C’est un peu la grand-messe des amateurs de films de montagne et d’aventure. Chaque début d’année, des centaines de Québécois s’entassent dans des salles situées dans une vingtaine de villes de la province pour assister à la tournée du Festival du film de montagne de Banff.

Marie Tison Marie Tison
La Presse

C’est l’occasion de regarder des films inspirants, mais aussi de croiser d’autres mordus de plein air et de profiter de l’entracte pour jaser de projets d’aventures. Malheureusement, comme bien d’autres évènements, la tournée québécoise du festival sera virtuelle cette année.

« J’ai étiré l’élastique jusqu’à la mi-octobre, avec des hold sur toutes les dates que nous avions au Québec dans les salles », raconte Stéphane Corbeil, directeur de la tournée québécoise. « Finalement, on a bien vu que c’était peine perdue. On a viré de bord et on a dû annuler ça. »

Quelques films présentés au festival

  • Le film Slack Sisters est présenté dans le programme Rouge.

    PHOTO DAVID WAUGH, FOURNIE PAR LE FESTIVAL DU FILM DE MONTAGNE DE BANFF

    Le film Slack Sisters est présenté dans le programme Rouge.

  • Le film Gone Tomorrow — Kentucky Ice Climbing, présenté dans le programme Radical Reels, montre à quel point l’escalade de glace est éphémère au Kentucky.

    PHOTO MIKE WILKINSON, FOURNIE PAR LE FESTIVAL DU FILM DE MONTAGNE DE BANFF

    Le film Gone Tomorrow — Kentucky Ice Climbing, présenté dans le programme Radical Reels, montre à quel point l’escalade de glace est éphémère au Kentucky.

  • Le film canadien Charge 2 est présenté dans le programme Bleu.

    PHOTO FOURNIE PAR LE FESTIVAL DU FILM DE MONTAGNE DE BANFF

    Le film canadien Charge 2 est présenté dans le programme Bleu.

  • Présenté dans le programme Rouge, le film Return to El Guayas dépeint les aventures de deux kayakistes en Colombie.

    PHOTO FOURNIE PAR LE FESTIVAL DU FILM DE MONTAGNE DE BANFF

    Présenté dans le programme Rouge, le film Return to El Guayas dépeint les aventures de deux kayakistes en Colombie.

  • The Legend of Tommy G, présenté dans le programme Rouge, suit les exploits du cycliste belge Thomas Genon.

    PHOTO STERLING LORENCE, FOURNIE PAR LE FESTIVAL DU FILM DE MONTAGNE DE BANFF

    The Legend of Tommy G, présenté dans le programme Rouge, suit les exploits du cycliste belge Thomas Genon.

  • La rencontre entre un jeune grimpeur et une légende à El Capitan, dans le film Free as Can Be, dans le programme Radical Reels.

    PHOTO SAMUEL CROSLEY, FOURNIE PAR LE FESTIVAL DU FILM DE MONTAGNE DE BANFF

    La rencontre entre un jeune grimpeur et une légende à El Capitan, dans le film Free as Can Be, dans le programme Radical Reels.

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Il réussit tout de même à trouver un avantage à la tenue d’un festival virtuel. « Il y a trois fois plus de films programmés, fait-il valoir. Habituellement, je faisais une seule sélection de films qu’on présentait à l’échelle du Québec. Cette année, je suis allé de l’avant avec trois programmations distinctes : Bleu, Rouge et Radical Reels» Les gens peuvent choisir une seule programmation ou opter pour un combo Bleu et Rouge. « Ce que je remarque, c’est que la vaste majorité des gens ont acheté ces deux programmes, le Rouge et le Bleu, ce qui donne une quinzaine de films et pas loin de quatre heures de projection. » Beaucoup « se sont payé une traite » et ont ajouté Radical Reels, qui offre des aventures plus extrêmes.

Les films seront offerts à partir du 20 janvier prochain.

À partir du moment où ils pèsent sur play pour la première fois, les gens ont 10 jours pour regarder tous les films. Ils ne sont pas obligés de regarder tout ça en 24 ou 48 heures. De toute évidence, on s’aligne pour avoir du temps pour les regarder.

Stéphane Corbeil, directeur de la tournée québécoise du Festival du film de montagne de Banff

La programmation virtuelle aura un autre avantage : elle sera accessible aux francophones de l’ensemble du Canada.

Un film québécois dans la Sélection officielle

Il y a une autre belle surprise cette année : un film québécois, Far Far Est – La double glisse du soleil levant, s’est taillé une place dans la Sélection officielle du festival. Il sera présenté dans le programme Bleu de la tournée québécoise.

Il s’agit d’un court métrage de Zacharie Turgeon mettant en vedette ses copains de Gatineau, Charles-Antoine Beaudry et Olivier Lapointe. « On se connaît depuis longtemps, raconte Zacharie Turgeon, diplômé en communications à l’Université Laval. Depuis le secondaire, depuis que j’ai une caméra, chaque année, on fait des films, on filme nos niaiseries. »

Il avait depuis longtemps le rêve de soumettre un film au Festival du film de montagne de Banff. « Cette année, on a décidé de mettre le paquet. Comme on était tous les trois étudiants, on avait un seul moment pour faire le projet : la semaine de relâche. »

Traditionnellement, aux États-Unis, la semaine de relâche (spring break) se traduit par de gros partys sur les plages du Sud. « On s’est inspirés de ça pour aller à l’autre extrême, pour aller se geler le plus possible », raconte Zacharie Turgeon.

Au cours de la première semaine de mars, les complices ont donc pris la route vers le nord-est des États-Unis pour faire du ski dans les Montagnes vertes et les Montagnes blanches, et faire du surf dans les eaux glaciales au large du Rhode Island et du New Hampshire. C’était juste avant le confinement. « Si on avait attendu une semaine de plus, ça n’aurait pas été faisable. »

Le trio a décidé de miser sur l’humour. « Dans les festivals de films d’aventure, on voit surtout des professionnels qui risquent leur vie. C’est quelque chose qu’on ne peut pas faire. On a décidé de jouer sur l’ironie, de rire de nous-mêmes. On fait des niaiseries au fond, on a ben du fun. »

Pour Zacharie Turgeon, c’était une immense victoire d’être sélectionné, mais c’était aussi un peu crève-cœur puisque le festival, qui se tient normalement au début de novembre à Banff, a été annulé et présenté de façon virtuelle. Il n’a donc pas pu assister aux conférences et aux représentations des divers films. « C’était un peu un pétard mouillé, mais les gens du festival de Banff, tout comme ceux de la tournée québécoise, ont fait beaucoup d’efforts pour garder le festival bien en vue et conserver l’excitation et l’émotion de l’évènement », déclare-t-il.

Au début de 2020, les organisateurs de la tournée québécoise du Festival du film de montagne de Banff ont aussi eu de la chance : lorsque la province s’est confinée, il ne restait plus que 2 représentations à offrir sur les 42 du programme initial. Financièrement, l’annulation des représentations de cette année causera des soucis, mais avec une sérieuse diminution des dépenses, l’organisation est optimiste de passer à travers la tempête et de revenir en 2022 avec la formule originale. « Les dates sont déjà réservées », confirme Stéphane Corbeil.

Consultez le site du festival

Suggestion de vidéo : comment se réchauffer quand il fait froid

Rien de tel que danser le bhangra pour se réchauffer. Gurdeep Pandher fait une petite démonstration au parc national Kluane, au Yukon.

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Chiffre de la semaine : 1978

Année de naissance du tapis-luge, mieux connu sous le nom de marque déposée Crazy Carpet