Éric Deschamps s’y connaît en observation de la faune. Depuis quelques années, il traque respectueusement orignaux, caribous, phoques, oiseaux de proie et autres bêtes à poils ou à plumes pour réaliser des photos étonnantes.

Marie Tison
Marie Tison La Presse

Sur sa page Facebook, de plus en plus populaire, il publie ses clichés, mais surtout, il raconte avec passion et tendresse ses séances d’observation.

La Société des établissements de plein air du Québec (SEPAQ) apprécie tellement son travail qu’elle a fait de M. Deschamps son ambassadeur nature.

PHOTO FOURNIE PAR ÉRIC DESCHAMPS

Éric Deschamps est passionné par les animaux. Il s’est beaucoup informé sur leur comportement pour être en mesure de les observer.

Éric Deschamps se préoccupe particulièrement du bien-être des animaux sauvages. Au cours des années, il a accumulé une série de trucs pour faire de belles observations dans le respect de la faune. « Les gens peuvent penser que l’observation, c’est ce qui vient en premier, affirme-t-il. En fait, il faut s’éduquer davantage avant de se promener en nature. »

Lire afin d’approfondir ses connaissances sur le comportement des animaux permet de mieux orienter ses observations : trouver le meilleur endroit pour se mettre à l’affût, le meilleur moment. On comprend mieux ce qu’on voit et cela permet d’éviter les gestes qui pourraient nuire à la faune et à la flore.

Cette question est particulièrement importante avec ce qu’Éric Deschamps appelle la « vague verte », cet essor du plein air et de la nature qu’on constate depuis deux ans.

Ce n’est pas parce que c’est accessible qu’on peut faire n’importe quoi, de n’importe quelle façon.

Éric Deschamps, photographe

Cela fait seulement cinq ans qu’Éric Deschamps s’intéresse à la nature, soit depuis qu’il a abandonné ses études en actuariat pour s’établir en Gaspésie.

« Au cours de mes 25 premières années de vie, je n’ai pas souvenir d’avoir regardé le ciel, je n’ai pas vu d’animaux sauvages. Depuis cinq ans, je suis comme une éponge en ce qui concerne la nature : j’ai lu tous les livres sur les cervidés, l’Atlas des oiseaux nicheurs du Québec. Il y a tellement de stock sur les écosystèmes, la faune, la flore… »

Quelques principes et conseils

Il insiste sur les principes Sans traces, qui devraient guider tous ceux qui veulent observer la nature : bien se préparer, gérer ses déchets, laisser intact ce que l’on trouve, respecter la vie sauvage, respecter les autres usagers.

Il déplore certaines pratiques qu’il juge épouvantables, comme appâter des animaux dans l’espoir de prendre un bon cliché. « Il faut rester un témoin de la nature, pas être un acteur. »

PHOTO FOURNIE PAR ÉRIC DESCHAMPS

Éric Deschamps s’intéresse particulièrement aux rapaces diurnes et nocturnes, comme ce harfang des neiges. Il insiste toutefois sur l’importance d’une observation éthique des animaux.

Selon lui, on devrait entrer dans la nature comme on entre dans un grand lieu de culte : avec respect. Rechercher une expérience, une émotion, plutôt que partir à la recherche de la photo qui va impressionner les autres usagers des réseaux sociaux. « La cure que je propose aux gens, c’est de se promener en nature sans appareil photo. »

Pas question, d’ailleurs, de localiser ses trouvailles sur ces mêmes réseaux sociaux. Il raconte l’histoire de ce très rare pygargue empereur qui, en juillet dernier, a fait accourir des gens du reste de la province et du Canada dans un petit coin de Gaspésie.

Pour Éric Deschamps, l’un des grands secrets d’une belle observation émouvante, c’est le silence. « Les gens ne sont plus habitués au silence, remarque-t-il. Ils sont stimulés à gauche et à droite par les voitures, les gens qui parlent, la télévision, la radio. Ils vivent un malaise face au silence. La nature, ce n’est pas un endroit pour les grandes discussions, c’est un endroit pour connecter. »

PHOTO FOURNIE PAR ÉRIC DESCHAMPS

Le caribou est une espèce à protéger. Il est d’autant plus important d’avoir un comportement éthique lors de l’observation.

Les voix humaines éloignent les animaux. C’est ainsi que les caribous du mont Jacques-Cartier, en Gaspésie, évitent soigneusement le secteur du sommet pendant les « heures de visite ». Une fois les visiteurs partis, ils réapparaissent.

L’autre grand secret, c’est la patience, la persévérance : « Il faut prendre le temps de prendre le temps. »

Les gens s’émerveillent devant ses photos sans savoir tout ce qu’il y a derrière. « Il y a peut-être trois ans de prospection, des centaines de moments non réussis pour cette photo. » Et puis, il y a la chance, qui « fait partie de la recette ».

Éric Deschamps a une dernière recommandation : de simples jumelles, qui permettent d’observer la faune sans avoir besoin de s’approcher. « Les jumelles, ça devrait être un incontournable en nature, au même titre que des bâtons de randonnée. C’est un des plus beaux cadeaux qu’on peut s’offrir ou offrir à quelqu’un. Ça va changer et faire évoluer notre manière de voir la nature. »

Lisez un blogue d’Éric Deschamps sur le sujet

Vidéo de la semaine

L’avenir de l’escalade

Bayes Wilder a 10 ans. Il grimpe des voies pas possibles, comme celle-ci, cotée 5.14a. C’est très, très difficile. Les grimpeurs plus âgés peuvent aller se rhabiller.

Regardez la vidéo complète

Chiffre de la semaine 

40 763 km2

Superficie totale des 13 réserves fauniques du Québec