Vous voulez faire du camping cet été ? Dépêchez-vous de réserver ! Certains terrains de camping affichent déjà complet, et d’autres n’accepteront que les campeurs ayant leurs propres toilettes et douches, dans leur roulotte ou véhicule récréatif.

Isabelle Ducas Isabelle Ducas
La Presse

Les vacanciers qui voyagent avec leur tente seront refusés dans certains terrains de camping où les installations sanitaires resteront fermées.

Ça sera notamment le cas au Domaine de la Paix, à Saint-Ours, en Montérégie.

« Je n’ouvre pas mes blocs sanitaires, ça demande trop de contrôles et trop de nettoyage pour nous », explique le propriétaire, Louis Daigle, qui est aussi président de l’Association des terrains de camping du Québec.

Les terrains de camping ont reçu un guide détaillant les mesures à mettre en place pour éviter la propagation de la COVID-19. M. Daigle nous fait la lecture de certaines mesures : faire respecter la distance de deux mètres, assurer l’alimentation en eau chaude et en savon, favoriser les robinets et sèche-mains sans contact, afficher les instructions de lavage des mains, nettoyer les installations sanitaires plus fréquemment, etc.

Tout cela est très complexe pour de petites entreprises.

Au camping Belley, à Saint-Henri-de-Taillon, sur les rives du lac Saint-Jean, on a pris la même décision : toute la section réservée aux tentes restera vacante, et les quatre pavillons sanitaires seront inaccessibles.

« Dans mon équipe de nettoyage, trois personnes sont immunosupprimées, et on a beaucoup de difficulté à trouver des employés, parce que plusieurs préfèrent rester sur la PCU [prestation canadienne d’urgence]. Alors on préfère accepter une diminution de notre achalandage », indique le directeur général, Michel Galarneau.

Les campings Paradis marin, aux Escoumins, sur la Côte-Nord, et La descente des femmes, à Sainte-Rose-du-Nord, au Saguenay, ont aussi décidé de ne pas ouvrir leurs installations sanitaires.

Complet

Dès que Québec a annoncé l’ouverture des terrains de camping pour lundi, le 1er juin, les lignes téléphoniques ont été prises d’assaut par les campeurs désirant passer leurs vacances en plein air.

« Ça a été la frénésie, on a reçu 600 à 700 appels en deux jours, et on a une liste d’attente de 500 noms », raconte Michel Galarneau.

Pour juillet et presque tout le mois d’août, le camping Belley affiche déjà complet.

Ailleurs, quelques emplacements sont toujours disponibles, mais les vacanciers doivent faire vite pour en obtenir un.

Dans plusieurs terrains de camping, les clients ne peuvent même pas laisser de message pour demander une réservation : les boîtes vocales sont remplies à capacité.

Pendant qu’ils sont submergés d’appels, les gestionnaires des terrains se demandent aussi quelles activités ils pourront proposer aux campeurs.

Au camping Belley, par exemple, les vacanciers ont accès à la plage, mais la baignade dans le lac Saint-Jean est interdite, comme dans toutes les piscines au Québec.

Les jeux pour enfants sont inaccessibles, les spectacles sont annulés. Par contre, les amateurs pourront s’adonner à la pétanque. « On a aussi acheté un écran géant, pour faire un ciné-parc dans notre stationnement », dit Michel Galarneau. Les campeurs pourront regarder un film en plein air, en installant leurs chaises pliantes, à deux mètres de distance, il va sans dire.