C’est la pièce maîtresse du Réseau vélo métropolitain. Le sentier cyclable Oka–Mont-Saint-Hilaire s’étend sur pas moins de 143 kilomètres, d’un bout à l’autre du territoire de la Communauté métropolitaine de Montréal. Évidemment, ce n’est pas le genre de périple que l’on effectue en une seule journée. On l’a donc fait en deux étapes, en commençant par la section ouest, entre Montréal et Oka, que nous vous présentons aujourd’hui. Une balade qui met plus que jamais en valeur l’incomparable paysage riverain des rivières des Prairies, des Mille Îles et du lac des Deux Montagnes.

Pierre-Marc Durivage Pierre-Marc Durivage
La Presse

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Le sentier cyclable Oka–Mont-Saint-Hilaire relie 17 municipalités le long de ses 143 kilomètres.

Lancé en 2012 dans le cadre du Plan métropolitain d’aménagement et de développement de la Communauté métropolitaine de Montréal (CMM), le sentier cyclable Oka–Mont-Saint-Hilaire a nécessité des investissements de 60 millions de dollars, si bien qu’il permet aujourd’hui de relier 17 municipalités sur sentier en site propre, sur des voies cyclables dédiées ou en empruntant des rues résidentielles peu achalandées. Et comme nous avons pu le constater, il a été imaginé pour maximiser l’utilisation de corridors verts et donner accès aux grands plans d’eau de la région. À ce jour, les voies cyclables sur le territoire du Grand Montréal s’étendent sur plus de 2200 km, ce qui permet à Montréal de se classer au 20e rang mondial des métropoles cyclables. En Amérique du Nord, il est actuellement deuxième, avec l’objectif avoué d’atteindre le sommet d’ici 2031. Le sentier Oka–Mont-Saint-Hilaire y sera certainement pour quelque chose.

  • Le parc Maurice-Richard, au bord de la rivière des Prairies

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    Le parc Maurice-Richard, au bord de la rivière des Prairies

  • Le parc Maurice-Richard, au bord de la rivière des Prairies

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    Le parc Maurice-Richard, au bord de la rivière des Prairies

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On l’avoue d’emblée, nous avons volontairement choisi de faire l’impasse sur la section du sentier qui traverse l’île de Montréal en secteur urbain. Nous avons donc commencé au bout de l’avenue Christophe-Colomb, pas très loin du métro Henri-Bourassa. Nos premiers coups de pédale nous amènent donc au bord de la rivière des Prairies, d’abord au parc Gouin et tout de suite après au charmant parc Maurice-Richard. Tout près des agréables chaises longues, on consulte les panneaux qui retracent l’histoire de ce qui était à l’époque le village de Sault-au-Récollet, avec un coup de chapeau à Marie Gérin-Lajoie, pionnière du service social au Québec qui a fondé l’Institut Notre-Dame-du-Bon-Conseil de Montréal, à quelques minutes d’ici.

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Le parc longe la rivière des Prairies.

  • Juste avant de traverser à Laval par le pont Lachapelle, on passe par le parc Belmont.

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    Juste avant de traverser à Laval par le pont Lachapelle, on passe par le parc Belmont.

  • Une série d’affiches permet de rappeler la fascinante histoire du parc d’attractions, qui a diverti des millions de visiteurs au fil de ses 60 ans d’existence.

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    Une série d’affiches permet de rappeler la fascinante histoire du parc d’attractions, qui a diverti des millions de visiteurs au fil de ses 60 ans d’existence.

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On reprend le sentier, toujours en longeant le rivage, cette fois en traversant les parcs Nicolas-Viel, de la Merci et des Bateliers. On se trouve alors dans le cœur historique du village de Bordeaux, comme en témoigne ses dizaines de belles résidences centenaires, dont plusieurs sont décrites dans l’application Parcours riverains. On arrive ensuite à Cartierville et au pont Lachapelle, qui nous permettra de gagner Laval. Mais avant de traverser à l’île Jésus, on s’arrête au parc Belmont – oui, oui, celui-là même qui a abrité ce haut lieu du divertissement montréalais de 1923 à 1983. Une série d’affiches installées en 2017 permet de rappeler la fascinante histoire du parc d’attractions qui a diverti plus de 50 millions de visiteurs au fil de ses 60 ans d’existence.

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Il faut se donner la peine d’aller jeter un coup d’œil au bout de la rue les Pins, près de la marina du Club de Yacht Laval-sur-le-Lac, pour profiter d’un superbe coup d’œil sur le lac des Deux Montagnes, au confluent des rivières des Prairies et des Mille Îles.

  • Le Club de Yacht Laval-sur-le-Lac se trouve juste derrière le parc des Chênes, au bout de la rue les Pins.

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    Le Club de Yacht Laval-sur-le-Lac se trouve juste derrière le parc des Chênes, au bout de la rue les Pins.

  • On traverse ensuite sur la Rive-Nord par la passerelle du barrage du Grand Moulin.

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    On traverse ensuite sur la Rive-Nord par la passerelle du barrage du Grand Moulin.

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À Laval, on circule en milieu résidentiel en croisant quelques parcs qui permettent un coup d’œil sur l’arrondissement de Saint-Laurent, au-delà de la rivière des Prairies, d’abord en circulant dans l’axe du boulevard Lévesque et ensuite du chemin du Bord-de-l’Eau. Après les néo-manoirs de Sainte-Dorothée, on passe sous le portail qui annonce que l’on arrive à Laval-sur-le-Lac et ses véritables châteaux ! Ça sent bon l’herbe fraîchement coupée le long de la rue des Érables, à partir de laquelle il est possible de se rendre à l’île Bizard à bord du traversier saisonnier. Un peu plus loin, il faut prendre la peine de rester dans la rue Les Érables malgré l’invitation de prendre le raccourci de la rue des Peupliers ; on peut ainsi arrêter au parc des Chênes, derrière lequel se trouve le Club de Yacht Laval-sur-le-Lac. On est au confluent des rivières des Prairies et des Mille Îles, et le coup d’œil sur le lac des Deux Montagnes vaut la peine que l’on s’y attarde pour grignoter un peu.

