L’Association canadienne des guides de montagne (ACGM) est essentiellement présente en Colombie-Britannique et en Alberta. C’est un peu par tradition. C’est beaucoup en raison de la géographie : les belles grandes montagnes, on les retrouve surtout dans l’ouest du pays. L’association a cependant commencé à établir des contacts avec l’est du pays, et notamment avec le Québec.

Marie Tison
Marie Tison La Presse

« Nous sommes une association nationale, explique le directeur général, Peter Tucker. Si nous voulons être l’Association canadienne des guides de montagne (ACGM), et pas seulement l’Association des guides de montagne de l’ouest du Canada, nous devons parler aux gens partout au pays pour qu’ils nous connaissent et qu’ils se joignent à nous s’ils le désirent. »

À l’heure actuelle, plus de 90 % des 1505 membres de l’association vivent en Colombie-Britannique et en Alberta. Une cinquantaine de membres sont au Québec.

« Nous avons des membres dans presque toutes les provinces, mais nous avons décidé de travailler avec le Québec en premier, notamment parce qu’on y trouve une très forte culture de plein air, dit M. Tucker. Ça correspondait à nos valeurs. »

C’est ainsi qu’il y a un peu plus de trois ans, l’ACGM a conclu avec Rando Québec un protocole d’entente sur la formation des guides.

« Rando Québec a quatre niveaux de formation, indique M. Tucker. Les deux niveaux les plus élevés correspondent à nos certifications d’aspirant-guide et de guide de randonnée. »

PHOTO EDOUARD PLANTE-FRÉCHETTE, ARCHIVES LA PRESSE

Les Québécois aiment le plein air, que ce soit ici, dans Charlevoix, ou ailleurs dans la province.

Le directeur technique de Rando Québec, Nicholas Bergeron, raconte qu’il a travaillé avec l’Université du Québec à Chicoutimi (UQAC) et les cégeps qui offrent une formation de tourisme d’aventure pour faire en sorte que les niveaux de formation les plus avancés soient de niveau national et international.

C’est ainsi que les programmes de formation de l’UQAC et des cégeps peuvent maintenant préparer leurs étudiants et élèves à passer les examens de l’ACGM pour obtenir leur certification d’aspirant-guide.

De leur côté, les membres du public (souvent des personnes d’expérience qui encadrent des randonnées depuis des années) peuvent suivre des formations à Rando Québec pour pouvoir eux aussi se présenter aux examens de l’ACGM.

Rando Québec a procédé à la traduction des documents de formation afin que celle-ci soit offerte en français.

« Depuis le début du protocole d’entente, entre 50 et 60 personnes ont participé aux examens », se réjouit M. Bergeron.

Notre stratégie, c’est d’inonder le marché de façon à ce que les guides certifiés soient disponibles au Québec. On ne peut pas dire au milieu du tourisme d’aventure qu’ils doivent avoir des guides certifiés sans leur fournir des gens formés.

Nicholas Bergeron

Pour obtenir la certification de niveau supérieur, celle de guide de randonnée de l’ACGM, les aspirants-guides doivent réussir un examen supplémentaire plus long, plus exigeant, après avoir acquis de l’expérience sous supervision.

« C’est un succès, affirme Peter Tucker. Maintenant, on aimerait avoir le même genre de succès avec la Fédération québécoise de la montagne et de l’escalade (FQME). »

Maintenant, l’escalade

Pour l’escalade, ça devrait bien aller.

« Il y a de l’escalade de roche absolument superbe au Québec, affirme le directeur général de l’ACGM. Il n’y aura pas de problèmes avec les équivalences, comme il n’y a pas eu de problèmes avec cela pour la randonnée. »

C’est un peu plus compliqué en ce qui concerne l’alpinisme et le ski de montagne (du ski ou de la planche à neige qui se pratique sans remontées mécaniques). Les terrains que l’on trouve dans l’ouest et dans l’est du pays sont très différents.

PHOTO MARTIN TREMBLAY, ARCHIVES LA PRESSE

Les Chic-Chocs sont un beau terrain de jeu pour les skieurs de montagne.

« Il y a un très beau terrain de jeu pour le ski de montagne dans les Chic-Chocs, indique M. Tucker. Mais on ne parle pas de glaciers : il faut donc voir quel serait l’aspect d’un programme de formation pour l’est du Canada. Il faut travailler sur les détails. »

Les programmes de formation de guide alpin et de guide de ski de l’ACGM sont particulièrement exigeants et coûteux. Dans le cas de la formation de guide de ski, ça peut tourner autour de 10 000 $.

Pour l’ACGM, il ne saurait être question d’avoir des exigences différentes, de décerner des certifications distinctes pour l’est et pour l’ouest du pays.

« Il faut continuer à explorer comment faire fonctionner ça », indique Peter Tucker.

Pour le directeur général de la FQME, Olivier Deslauriers-Gaboury, cette discussion tombe plutôt bien.

« Ça fait longtemps que nous sommes impliqués dans l’escalade et que nous avons des programmes de formation, mais dans le cas du ski de montagne, c’est très récent, explique-t-il. Nous sommes en train de monter les programmes de formation. »

C’est donc le moment idéal pour essayer d’agencer les formations de l’ACGM et de la FQME.

« Nous voulons clarifier les différents brevets afin qu’il n’y ait pas de confusion et faciliter la progression entre les différents niveaux, explique Olivier Deslauriers-Gaboury. Je suis très optimiste par rapport à tout ça. »

Peter Tucker, établi en Alberta mais originaire de Montréal, est aussi enthousiaste par rapport à cette ouverture de l’ACGM vers l’est du pays, même s’il reste encore des défis. « Nous sommes une petite organisation avec des ressources relativement limitées, mais à un moment donné, il faudra prévoir plus de ressources pour rendre notre site internet bilingue et traduire nos contenus de cours en français », souligne-t-il.