La journée est froide, pluvieuse, venteuse. Ce n’est vraiment pas le temps idéal pour un amateur de plein air. Et pourtant, quelqu’un, quelque part, se réjouit.

Marie Tison
Marie Tison La Presse

On a l’impression que tout le monde déteste la pluie. Or, il y a des pagayeurs qui affectionnent une bonne ondée lorsqu’elle permet de remplumer une rivière anémique.

« Au printemps, le niveau d’eau de la majorité des rivières était super bas, note Philipe Beauchamp, coordonnateur des opérations techniques chez Canot Kayak Québec. Presque aucune rivière à rapides n’était praticable par manque d’eau. Le niveau est justement remonté avec les dernières grosses pluies et plusieurs pagayeurs ont pu descendre des rivières qu’ils n’étaient pas capables de faire par manque d’eau. »

Il ajoute que le canot et le kayak se pratiquent très bien quand il pleut. « On est déjà habillés pour aller dans l’eau, c’est le plus beau sport du monde à faire sous la pluie. »

PHOTO HUGO-SÉBASTIEN AUBERT, ARCHIVES LA PRESSE

Les randonneurs apprécient les belles sources d'eau. Une source à sec peut être problématique en longue randonnée.

Les randonneurs au long cours peuvent aussi aimer la pluie... si elle tombe avant l’expédition ou pendant la nuit. C’est qu’ils dépendent de sources d’eau en chemin et il peut être très embêtant de tomber sur des ruisseaux asséchés au moment où il faudrait remplir sa gourde.

Émilie Saulnier-Burelle, directrice des communications chez Rando Québec, voit même certains avantages à la pluie pendant une randonnée. « Comme le vent, la pluie est une belle arme contre les moustiques », rappelle-t-elle.

Les sentiers plus populaires risquent également d’être moins achalandés.

PHOTO ALAIN ROBERGE, ARCHIVES LA PRESSE

La pluie intensifie souvent les bonnes odeurs dans les bois.

Elle souligne aussi que la pluie intensifie les odeurs, comme celles du feuillage ou de l’humus des sous-bois. La pluie rehausse aussi les couleurs : tout est plus verdoyant.

On a un sentiment de réussite et d’aventure beaucoup plus grand lorsqu’on randonne sous la pluie, ou dans des conditions plus difficiles. Et le repas chaud en revenant à la maison est encore plus satisfaisant !

Émilie Saulnier-Burelle, directrice des communications chez Rando Québec

Vive le vent !

Lorsqu’on parle de grands vents, il y a une catégorie d’amateurs de plein air qui est particulièrement enchantée : les adeptes de cerfs-volants de traction, qu’on parle de kitesurf ou de kitesnow.

« Plus il vente, mieux c’est, s’enthousiasme François Tremblay, responsable de la sécurité et de la formation à la Fédération québécoise de kite. Normalement, pour les gens, la meilleure météo pour aller à la plage, c’est quand il fait soleil, qu’il fait 30 °C, qu’il fait chaud, qu’il fait beau. Nous, on va à la plage quand c’est nuageux, quand il ne fait pas beau, qu’il fait froid et qu’il vente. »

Il nuance et reconnaît que c’est quand même plus plaisant avec du soleil. « Si on a un bon vent, 30 °C avec du soleil, on va se mettre de la crème solaire en masse et on va être bien contents, assure-t-il. Mais soleil ou pas, on va y aller quand même. »

PHOTO EDOUARD PLANTE-FRÉCHETTE, ARCHIVES LA PRESSE

Les adeptes de cerf-volant de traction, comme Thomas Harvey, apprécient les vents qui décoiffent.

Selon le type d’équipement, le cerf-volant de traction peut se pratiquer avec des vents relativement faibles ou encore avec des vents plutôt violents. « Le kite foil peut se pratiquer avec des vents de seulement 10 km/h. C’est une espèce de planche avec un grand mât en dessous qui permet de survoler un peu la surface de l’eau. »

Le cerf-volant plus traditionnel nécessitera des vents d’au moins 20 à 25 km/h. Il est possible d’aller affronter des vents de 70 à 80 km/h.

« Mais ça dépend du poids de la personne, de son habileté, de la grandeur de sa voile, précise M. Tremblay. Ce n’est pas pour n’importe qui, mais avec la voile appropriée, les compétences appropriées, ce sont des vents appréciés par beaucoup de personnes. »

Les amateurs de kitesnow, comme les autres adeptes de sports d’hiver, aiment le froid et la neige. Mais il y a froid et froid.

« C’est comparable au ski alpin. Oui, il y a des gens qui vont aller faire du ski alpin quand il fait - 20 °C, - 30 °C, mais c’est sûr que le ski de printemps, tout le monde aime ça. Quand il fait - 10 °C, - 5 °C, la neige commence à ramollir, c’est là que c’est le plus plaisant. »

Il se trouve même des sportifs qui ne craignent pas les inévitables redoux qui désespèrent les skieurs : les grimpeurs de glace. Si ces épisodes ne sont pas trop longs et pas trop intenses, ils peuvent permettre à l’eau de couler de nouveau et d’épaissir la cascade de glace lorsque le froid revient. L’hiver 2018-2019, marqué par divers redoux, avait ainsi été très propice à l’escalade de glace.

Pour apprécier la température qui se présente, il suffit donc de pratiquer diverses activités de plein air et de choisir celle qui se prête le mieux à la météo.

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Chiffre de la semaine

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