Il y aura de la perdrix à Noël chez les Gauthier. Jean-François Gauthier revient d’une fructueuse partie de chasse au petit gibier avec son père Clément et son fils Francis. Trois générations de chasseurs.

Marie Tison
Marie Tison La Presse

« J’allais à la chasse avec mon fils, mais je n’étais jamais allé avec mon petit-fils, raconte Clément Gauthier, 76 ans. Juste le fait d’être ensemble, c’est déjà beaucoup. Ça n’arrive pas souvent qu’on puisse sortir les trois hommes ensemble. C’est presque uniquement pour la chasse. »

Si Clément Gauthier chasse depuis des décennies, ce n’est pas le cas de son fils. Jean-François Gauthier ne s’y est mis qu’à la mi-trentaine, il y a 15 ans.

« J’étais allé faire une expédition dans le Grand Nord, raconte-t-il. Avec les longs kilomètres à ski, tu as le temps de réfléchir. Je me suis dit qu’il fallait que je remplace tous les “faudrait » par des dates sur le calendrier. J’ai pris la décision de suivre tout le cours pour que je puisse accompagner mon père et qu’il puisse me transmettre ça. »

Les deux ont pu ainsi partager de belles parties de chasse à l’orignal et au chevreuil.

PHOTO FOURNIE PAR JEAN-FRANÇOIS GAUTHIER

Le père et le fils, Jean-François et Francis Gauthier

Il y a trois ans, Francis Gauthier a aussi suivi un cours et a fait quelques parties de chasse au petit gibier avec son père.

« C’est Francis qui disait que ce serait le fun que papi soit là, explique Jean-François Gauthier. Cette année, c’est la première fois qu’on est là tous les trois. »

C’était très contemplatif de voir mon père autour du feu avec mon garçon à côté. C’était juste d’être là. Il y avait très peu de mots. Par contre, il y avait beaucoup de mots quand on marchait dans le bois.

Jean-François Gauthier

C’est un des avantages de la chasse au petit gibier, une chasse dynamique où on se déplace, où on peut jaser.

Pour Clément Gauthier, c’était le moment de montrer des choses à son petit-fils, maintenant âgé de 17 ans.

« Il en sait déjà pas mal, mais c’est sûr qu’il y a encore beaucoup de choses qu’on peut montrer, raconte Clément. On était là pour la perdrix, mais on a vu des traces d’orignal : je lui ai expliqué qu’un orignal, ça marchait de telle façon, qu’il y avait des traces fraîches, des moins fraîches. Je lui ai montré des branches cassées, là où un orignal s’est enlevé le velours de son panache. »

Autour du feu, Clément Gauthier était moins loquace, il était simplement heureux d’être là. « Mon grand-père, c’est un homme d’un autre temps, lance Francis Gauthier. Il n’exprime pas tellement ses émotions. Mais des fois, dans le bois, les hommes, ça s’ouvre plus. »

PHOTO FOURNIE PAR JEAN-FRANÇOIS GAUTHIER

Francis Gauthier et Clément, un très fier grand-père

Pour les jeunes, il est peut-être plus facile de jaser. « Francis, il n’a pas de misère à parler, il a pas mal moins de misère que son grand-père, s’amuse Clément Gauthier. Les jeunes sont plus délurés que nous autres. Il parlait de ses projets d’avenir, il est rendu au cégep. Il a l’air d’être bien parti. Je suis très fier de lui. »

Pendant le long voyage vers le Lac-Saint-Jean, où avait lieu la partie de chasse, et pendant la longue fin de semaine, il a également observé la relation entre Francis et son père Jean-François. « Ils sont capables de se jaser, ils aiment s’agacer, raconte Clément Gauthier. Je pense que c’est bon signe quand tu peux agacer ton fils. »

Jean-François Gauthier a aussi observé les relations entre Francis et son grand-père. « C’est drôle, je pense que pour tout le monde, le plaisir, c’était de regarder les deux autres », s’exclame Jean-François.

Deux familles, trois générations

Cette aventure familiale, il l’a partagée avec son grand chum Frédérick Doucet, lui-même accompagné de son père Denis et de son fils Igor. Deux familles, trois générations.

Pour Francis, le plaisir de la chasse, c’est justement cette ambiance, se retrouver autour du feu. Mais il y a aussi la chasse elle-même. « On a eu un moment intéressant en particulier, on a tous travaillé en équipe pour pousser la perdrix au bon endroit pour l’avoir », raconte-t-il.

PHOTO FOURNIE PAR JEAN-FRANÇOIS GAUTHIER

La chasse, c’est l’occasion de renouer avec les vieilles amitiés. Jean-François Gauthier, son père Clément et son grand chum Frédérick Doucet.

Jean-François Gauthier note que la chasse au petit gibier est justement une belle chasse d’initiation parce qu’elle est excitante, parce que ça bouge beaucoup. La chasse à l’orignal peut paraître moins attrayante pour un jeune. « Se lever à 4 h du matin pour aller s’asseoir dans le noir de 5 h à 8 h ou 9 h sans bouger… je ne suis pas sûr ! », lance-t-il.

Qu’à cela ne tienne, Francis Gauthier aimerait un jour suivre les traces de son père et chasser le chevreuil et l’orignal.

Il vient de commencer à aller au dindon. Ce serait le fun d’aller explorer ça. Chaque bête, c’est une technique de chasse différente. C’est toujours intéressant d’en apprendre plus, d’en apprendre sur l’animal, sa manière de vivre, son habitat.

Francis Gauthier

Francis Gauthier reconnaît que ce ne sont pas tous ses amis qui sont à l’aise avec l’idée de la chasse. « Il y a beaucoup de gens qui réagissent fortement. Je leur explique qu’on fait ça avec respect, on essaie de ne pas gaspiller la viande, on ne laisse pas les animaux souffrir. »

Jean-François Gauthier ajoute que les chasseurs respectent les quotas établis par des biologistes, ce qui permet notamment de prévenir la surpopulation. Une semaine après la partie de chasse au petit gibier, Jean-François Gauthier s’est joint à son père et aux amis de celui-ci pour une partie de chasse à l’orignal. « Cette fois-ci, c’était moi, le petit jeune de la gang ! »

Mais c’est le plus expérimenté des Gauthier, Clément, qui a réussi à abattre une bête. Il risque donc d’y avoir aussi de l’orignal au menu dans la famille Gauthier à Noël.

Suggestion vidéo

Normalement, à vélo de montagne, on essaie de contourner les arbres. Pas ici, à Burke Mountain, en Colombie-Britannique.

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Le chiffre de la semaine

44 741 km2

C’est la superficie du plus grand parc national du Canada, le parc Wood Buffalo, à la frontière de l’Alberta et des Territoires du Nord-Ouest.