La tempête de la fin de semaine dernière a été catastrophique pour de nombreux sentiers de randonnée des Laurentides, de Lanaudière et de la Mauricie. Il faudra des semaines de travail pour rouvrir certains sentiers et les petits organismes qui gèrent ces territoires auront besoin de bras et de financement pour réparer les dégâts.

Publié le 26 mai
Marie Tison
Marie Tison La Presse

« Chaque année, on a des tempêtes avec des arbres tombés, mais cette fois-ci, sur le corridor au nord du fleuve, les Laurentides, Lanaudière, la Mauricie, ça a vraiment morflé, lance Grégory Flayol, directeur général adjoint chez Rando Québec. C’est catastrophique. Il y a des sentiers qui ont complètement disparu, il y a des centaines d’arbres de tombés sur un kilomètre. »

Dans le parc régional de la Forêt Ouareau, par exemple, le secteur de Grande-Vallée a été « gravement touché », indique Simon Degrandpré, coordonnateur au développement à la Société de développement des parcs régionaux de la Matawinie. Le secteur du sentier national à l’est de la route 131 a également été très endommagé. « Des randonneurs ont dû rebrousser chemin parce qu’ils arrivaient à peine à suivre le sentier », précise-t-il.

Beaucoup de secteurs sont encore peu accessibles, il faudra donc attendre encore un peu avant d’avoir une idée claire de l’ensemble de la situation.

Souvent, ce sont des forêts déjà fragilisées par des coupes forestières qui ont écopé davantage, affirme Grégory Flayol. Dans ce qu’il reste de ces forêts, les sentiers sont protégés par des bandes boisées de 30 m.

« Ce n’est pas compliqué, le vent s’engouffre sur ces champs et frappe le premier mur sur son chemin, soit la bande d’arbres sur le bord du sentier », explique-t-il.

Les arbres tombent directement sur le sentier. Nous sommes perdants deux fois dans cette histoire-là : parce que le milieu qu’on aime et dans lequel on évolue est clairement dénaturé par les coupes forestières, et parce qu’il y a des dommages collatéraux lorsqu’il y a des évènements météorologiques spéciaux comme celui qu’on vient de voir.

Grégory Flayol, directeur général adjoint chez Rando Québec

Cela fait déjà un bon moment que Rando Québec recommande une bande de protection de 100 m de chaque côté des sentiers.

« On est un peu désabusés de devoir se débattre avec ça alors que la randonnée pédestre n’a jamais été aussi populaire, poursuit M. Flayol. Il y a un peu de colère et de frustration, mais on va se retrousser les manches, on a la chance d’avoir une communauté résiliente qui est impliquée. On va faire le travail pour que les gens puissent profiter de la saison de la randonnée le plus tôt possible. »

Ça tombe bien, c’est le mois du bénévolat dans le plein air, il y a déjà des activités organisées dans plusieurs régions.

Les bénévoles ne peuvent cependant pas tout faire.

Il y a des travaux plus importants, parfois un peu dangereux. Couper des arbres, les dégager, ça demande des gens qui ont un certain niveau d’expérience avec les scies mécaniques. On en a pour des semaines à dégager tout ça.

Simon Degrandpré, coordonnateur au développement à la Société de développement des parcs régionaux de la Matawinie

M. Degrandpré note que les parcs régionaux de la Matawinie étaient déjà en retard de deux semaines dans la préparation des sentiers parce que cette année, la neige a persisté longtemps dans les forêts.

Rando Québec entend demander un programme d’urgence pour aider les gestionnaires de territoire à effectuer le travail. « On va demander une enveloppe au ministère de l’Éducation, et éventuellement à d’autres ministères, mais ces autres ministères ne nous ont pas nécessairement écoutés jusqu’à maintenant, déclare Grégory Flayol. Ça m’étonnerait que ça change, mais il le faudrait. »

Avant de prévoir une sortie en forêt dans les prochaines semaines, les randonneurs devraient consulter les sites internet et les pages Facebook des gestionnaires de territoire (comme les parcs régionaux et les MRC) pour vérifier l’état des sentiers.

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