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Partir à l'aventure: s'émerveiller au Québec

Marcel Mueller... (Photo André Pichette, La Presse)

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Marcel Mueller

Photo André Pichette, La Presse

Charles-Édouard Carrier

Collaboration spéciale

La Presse

Des globe-trotters nous racontent un voyage inspirant. Cette semaine: Marcel Mueller, passionné de photographie.

Marcel Mueller, 49 ans

Voyage au Nunavik, en 2015

Durée: 1 mois

Par passion pour la photographie et un intérêt hors du commun pour la diversité des cultures du monde entier, Marcel Mueller a visité plus de 75 pays. Après plusieurs tours du monde, c'est un voyage au nord du Québec qui l'a marqué profondément.

1. Comment a germé l'idée de ce voyage et pourquoi avoir choisi cette destination?

C'était dans un contexte professionnel. J'ai été contacté par un opérateur de tours guidés qui souhaitait s'implanter au Nunavik et développer des voyages photographiques pour aller voir les caribous et les ours polaires. Il m'a invité à me joindre à lui dans ce projet. J'y allais pour accompagner les participants et donner des ateliers photo sur place.

2. Aviez-vous des attentes ou des peurs face à ce voyage avant le départ?

Très honnêtement, ça n'avait jamais été un endroit auquel je rêvais. Ce n'était pas comme l'Himalaya, les déserts, l'Asie ou l'Australie: ce n'était pas une destination sur ma liste. Alors contrairement à bien d'autres voyages, je n'avais pas d'attentes. Quoique, peu importe le voyage, il y a toujours cette flamme qui s'allume en soi avant de partir. Cette nervosité d'aller vers l'aventure est toujours là.

3. Si vous aviez à décrire un moment fort de ce voyage, un moment charnière, quel serait-il?

Deux moments. Les aurores boréales et le loup...

Pour le premier, on avait placé les appareils sur des trépieds. On voyait valser les aurores au loin, puis soudainement, au-dessus de nos têtes, le ciel au grand complet s'est couvert de couleurs. Je photographiais sans arrêt, jusqu'à ce que je saisisse l'intensité de ce que je vivais. J'ai abandonné l'appareil photo, je me suis couché par terre, je hurlais, je n'avais jamais senti une énergie comme celle-là. C'était indescriptible.

Voyage de Marcel Mueller au Nunavik... (Photo fournie par Marcel Mueller) - image 2.0

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Voyage de Marcel Mueller au Nunavik

Photo fournie par Marcel Mueller

Puis le loup. On avait fait deux heures d'hydravion à partir de Kuujjuaq, puis un vol d'hélicoptère vers la baie d'Ungava, non loin de Quaqtaq. On cherchait des boeufs musqués. Après une nuit en tente, je me lève le premier et sors préparer le café. Derrière moi, à moins de 25 mètres, un loup de la toundra. J'ai figé. Je l'ai longuement regardé. Je me suis assis par terre et on s'est fixés tous les deux pendant de longues minutes. J'ai vécu beaucoup de choses impressionnantes avec les animaux, surtout en Afrique, mais jamais quelque chose d'aussi fort que ça.

4. En quoi ce voyage a-t-il été inspirant pour vous?

Chaque voyage a le potentiel d'émerveiller, le pouvoir de nous faire évoluer. C'est fou à dire, mais on dirait qu'avec les années, ça a toujours été d'aller toujours plus loin, de faire des trucs exceptionnels, de repousser les limites, de me dépasser, de prendre la meilleure photo. Ce voyage-là m'a connecté à qui je suis, d'où je viens. D'accord, je suis né en Suisse et j'y ai grandi jusqu'à l'âge de 5 ou 6 ans, mais je suis un Québécois dans ma façon de voir les choses, comme dans mon accent. Ce voyage m'a reconnecté au Québec.

Il y a très peu d'endroits sur la planète où pendant des centaines de kilomètres, il n'y a pas de route. Dans le Sahara, c'est immense, c'est vide, c'est le désert, mais les Touaregs ont des pistes. En Amazonie, il y a les rivières que les locaux utilisent pour se déplacer, mais dans le nord du Québec, on comprend rapidement que c'est l'une des dernières frontières du monde, l'un des rares endroits où il n'y a pas d'accès routier. Nous avons une chance unique d'avoir si près de nous toute cette beauté sauvage, à la fois vierge et fragile.

5. Selon vous, est-ce que l'idée de partir à l'aventure est suffisamment encouragée aujourd'hui?

J'encourage les gens à voyager, à partir à l'aventure. J'ai fait le tour de plusieurs écoles secondaires au Québec pour des présentations devant les élèves et les parents. On sent qu'il y a un grand intérêt à découvrir le monde, on évolue.

Cela dit, je m'interroge aussi sur la façon dont on voyage. Quel impact le voyage d'aventure peut-il avoir sur les sociétés, sur les gens qui voient soudainement débarquer les touristes, sur l'environnement? Le phénomène des selfies, l'égocentrisme, le besoin de dire «regardez-moi», le besoin de montrer que l'on est ici ou là... Quelle est la réelle motivation derrière ça? Je n'ai pas de réponse, mais je crois qu'on devrait y réfléchir.




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