Marc Létourneau aime les cartes. Surtout en randonnée. Lorsqu’il part sur les sentiers, il lui arrive souvent d’apporter son GPS, essentiellement pour avoir des statistiques en fin de journée, comme le kilométrage parcouru et le dénivelé accompli.

Marie Tison Marie Tison
La Presse

« Mais j’aime bien avoir une carte en papier dans mes poches, note-t-il. C’est plus visuel que ce qu’on peut obtenir sur le petit écran d’un GPS ou d’un téléphone cellulaire. Il y a une meilleure perspective sur l’ensemble du sentier. »

Marc Létourneau s’y connaît en la matière : c’est lui qui a conçu la plupart des cartes du Sentier national du Québec, qu’on peut notamment imprimer à partir du site baliseqc.ca, de Rando Québec.

Au départ, M. Létourneau ne se destinait pas à la cartographie. « Je voulais aller en tourisme, mais je n’ai pas été accepté à l’Institut de tourisme et d’hôtellerie, se rappelle-t-il. J’avais un petit intérêt en cartographie et j’ai été au cégep là-dedans. Ce n’était pas une passion, mais avec le temps, c’est devenu le métier que je fais. »

C’est un peu par la force des choses qu’il s’est impliqué auprès de la Fédération québécoise de la marche (maintenant connue sous le nom de Rando Québec). Ça a commencé par l’entretien de sentiers, puis par un poste au sein du conseil d’administration.

En 2002, on m’a appelé pour un projet de cartes pour le magazine de la fédération. Il fallait que je m’implique pour faire une carte pour huit numéros, sur une période de deux ans. J’ai fini par en faire près d’une soixantaine.

Marc Létourneau

Au début, le travail était complexe, mais il s’est beaucoup simplifié avec les années, notamment avec l’arrivée du GPS. À partir de ce moment-là, il suffisait d’aller relever le tracé du sentier sur le terrain et de télécharger le tout sur des cartes de base acquises auprès du gouvernement du Québec. Il fallait « habiller » la carte, ajouter les balises kilométriques, les points de vue, les campings, etc.

En 2017, Rando Québec a commencé à faire affaire avec TrakMaps, une petite entreprise québécoise, pour obtenir un aspect un peu plus professionnel. Et dès le printemps prochain, la fédération devrait être en mesure de générer ses propres cartes avec son nouveau service de géomatique. Rando Québec remettra aussi à jour les cartes déjà produites. Les nouvelles cartes auront un quadrillage, une indication sur la déclinaison magnétique, « pour que les gens puissent s’en servir pour de vrai sur le terrain », indique Gregory Flayol, directeur général adjoint de la fédération.

Plus précis et plus sécuritaire

PHOTO ALAIN ROBERGE, LA PRESSE

Bientôt, les bonnes vieilles cartes du Sentier national seront mises à jour avec de nouvelles caractéristiques, comme un quadrillage et des indications sur la déclinaison magnétique.

Gregory Flayol affirme que « la carte topographique est la meilleure carte de visite pour un sentier de randonnée ». C’est surtout « le premier pas de la sécurité de randonneur ».

Comme Marc Létourneau, il estime que la carte en papier demeure un outil indispensable pour le randonneur. « On peut penser qu’on peut passer au tout-numérique, mais pour nous, c’est une erreur d’appréciation au niveau de la sécurité, affirme le directeur général adjoint de Rando Québec. Une carte en papier ne tombe pas en panne de batterie alors qu’un cellulaire peut être totalement défaillant. »

Les GPS et téléphones cellulaires peuvent également être imprécis. Certains peuvent afficher un décalage de 5 à 10 m. « Ça peut mener à une différence de 5 % sur tout le tracé, indique Marc Létourneau. Si on prend trois ou quatre GPS, on risque d’avoir trois ou quatre réponses au sujet de la randonnée. » Des problèmes de précision se posent notamment si la canopée est très épaisse ou si le sentier longe le bas d’une falaise. « La triangulation se fait alors d’un seul côté, c’est moins précis », explique M. Létourneau.

En attendant les nouvelles cartes plus « design », les bonnes vieilles cartes de Marc Létourneau demeurent offertes. Certains sentiers ont été légèrement modifiés avec les temps, il peut donc s’y glisser des imprécisions ici et là. Mais jusqu’ici, personne n’a communiqué avec M. Létourneau pour se plaindre d’un gros problème d’exactitude. « La seule fois que j’ai eu un commentaire au sujet d’une carte, c’est lorsque quelqu’un m’a appelé pour me signaler qu’il y avait un nid de guêpes sur le sentier », s’amuse-t-il.

> Consultez le site baliseqc.ca

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