La journée de camping a été particulièrement agréable : un peu de lecture, une petite promenade en canot, des jeux sur la plage. Le soir venu, c’est le temps de se diriger vers l’amphithéâtre pour assister à une petite causerie sur la faune du parc ou sur son histoire culturelle. Voici quelques exemples de causeries qui passionneront les naturalistes et les visiteurs.

Marie Tison Marie Tison
La Presse

Parc national du Mont-Tremblant

Belettes et compagnie

C’est mignon, une belette. Mais ce n’est pas facile à observer. Pas plus que les autres membres de la famille des mustélidés, comme la martre, la loutre ou le pékan, qui parcourent silencieusement le territoire du parc du Mont-Tremblant. Ils sont mignons, mais ils ont la réputation d’être sanguinaires.

PHOTO GETTY IMAGES

Un pékan

« Les gens ne savent pas vraiment ce que c’est qu’une martre, un pékan, une loutre, indique Eric Loiseau, chef d’équipe des naturalistes du parc du Mont-Tremblant. Nous avons des fourrures des six ou sept membres de la famille des mustélidés qui vivent dans le parc, ce qui permet de les comparer, de voir leurs tailles respectives. »

Pour animer davantage la causerie, les naturalistes attribuent une pièce de musique particulière à chaque type de mustélidés.

« Nous nous arrangeons pour que les gens aient du plaisir, qu’ils s’amusent, qu’ils rient. C’est comme ça qu’ils peuvent mieux retenir les informations et que nous pouvons passer nos messages de conservation. »

Le parc du Mont-Tremblant offre des causeries tous les soirs de la saison estivale dans le secteur de la Diable et un peu moins fréquemment dans les secteurs de la Pimbina et de l’Assomption. Les causeries se déroulent soit dans un amphithéâtre multimédia, soit autour du feu.

Les causeries portent sur différents sujets. Outre les belettes, il sera question au cours de l’été de pygargues à tête blanche, de castors, de cerfs et de loups. Une causerie plus culturelle portera sur la présence autochtone.

Parc de la Gatineau

Le castor

Il n’y a rien comme un castor pour modifier sérieusement l’environnement. Les barrages et les étangs créent un nouvel habitat qui bénéficie à plusieurs animaux.

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Un castor

Au parc de la Gatineau, les naturalistes utilisent des objets bien simples pour illustrer ce processus. Ils positionnent des morceaux de bois sur une bâche bleue pour montrer comment fonctionne un barrage, ils demandent aux jeunes de placer des animaux en peluche autour du nouvel étang. Ils montrent aussi comment le castor s’est adapté à son environnement aquatique en équipant un jeune avec des accessoires qui remplissent les mêmes fonctions : des lunettes de natation, un pince-nez, une couverture de laine. Le tout avec de petites chansons.

« Nous montrons l’habitat et expliquons le mode de fonctionnement du castor, indique Rachel Paquette, agente de programme en interprétation de la nature au parc de la Gatineau. Nous montrons comment on devrait apprécier la présence du castor plutôt que d’essayer de lui nuire. »

Le parc de la Gatineau offre cinq causeries par semaine, du mardi au samedi, pendant la période estivale au camping du lac Philippe. Certaines ont lieu autour d’un feu de camp, d’autres prennent un aspect un peu plus magistral à l’amphithéâtre.

Les causeries alternent entre le castor, les animaux nocturnes (les chauves-souris, les chouettes, les ratons laveurs), l’ours et le patrimoine culturel de l’ancien premier ministre William Lyon Mackenzie King.

Parc national de la Mauricie

L’ours noir

L’ours noir a un excellent odorat. Il peut facilement détecter un reste de nourriture laissé sur la table de pique-nique ou une collation laissée dans la tente. Et personne n’a envie de tomber nez à nez avec cette grosse bête en camping.

PHOTO DAVID BOILY, ARCHIVES LA PRESSE

Un ours noir

Les campeurs sont donc nombreux à assister aux causeries du parc de la Mauricie sur l’ours noir afin d’en savoir un peu plus sur lui, sur son comportement, sur son habitat.

« Les gens veulent savoir ce qu’il faut faire quand on voit un ours, comment ne pas le déranger », indique Kathleen Barrett, coordonnatrice à l’interprétation au parc de la Mauricie.

La présentation se veut interactive.

« Nous savons que les gens sont en vacances, nous ne voulons pas que ce soit trop lourd. »

C’est l’occasion de sensibiliser les campeurs à l’importance de ne pas nourrir les animaux.

« Ça crée de mauvaises habitudes. Après, ils associent l’être humain à la nourriture et ça va causer des problèmes. »

Le parc de la Mauricie offre deux ou trois causeries par semaine pendant la saison estivale aux trois amphithéâtres du parc.

Les causeries du parc de la Mauricie sont toutes liées aux ressources naturelles ou culturelles du parc. Outre l’ours noir, le loup et la tortue terrestre devraient être à l’honneur cette année, tout comme l’histoire de la Mauricie. Les naturalistes entraînent également les campeurs dans une randonnée de nuit pour démystifier la vie nocturne dans les forêts.