« Cette année, il y a eu une explosion, carrément. C’est incroyable le nombre de personnes qui viennent randonner. Et c’est parfait, vaut mieux prendre l’air que de rester sur son divan. » Coordonnateur des patrouilleurs des parcs des Montagnards et Jean-Paul-Forand à Shefford, Albert Lemmel constate que les sentiers sont plus populaires que jamais. Un phénomène bien répandu.

Cynthia Laflamme
Initiative de Journalisme local

Les stationnements de ces deux parcs sheffordois ont débordé à plus d’une reprise. L’augmentation de l’achalandage a été particulièrement marquée dans la dernière année, surtout depuis la réouverture au printemps, après le dégel.

« Depuis le printemps passé, les gens cherchent des activités à faire en plein air », selon le maire de Shefford, Éric Chagnon.

Le nombre de visiteurs durant les Fêtes pouvait s’apparenter à la période des couleurs, en octobre, où des files de voitures pouvaient être observées sur les abords de rues.

« En général, nos stationnements sont suffisants, mais on vit quelque chose qu’on ne reverra probablement pas de notre vivant. On regarde différentes options pour le parc des Montagnards, mais on est assez satisfaits, ajoute M. Chagnon. Pour Jean-Paul-Forand, c’est moins problématique, mais on pourrait peut-être faire connaître plus l’accès par la rue Chenail. »

Faciles pour les familles

« On pensait que ça diminuerait avec la neige et le froid, mais pas du tout, reprend M. Lemmel. Encore aujourd’hui [mardi], vers 14 h 30, les deux stationnements étaient pleins aux Montagnards et on est en pleine semaine ! Imaginez les fins de semaine : les stationnements débordent largement. Et ça se voit dans l’état des sentiers. »

C’est que certains ont décidé d’essayer leurs raquettes. Les sentiers étant bien compressés par le passage des gens, ils décident d’en sortir, croyant que les raquettes protègent le sol. « Or, les parcs de Shefford sont des réserves naturelles et il ne faut pas sortir des sentiers. Lorsqu’une personne ouvre une trace, 10, 20 autres la suivent et c’est là qu’il y a beaucoup de pression sur le sol. »

La majorité des gens sont toutefois respectueux des règles.

Puisque le coordonnateur des patrouilles a l’habitude de parler au plus de randonneurs possible lorsqu’il est là, il a également observé que les randonneurs viennent de plus en plus loin. Il y a par exemple rencontré des gens de la couronne montréalaise.

Est-ce parce que ces sentiers sont dans les rares accessibles gratuitement ? « Je suis certain que ça joue, mais je ne suis pas sûr que c’est l’unique facteur », répond M. Lemmel. Il croit que la boucle courte et la vue au sommet du parc des Montagnards ainsi que les sentiers plus accessibles et familiaux de Jean-Paul-Forand ont attiré bien des familles à Shefford le temps d’une randonnée, ajoute M. Lemmel.

Congestion… mais pas en sentier

À Bromont, les droits d’accès n’ont pas refréné les ardeurs des usagers réguliers ou occasionnels. Des employés étaient souvent sur le terrain pour faire des contrôles, ce qui permettait d’avoir trois fois plus de revenus, selon Alain Planchamp, directeur général des Amis des sentiers de Bromont, organisme responsable du Parc des sommets.

Les visiteurs répondaient aux employés avec un sourire et acceptaient de payer leur droit d’accès, s’ils ne l’avaient pas déjà. Cependant, sans la présence des patrouilleurs, ils n’auraient pas acheté leur billet.

Cette nouvelle règlementation, si elle a été difficile à avaler au printemps, est maintenant devenue une habitude, remarque-t-il. De plus, elle ne semble pas avoir fait fuir les amateurs de plein air.

« C’est clair que, cet hiver, c’est magique. On a beaucoup d’achalandage, commente M. Planchamp, aussi bien au niveau de la randonnée au Domaine naturel du lac Gale que dans la montagne ou au mont Oak pour le fatbike. On voit que les gens ne sont pas nécessairement sortis du Québec et le peu de neige ouvre la possibilité à plein de gens qui n’ont pas de raquettes. »

L’achalandage était plus facile à mesurer dans les stationnements, où les places se faisaient rares, voire absentes. Les rues ont accueilli les débordements. « Ce qui est intéressant, par contre, c’est que notre réseau est tellement vaste que, du moment où on est dans les sentiers, on ne s’en rend plus compte. »

Il admet d’un autre côté que les débordements dans les stationnements devront faire l’objet d’une réflexion pour trouver des solutions.