Dans les forêts québécoises, les maringouins, mouches noires et autres charmantes bestioles piquantes commencent à se calmer un peu. Juste un peu. Les tiques, elles, deviennent plus pernicieuses. Les amateurs de plein air continuent donc de rêver à une armure anti-moustiques invincible… qui demeurerait quand même légère.

Marie Tison Marie Tison
La Presse

On peut s’enduire de chasse-moustiques au DEET ou à l’icaridine. On peut aussi porter un filet anti-moustiques sur la tête, ou enfiler des vêtements en filet par-dessus ses autres vêtements. Ceux-ci sont cependant relativement fragiles et les insectes piqueurs vont facilement trouver la moindre déchirure pour s’infiltrer.

Depuis deux saisons, les Canadiens peuvent aussi porter des vêtements anti-moustiques et anti-tiques : des chemises, des pantalons, des chapeaux et des bandanas. Ils sont traités avec un produit qui repousse les moustiques et les tiques, la perméthrine.

« Ces vêtements ont été conçus pour repousser les insectes rampants comme les tiques, mais ça fonctionne aussi pour les moustiques, affirme Steven Schofield, un entomologiste qui a assumé le rôle de conseiller scientifique auprès de Marks/L’Équipeur pour le développement des vêtements No Fly Zone, de la collection WindRiver.

« C’est comme si ça leur chauffait les pieds, explique-t-il. Les tiques qui montent sur les vêtements s’en détachent rapidement et vont jouer ailleurs. Ça peut même les mettre K.-O. Les moustiques, qui tourbillonnent autour de vous, rebondissent sur le tissu : c’est comme s’ils avalaient une gorgée de sauce piquante, ils n’aiment vraiment pas ça. Donc ça permet d’intercepter les insectes avant qu’ils ne piquent. »

Le produit est très durable : le vêtement demeure efficace jusqu’à 70 lavages.

PHOTO FOURNIE PAR L’ÉQUIPEUR

L’Équipeur affirme que les vêtements anti-moustiques sont efficaces jusqu’à 70 lavages. Une chemise à manches longues coûte 39,99 $.

M. Schofield est aussi conseiller scientifique auprès de l’armée canadienne. Les militaires canadiens utilisent cette technologie depuis une dizaine d’années pour des opérations militaires, mais elle n’était pas offerte pour les civils.

« Ce n’est que récemment que Marks/L’Équipeur a pris l’initiative de lancer le processus pour faire approuver cette technologie pour les civils au Canada, raconte-t-il. Ça a été approuvé il y a deux ans comme protection contre les moustiques, et cette année comme protection contre les tiques. »

Pour lui, la protection contre les tiques est particulièrement importante parce que celles-ci peuvent transmettre la bactérie qui cause la maladie de Lyme. Et selon lui, la saison estivale est particulièrement critique.

Au printemps et à l’automne, on voit plus de tiques adultes. En été, on voit plus de nymphes. Or, nous sommes pas mal moins bons à repérer les nymphes sur notre corps parce qu’elles sont plus petites. Elles risquent donc de passer plus de temps sur notre corps et donc de transmettre la bactérie, si elles sont porteuses.

Steven Schofield, entomologiste et conseiller scientifique auprès de Marks/L’Équipeur

Si on enlève une tique dans les 24 heures, il y a peu de risques qu’elle ait le temps de transmettre la bactérie pendant cette période.

M. Schofield ne voit pas les vêtements anti-moustiques comme une solution de rechange aux filets, mais comme un complément. En fait, il recommande d’utiliser tous les moyens possibles pour prévenir les piqûres : un chasse-moustiques sur la peau nue, des vêtements anti-moustiques, un filet sur la tête… et une bonne séance d’inspection du corps à la fin de la journée.

  • Un chapeau muni d’un filet anti-moustique de marque Outdoor Research, offert à La Cordée pour 30,09 $.

    PHOTO TIRÉE DU SITE WEB DE LA CORDÉE

    Un chapeau muni d’un filet anti-moustique de marque Outdoor Research, offert à La Cordée pour 30,09 $.

  • Une veste en moustiquaire qu’on peut trouver chez SAIL pour 19,99 $.

    PHOTO TIRÉE DU SITE WEB DE SAIL.

    Une veste en moustiquaire qu’on peut trouver chez SAIL pour 19,99 $.

  • Des pantalons en filets Coghlan sont offerts chez MEC pour 17,95 $.

    PHOTO TIRÉE DU SITE WEB DE MEC

    Des pantalons en filets Coghlan sont offerts chez MEC pour 17,95 $.

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« Il suffit d’un tout petit espace entre les vêtements pour que les tiques s’infiltrent et recherchent la peau pour un repas. Elles vont se cacher dans les endroits les plus discrets, qu’on ne peut pas nécessairement énumérer dans un journal familial. »

M. Schofield affirme qu’il porte toujours des vêtements anti-moustiques lorsque vient le temps de travailler sur sa propriété boisée, dans la région d’Ottawa. Pour lui, c’est essentiel et ça fonctionne vraiment.

« Lorsque j’utilise une tronçonneuse pour entretenir les sentiers, je ne veux pas être distrait par des moustiques. »

La Presse a voulu tester une chemisette lors d’une fin de semaine en canot-camping dans l’Outaouais. Malheureusement, les moustiques n’étaient pas trop problématiques, le test ne pouvait donc pas être très concluant. Mais peut-être que le port de la chemise a justement fait en sorte que les insectes piqueurs se sont tenus loin du petit groupe de canots-campeurs ?

« Effectivement, il peut y avoir un peu moins de moustiques aux alentours lorsque quelqu’un porte les vêtements, affirme M. Schofield. Mais il y a des données extrêmement intéressantes qui montrent que lorsqu’une personne porte de tels vêtements, les moustiques qui restent dans l’entourage vont aller embêter les autres personnes. Donc si vous allez en forêt avec quelqu’un que vous n’aimez pas vraiment, portez les vêtements chasse-moustiques, c’est l’autre qui va se faire manger. »