  • Dans la réserve naturelle du boisé Roger-Lemoine, la piste cyclable s’engouffre littéralement dans un écrin de verdure dense, une bouffée d’air frais par journée chaude.

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    Dans la réserve naturelle du boisé Roger-Lemoine, la piste cyclable s’engouffre littéralement dans un écrin de verdure dense, une bouffée d’air frais par journée chaude.

  • Il y a, dans la réserve de 8,14 hectares, des frênes noirs, des frênes rouges, des hêtres à grandes feuilles, des tilleuls d’Amérique et des ormes rouges.

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    Il y a, dans la réserve de 8,14 hectares, des frênes noirs, des frênes rouges, des hêtres à grandes feuilles, des tilleuls d’Amérique et des ormes rouges.

  • Difficile de ne pas arrêter à la crèmerie Le Bec sucré, à Sainte-Marthe-sur-le-Lac, surtout qu’elle jouxte la piste cyclable…

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    Difficile de ne pas arrêter à la crèmerie Le Bec sucré, à Sainte-Marthe-sur-le-Lac, surtout qu’elle jouxte la piste cyclable…

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On traverse ensuite sur la Rive-Nord par la passerelle du barrage du Grand Moulin, en direction de la gare Deux-Montagnes, qui est ceinturée dans sa partie sud-ouest par la réserve naturelle du boisé Roger-Lemoine. La piste cyclable s’engouffre littéralement dans un écrin de verdure dense, une bouffée d’air frais par journée chaude. Il y a, dans la réserve de 8,14 hectares, des frênes noirs, des frênes rouges, des hêtres à grandes feuilles, des tilleuls d’Amérique et des ormes rouges. Certains érables à sucre ont par ailleurs été évalués à 225 ans, ce qui est plutôt rare dans une forêt périurbaine. Le sentier met ensuite résolument le cap vers Oka en passant d’abord par Sainte-Marthe-sur-le-Lac, où il est impossible de ne pas arrêter à la crèmerie Le Bec sucré, qui est commodément située directement sur la piste cyclable. On peut même en profiter pour jouer une petite partie sur le minigolf impeccablement entretenu !

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On passe tout près du Super Aqua Club de Pointe-Calumet et de ses glissades d’eau.

Le sentier continue en droite ligne vers le sud-ouest à quelques kilomètres de la berge du lac des Deux Montagnes. Aménagé en site propre jusqu’au bout de son trajet, le sentier passe dans un long secteur boisé qui s’étend jusqu’à Pointe-Calumet. On passe d’ailleurs tout près du Super Aqua Club (qui ferme ses portes lundi, fête du Travail). Pour les randonneurs qui choisiraient de passer la nuit au parc national d’Oka en plein cœur de l’été, l’idée d’arrêter ici quelques heures pour se rafraîchir dans les glissades d’eau est certainement séduisante.

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On arrive finalement au parc national d’Oka et à sa plage, qui se trouvent quelques kilomètres plus loin.

On arrive enfin au parc national d’Oka, mais il est bon de savoir qu’il y a encore un peu plus de sept kilomètres qui nous séparent de la plage, si telle est notre destination. Aussi, on doit suivre le chemin des Collines, qui affiche un bon dénivelé. Pressés par le temps, nous avons rebroussé chemin pour revenir à Pointe-Calumet, où il est possible de sauter dans un bus du réseau Exo Laurentides — chacun d’eux est muni d’un support à vélo double. On peut ensuite embarquer dans la navette ferroviaire à la gare de Deux-Montagnes, gratuite pendant les travaux dans le tunnel du mont Royal. Arrivé au terminus de la gare Bois-Franc, on n’est plus qu’à une quinzaine de minutes du métro Côte-Vertu.

À ne pas manquer

• Le parc Maurice Richard, avec ses aménagements urbains et ses affiches qui rappellent la petite histoire du quartier Ahuntsic ;

• Le parc Belmont, site de l’ancien parc d’attractions, autant pour son histoire fascinante que pour la superbe vue de la rivière des Prairies et du pont Lachapelle ;

• La rue Les Érables, à Laval-sur-le-Lac, et son étalage ostentatoire de résidences sublimes. On se croirait à Beverly Hills, les palmiers en moins ! ;

• Le parc national d’Oka, sa plage et son camping : des arguments de poids qui nous font réfléchir à planifier un petit voyage de vélo-camping en famille.

Carte d’identité

• Distance : 45 km en sens unique.

• Durée : trois heures à vitesse modérée avec arrêts sporadiques.

• Dénivelé : généralement plat, avec quelques faux plats.

• Droit d’accès : gratuit, y compris la traversée du parc national d’Oka, sauf si l’on accède à la plage (droit accès quotidien de 8,90 $ payable en ligne avant l’arrivée au parc).

• Stationnement : il est franchement difficile de trouver un stationnement dans les rues du nord du quartier Ahuntsic, alors que les parcs de stationnement payant sont rares. Vaut mieux les identifier à l’avance.

• S’y rendre en transports collectifs : le métro est certainement la meilleure option. On accepte les vélos en tout temps la fin de semaine et les jours fériés alors que pendant la semaine, il faut monter à bord entre 10 h et 15 h ou après 19 h. Attention, il faut installer les vélos à bord de la première voiture du train, et le maximum est fixé à six.