(Racine) Ces dernières années ont poussé aux quatre coins du Québec des petites cabanes en forêt minimalistes, souvent écologiques, qui flirtent avec cette esthétique scandinave tant appréciée des utilisateurs d’Instagram. Si on veut y dormir, il faut parfois même réserver des mois à l’avance. Depuis le début du déconfinement, les réservations ne faiblissent pas. Aperçu d’un séjour à Racine, chez Laö Cabines.

Valérie Simard Valérie Simard
La Presse

PHOTO DAVID BOILY, LA PRESSE

Les cabines Blök ont une façade vitrée pour permettre de profiter de la nature, même à l’intérieur.

Cet ensemble de microchalets, qui a vu le jour l’an dernier au cœur de la forêt estrienne, est un représentant de cette tendance alimentée par ce besoin de se rapprocher de la nature, présent avant la pandémie, mais que le confinement semble avoir exacerbé. Si certaines de ces cabanes sont luxueuses au point d’offrir un spa et un sauna, d’autres, comme celles de Laö Cabines, sont plus simples, avec une empreinte minimale.

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Dans les trois cabines Blök, on retrouve un divan-lit dans la pièce principale. Le lit se trouve sur la mezzanine, à laquelle on accède par une échelle.

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L’intérieur est minimaliste. Le coin cuisine comporte grosso modo un lavabo, quelques couverts et ustensiles de cuisine, un chaudron, un poêlon, une bouilloire, une cafetière. On retrouve à l’extérieur un rond au propane.

Le terrain étant adjacent au futur agrandissement du parc national du Mont-Orford et à la réserve naturelle du Lac-Brais, il allait de soi pour les propriétaires de bâtir un projet qui aurait le moins d’impact possible sur l’environnement.

« On a voyagé en campeur, l’été, et on voulait faire vivre l’expérience du minimalisme, indique Marie Courtemanche, qui a démarré Laö Cabines l’an dernier avec son conjoint, Vincent Tognon. On n’a pas besoin de grand-chose, au fond. Certains sont déstabilisés, ils auraient pris un peu plus. Mais c’est ça aussi, avoir moins, pour réduire l’empreinte écologique. »

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Les cabines Vü sont dotées de fenêtres sur le toit, pour admirer les étoiles, la nuit venue.

Dispersées sur un terrain de 66 acres, les six cabines — bientôt neuf — offrent une expérience à mi-chemin entre le « glamping » et le chalet. La plus petite, Labsolü, n’est branchée à l’électricité que l’hiver. Les autres sont alimentées par panneau solaire et chauffées au bois. Aucune n’a l’eau courante ; des bidons d’eau sont fournis. Il faut apporter sa glacière. On retrouve dans chacune une petite cuisine avec le strict (très) minimum, une toilette de camping ou à compost et, parfois, une douche rustique. Un bloc sanitaire complet se trouve à l’accueil.

Une idée de la Scandinavie

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Marie Courtemanche, copropriétaire de Laö Cabines

L’immersion en nature commence à l’accueil, justement, où il faut laisser sa voiture et emprunter un sentier pour rejoindre sa cabine. La nôtre, baptisée Le Blök, a du panache, est située au bord du lac, alors que d’autres sont logées sur la falaise, offrant une vue magnifique sur les montagnes environnantes. À l’intérieur de ces microchalets sur pilotis, à la façade vitrée, on se rapproche de la cime des arbres, encore davantage sur la mezzanine où se trouve le lit (éminemment confortable), si bien qu’on tombe dans les bras de Morphée en regardant les arbres danser. Vivre dehors, en dedans, c’est d’ailleurs leur slogan.

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Le site compte aussi quelques terrains de camping sauvage.

Ayant mijoté leur projet pendant 10 ans, Marie Courtemanche et Vincent Tognon ont trouvé leur inspiration du côté de la Scandinavie, ce genre de construction étant plutôt rare à l’époque au Québec.

Il y a 10 ans ici, il y avait plutôt de l’hébergement insolite, des petites cabanes, mais rustiques. Dans les pays scandinaves, c’était plus chic, vitré, ouvert sur la nature.

Marie Courtemanche

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Les couleurs d’automne ont commencé à égayer le paysage.

On ne s’éloigne jamais beaucoup de la nature, donc, qu’on soit à l’intérieur de la cabane, sur les sentiers ou sur le lac en train de pagayer. Des sentiers parcourent le terrain. On peut aussi aller se balader sur le territoire futur du parc national et risquer de croiser, au passage, une tortue serpentine qui semble égarée. Mais les amateurs de randonnée pédestre préféreront sûrement se rendre sur les sentiers de l’Estrie ou sur le mont Orford, situés à proximité. En hiver, il est possible de faire du ski de fond, de la raquette et de glisser sur le site. Deux spas sont aussi mis à la disposition des invités.

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Avec une vue comme celle-là au réveil, il faut une bonne dose de volonté pour sortir du lit.

Tentés d’y aller ? Il reste des disponibilités d’ici la fin de l’année, mais seulement en semaine. Sinon, il faudra patienter jusqu’à l’année prochaine. « Ce que la COVID-19 a changé, c’est qu’on est loué plus longtemps d’avance, souligne Marie Courtemanche. Mais il y avait déjà cet engouement avant, cette envie de nature dans le confort. Tu as le goût d’aller en pleine forêt, mais tu n’as pas le goût que ce soit compliqué. »

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Les visiteurs ont accès à un petit lac, le lac à Paul, baptisé en l’honneur de son créateur, Paul-Aimé Fontaine. Ancien propriétaire du terrain, il avait érigé un barrage pour créer ce lac.

Pour de deux à six personnes, selon le type de cabane choisi ; séjour de deux nuitées minimum (ou une nuit entre deux réservations) ; entre 95 $ et 200 $ la nuit, taxes en sus.

> Consultez le site de Laö Cabines