Les randonneurs et autres amateurs de plein air montréalais qui souhaitent admirer les paysages d’automne seront confrontés à un dilemme moral cette fin de semaine alors que Québec leur demande d’éviter les déplacements entre les régions pour freiner la propagation de la COVID-19.

Michel Saba
La Presse Canadienne

Dans un « avis », la SEPAQ, qui gère les parcs provinciaux du Québec, demande à ses visiteurs de « respecter rigoureusement » les nouvelles mesures sanitaires et leur rappelle que les déplacements interrégionaux sont « non recommandés ».

« Responsabilisez-vous vis-à-vis des consignes de la santé publique », a lancé aux Montréalais le porte-parole de la SEPAQ, Simon Boivin, en entrevue avec La Presse Canadienne.

Son organisation estime qu’ils ne devraient pas se rendre dans les Parcs nationaux ces jours-ci « à moins que ça ne soit essentiel ».

Et pour être clair, « à sa face même, une visite dans un parc, il est difficile d’associer ça à une visite qui est essentielle », a-t-il laissé tomber lorsque relancé sur la nécessité d’un tel déplacement.

Le respect des règles sanitaires préoccupe également Rando Québec alors que les feuilles des arbres changent de couleur, que les montagnes s’offrent en spectacle et que la météo annonce des températures estivales ce week-end.

Bien que « modérée », la crainte de la fédération de plein air est bien réelle d’autant plus que pour les néophytes, faire de la randonnée durant l’automne et voir les couleurs au sommet d’une montagne c’est « le trip ultime ».

« Notre message est : “Suivons les recommandations du gouvernement”, a résumé Grégory Flayol, le directeur général adjoint de Rando Québec. La randonnée n’est pas obligatoire. Si on est en zone orange, il faut autant que possible rester dans la zone dans laquelle on habite. »

Vendredi, la santé publique a fait basculer toute la région métropolitaine à l’orange, c’est-à-dire en zone d’« alerte modérée » et le ministre de la Santé, Christian Dubé, a demandé aux Québécois de faire un « effort spécial » pour limiter les contacts sociaux au cours des 28 prochains jours.

Les déplacements d’une région en zone orange vers une autre région également en zone orange ne sont pas recommandés, a clarifié le ministère de la Santé et des Services sociaux, en réponse à une question de La Presse Canadienne.

« Nous rappelons qu’il est préférable d’éviter les déplacements interrégionaux non nécessaires, et ce, même pour les zones où il n’y a pas de restriction », a même ajouté le ministère dans un courriel.

À ceux qui décideraient tout de même de se déplacer, M. Flayol leur demande de minimiser leur impact : se laver les mains, porter un couvre-visage, rester à deux mètres et éviter tous les contacts possibles avec les autres personnes.

Il a cependant souligné que la transmission du virus en plein air est beaucoup moins forte à l’extérieur qu’à l’intérieur.

Le « surachalandage » des sentiers est, selon lui, un « énorme enjeu » qui pourrait être accentué par la fermeture de certains de ceux situés sur des terres publiques en raison du début de la période de la chasse.

M. Flayol suggère à la population de faire « du plein air de proximité » en restant près de leur domicile, ce qui éviterait également d’être pris dans des « files d’attente assez incroyables à l’entrée des sites » bien connus du grand public.

Une carte répertoriant des sentiers est d’ailleurs disponible sur le site de Balise Québec.