Même si les piscines publiques ont le droit d’être ouvertes, ce n’est pas cas pour les parcs aquatiques qui attendent impatiemment le feu vert de Québec.

Marie-Eve Fournier Marie-Eve Fournier
La Presse

« J’ai 300 employés qui attendent après moi. J’ai une responsabilité sociale envers eux. Ils ne m’attendront pas éternellement ! », lance la présidente du SuperAquaClub de Pointe-Calumet, Nadine St-Amant.

Si les parcs aquatiques ne peuvent ouvrir avant juin 2021, ils auront « besoin d’une aide du gouvernement pour garder la tête hors de l’eau », prévient la femme d’affaires. Car les frais fixes, dans son industrie, sont « très importants ». Il faut entretenir l’équipement, couper le gazon sur de vastes superficies, etc.

Déjà, il est clair que ce n’est pas possible pour le SuperAquaClub d’ouvrir avant le 1er juillet, étant donné que « de 3 à 4 semaines de travail » sont nécessaires pour redémarrer la machine.

De plus, Nadine St-Amant est persuadée que même si elle peut ouvrir tout l’été, elle ne fera pas de profits. « On va juste limiter les dégâts », résume-t-elle. Car l’achalandage devra être limité pour respecter les règles de distanciation physique. Elle estime que le parc aquatique pourrait accueillir environ 30 % de sa capacité maximale normale.

« Un non-sens »

La pandémie tombe bien mal pour le SuperAquaClub qui venait tout juste d’investir 350 000 $ dans un nouveau système de bracelets RFID. Celui-ci permet notamment aux clients de payer leur nourriture sans avoir besoin d’argent comptant. Ce système serait particulièrement utile cet été, fait valoir Mme St-Amant. Surtout, ajoute-t-elle, cette technologie lui permettra de « savoir en temps réel le nombre de clients par zone » et d’ainsi contrôler l’achalandage.

« Que juste les piscines publiques puissent ouvrir est un non-sens », juge la dirigeante qui est prête à livrer des repas aux tables à pique-nique, à faire respecter une distance de 2 mètres dans les files d’attente et à limiter sa capacité d’accueil.

Dans un communiqué publié mercredi matin, le Regroupement des parcs aquatiques du Québec (RPAQ) a réclamé « un calendrier de réouverture précis » pour ses 9 membres. Il dit ne pas comprendre pourquoi les piscines publiques peuvent ouvrir, mais pas celles d’entreprises privées.

« Cette incompréhension est d’autant plus choquante puisque rien n’indique que les risques de contagion de la COVID-19 soient variables en fonction d’une exploitation privée ou publique d’un lieu de baignade. »