On recommande souvent aux gens qui débutent en plein air de louer de l’équipement avant d’acheter. Ils peuvent non seulement voir s’ils aiment vraiment l’activité avant d’investir des sommes importantes, mais aussi expérimenter ce qui existe sur le marché.

Marie Tison
Marie Tison La Presse

Le problème, c’est qu’il peut être difficile de trouver un endroit où on peut louer de l’équipement. Pandémie oblige, MEC a suspendu ce service. La Cordée s’était retirée de ce secteur il y a des années, mais elle gardait un comptoir de location de produits très spécialisés (notamment du ski de montagne) à sa boutique située boulevard Saint-Laurent. La pandémie a également eu raison de ce service. « Pour l’été, il n’y aura assurément pas de services de location, indique Stéphanie Dawson, coordonnatrice du marketing à La Cordée. La suite est pour le moment incertaine. »

Il y a bien le club de plein air de l’Université McGill qui loue de l’équipement, mais il y a plusieurs contraintes : il faut être membre, et si le club organise une grande activité pendant la fin de semaine, il ne reste pas nécessairement grand-chose sur les tablettes.

Le centre sportif du cégep Édouard-Montpetit recèle une importante boutique de location d’équipement de plein air. Le public y a accès, et les élèves du collège peuvent bénéficier de rabais substantiels. Il faut quand même être en mesure de se déplacer sur la Rive-Sud.

« Le marché de la location, ce n’est pas la joie, déplore David Tall. Les centres de location ne suivent pas l’évolution technologique, la marchandise est souvent du matériel bon marché. La Cordée a arrêté la location, MEC ne s’est pas forcée à garder ce service. C’est dommage, mais en même temps, c’est bon pour moi. »

PHOTO KARENE-ISABELLE JEAN-BAPTISTE, COLLABORATION SPÉCIALE

David Tall voit grand avec sa boutique de location d’équipement de plein air.

C’est ce que vient d’ouvrir Locapaq, une boutique de location en plein cœur de Montréal, à l’intersection du boulevard Rosemont et de la rue de Normanville. C’est un étrange développement dans la vie de quelqu’un qui rêvait d’être policier et qui avait été accepté dans la Gendarmerie royale du Canada. « J’ai eu un changement de conscience et de valeurs », raconte-t-il, bien assis dans une chaise de camping, dans un coin de sa boutique, à côté d’un présentoir de doudounes. « Je voulais faire quelque chose avec des sourires plutôt qu’avec des réprimandes. »

Il a d’abord suivi son goût pour les voyages en devenant chef d’opérations au sol chez Air Canada.

À travers mes voyages, j’ai vu qu’il y avait un manque en fait d’équipement de plein air au Québec. On dirait qu’au Québec, le plein air est vu comme quelque chose dans les hautes sphères, quelque chose qui n’est pas accessible à tout le monde.

David Tall, propriétaire de Locapaq

Prêter son propre équipement

Comme David avait lui-même un bon stock, ses amis ont commencé à lui emprunter du matériel. Il a alors décidé de se lancer progressivement dans ce marché. Il a d’abord contacté l’agence Karavaniers pour offrir de l’équipement de location aux clients qui s’engageaient dans des treks à l’étranger. Ils se sont entendus pour proposer cette location à deux groupes-tests qui partaient pour le Kilimandjaro. Il a ensuite conclu des ententes de distribution avec de grands acteurs comme Black Diamond, Rab et Osprey pour offrir de l’équipement à la fine pointe de la technologie.

PHOTO KARENE-ISABELLE JEAN-BAPTISTE, COLLABORATION SPÉCIALE

Locapaq se concentre sur le camping, mais elle offre certains éléments nautiques, comme des barils étanches et des packrafts.

« Et puis, la COVID est arrivée, laisse tomber David Tall. Les voyages internationaux ont été annulés. J’ai alors fait le pari d’acheter du matériel plus régulier pour le camping au Québec. » Le pari a payé : les agences qui offraient des voyages au Québec avaient soudainement besoin de plus de tentes parce qu’avec la pandémie, il fallait maintenant prévoir une tente par client.

« Il y a tellement eu une vague de plein air que j’ai décidé d’avoir pignon sur rue pour les gens qui n’ont jamais fait de camping de leur vie. Je veux montrer que le plein air est accessible, que tu n’as pas besoin d’être un expert. »

David Tall voit grand. Si Locapaq se concentre sur le camping, la boutique a commencé à offrir de l’équipement lié aux activités nautiques (des barils étanches, notamment). Il ne ferme pas non plus la porte à la location d’équipement d’escalade d’ici quelques années. Il entend desservir le Québec grâce à son site internet et au service d’envoi de colis par autobus Expedibus.

Consultez le site de Locapaq Consultez le site du centre sportif du cégep Édouard-Montpetit Consultez le site du club de plein air de l’Université McGill (en anglais)

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