepreneurs ont donc lancé l’entreprise Ski Saguenay, qui offrira du ski de montagne guidé sur leur terrain privé. Pour accéder au secteur, les clients devront obligatoirement réserver les services d’un guide, cette année, pour un montant de 115 à 200 dollars par jour, selon le nombre de personnes dans un groupe. « Les gens paieront pour skier un territoire exclusif », souligne Philippe Pichon, avant d’ajouter qu’avec la croissance de l’achalandage, les secteurs de poudreuse vierge se font de plus en plus rares.

Ski Saguenay développera deux secteurs de glisse de niveau intermédiaire avancé. Le plus gros aura un dénivelé de 360 à 390 mètres, avec plusieurs passages très accidentés et plusieurs obstacles et sauts naturels. « Il existe un potentiel de 100 mètres de plus au-delà de la limite de nos terrains, sur les terres publiques, mais on devrait aller chercher les autorisations pour faire cet ajout », remarque Philippe Pichon, qui fera partie de l’équipe de guides.

Un secteur plus petit, de 80 à 150 mètres, a aussi été développé près du futur chalet, que l’entreprise compte bâtir dès l’été prochain, si le financement du projet se concrétise. « Nous voulons bâtir un chalet plutôt haut de gamme, avec un sauna et un bain nordique, pour offrir un produit différent de ce que l’on retrouve au mont Édouard », remarque l’entrepreneur, en ajoutant que les clients du chalet pourront skier en autonomie dans le petit secteur. Pour le construire, les deux hommes comptent utiliser leur propre bois. En tout et partout, les deux hommes ont investi plus de 70 000 dollars dans le projet jusqu’à maintenant.

Dans l’attente d’une autre bordée… et de mesures sanitaires pour guider

Il manque encore un peu de neige pour skier en sécurité sur les terrains de Ski Saguenay, comme partout dans la région d’ailleurs. « Avec encore 20 à 30 centimètres, on va pouvoir ouvrir les secteurs », souligne Philippe Pichon. Il faudra aussi attendre de savoir quelles seront les nouvelles mesures sanitaires qui seront annoncées après le 8 février, car il est interdit d’offrir le service de guide à l’heure actuelle, ajoute ce dernier.

Au cours des prochaines années, Ski Saguenay souhaite continuer à développer de nouveaux secteurs et construire éventuellement un second chalet. Un service de remontée sur chenillette est aussi dans les cartons.

Le Saguenay–Lac-Saint-Jean se positionne

Avec l’ajout de l’offre de Ski Saguenay et le nouveau secteur qui a été développé à Petit-Saguenay, la région du Saguenay–Lac-Saint-Jean compte désormais cinq sites officiels, avec le mont Édouard, le mont Lac-Vert et le mont des Allemands. « La région a un très beau potentiel pour le développement du ski hors-piste », atteste Maxime Bolduc, directeur ski à la Fédération de montagne et d’escalade.