Geneviève Morin aime le plein air parce que ça lui permet de dépasser ses limites, mais aussi parce qu’elle apprécie la beauté de la nature.

« Je suis émerveillée par elle, par ce qu’elle peut m’apporter, par ce que je peux voir autant au sommet qu’en chemin, déclare-t-elle. Ça me permet de décrocher de ma réalité et de faire des ponts avec les gens. »

Mais voilà, Geneviève Morin est atteinte d’une maladie dégénérative, l’ataxie de Beauce, qui affecte sérieusement son équilibre. Pour cette raison, elle avait un peu fait une croix sur la randonnée et les autres sports de plein air.

PHOTO FOURNIE PAR BIVOUAQ

Pour Geneviève Morin, « il y a une Geneviève avant le Maroc et une Geneviève après le Maroc ».

Je me sentais un peu comme un fardeau de devoir demander à mon entourage de m’accompagner. Même s’ils devaient accepter, je me demandais s’ils avaient vraiment envie de le faire.

Geneviève Morin

Elle a finalement entendu parler de BivouaQ, un organisme qui offre des sorties et des voyages de plein air inclusifs, ouverts à tout le monde, tant aux personnes handicapées qu’aux autres.

« J’ai commencé par une première journée, déclare Mme Morin. Après, je suis allée en séjour à Charlevoix. Puis j’ai fait un voyage au Maroc l’automne passé. Je suis littéralement tombée en amour avec BivouaQ. »

C’est en 2021 que BivouaQ a vu le jour, à la suite d’une rencontre entre des responsables du Réseau autonomie santé, un groupe de Victoriaville qui constituait des équipes inclusives pour participer à des défis sportifs, et Mathieu Néron Turpin, un guide d’aventures qui avait travaillé avec des organisations européennes qui organisaient des voyages inclusifs.

« On s’est rendu compte qu’on avait un peu le même projet, qui était de créer quelque chose comme ça au Québec, de créer une communauté de plein air inclusive et, petit à petit, faire des expéditions tant au Québec qu’à l’étranger, raconte Dominic Viénot, cofondateur et directeur administratif de BivouaQ. On a donc pris la décision de créer une coopérative de solidarité. »

BivouaQ offre des sorties à la journée, de courtes et de longues excursions et des séjours à l’étranger.

PHOTO TIRÉE DE LA PAGE FACEBOOK DE BIVOUAQ

Dominic Viénot, cofondateur et directeur administratif de BivouaQ

Une sortie en nature, ça aide au bien-être personnel, au bien-être psychologique, mais ça permet aussi de reprendre confiance dans ce qu’on est capable de faire. Et il y a aussi la richesse de l’échange.

Dominic Viénot, cofondateur et directeur administratif de BivouaQ

Un échange, ça prend des personnes avec un handicap, mais ça prend aussi des personnes sans handicap qui peuvent donner un coup de main.

Ces dernières peuvent assister les personnes qui ont un problème d’équilibre ou une mauvaise vision. Elles peuvent également tirer ou pousser les équipements spécialisés qui permettent d’accéder à tous les types de sentiers, comme la joëlette, un fauteuil tout terrain à une roue.

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La joëlette permet de parcourir de beaux sentiers du Québec et d’ailleurs.

En fait, un groupe est souvent constitué de deux personnes qui doivent utiliser une joëlette, de deux personnes qui ont besoin d’un peu d’aide pour marcher et de huit personnes sans handicap. Il faut donc réussir à attirer ces dernières.

« C’est le défi de BivouaQ, indique M. Viénot. On a déjà une bonne communauté de personnes qui vivent avec un handicap, qui ont réalisé qu’elles pouvaient aller dans des sentiers qui normalement ne leur étaient pas accessibles. Dès qu’on offre des activités, il y a une liste d’attente quasiment immédiatement. »

Il souligne que les amateurs de plein air sans handicap qui participent à une sortie en retirent de grands bénéfices.

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BivouaQ a adapté des kayaks pour en améliorer la stabilité.

« C’est sûr que quand on ne connaît pas le handicap, on a toujours une petite crainte, observe-t-il. On se demande si on va dire les choses qu’il faut, si on va savoir quoi faire. Et puis, ça ne prend pas quelques kilomètres, même pas quelques mètres pour que les barrières tombent. »

Ce qui nous rejoint, ce qui nous caractérise, ce n’est pas notre handicap ou nos capacités, c’est notre amour du plein air.

Dominic Viénot, cofondateur et directeur administratif de BivouaQ

BivouaQ a décidé d’étendre ses activités au-delà des grands centres que sont Montréal et Québec et d’établir des antennes dans 11 régions du Québec. Il s’agit de recruter des ambassadeurs bénévoles qui animeront des communautés locales de plein air.

« On crée des groupes Facebook par région pour que ces communautés puissent échanger entre elles, indique M. Viénot. Le but, c’est de créer cet ADN du plein air inclusif dans les régions du Québec. »

Geneviève Morin, elle, s’est déjà inscrite à une autre activité, un séjour de kayak-camping au parc régional Kiamika, dans les Laurentides.

« J’en ai déjà fait quand j’avais plus de capacité en fait de stabilité, pour entrer dans le kayak sans chavirer, déclare-t-elle. Ça sera donc une première pour moi, plus adaptée à mes capacités actuelles. J’ai hâte de vivre cette expérience-là. »

Consultez le site de BivouaQ

Suggestion vidéo

Jouer dans les vagues

Le kayakiste catalan Ian Salvat s’en donne à cœur joie sur un majestueux fleuve de Patagonie.

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Le chiffre de la semaine

3

C’est le nombre de feuilles de l’herbe à la puce. Il faut s’en souvenir, surtout quand il faut quitter le sentier pour répondre à l’appel de la nature.