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Rencontre en altitude: jouer les héros avec Abubakar

Abubakar Salim... (PHOTO SOPHIE FOURON, COLLABORATION SPÉCIALE)

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Abubakar Salim

PHOTO SOPHIE FOURON, COLLABORATION SPÉCIALE

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Sophie Fouron

Collaboration spéciale

La Presse

Malgré des heures passées à leurs côtés lors d'un vol,  nos voisins de siège demeurent souvent anonymes.  Notre collaboratrice a voulu briser cette bulle invisible, faisant des découvertes aussi étonnantes qu'enrichissantes.

Abubakar Salim. 24 ans, acteur. Habite à Londres. Rencontré lors d'un vol Londres-Montréal.

Le collègue avec qui je voyage reconnaît avec enthousiasme le gaillard de 6 pieds au sourire accrocheur.

«On a travaillé chez Ubisoft ensemble, Abu est le héros du dernier Assassin's Creed

Mon intérêt pour les jeux vidéo est aussi mince que l'espace entre nous, mais ma curiosité est piquée.

De sa voix de baryton à l'accent british, Abubakar Salim m'explique qu'il s'éclate depuis des mois à Montréal en prêtant sa voix et (beaucoup) son corps au personnage animé de Bayek pour la nouvelle version du populaire jeu vidéo.

«À mon avis, la capture du mouvement [motion capture] représente pour un acteur la forme de jeu la plus pure. Bayek, c'est moi, mais en version animée par ordinateur grâce à 200 capteurs installés sur mon corps.

«Parfois, un simple bâton devient une épée, exactement comme quand on était gamins. C'est très libérateur comme expérience, malgré toute la technologie qui y est associée.»

Abubakar en est à sa neuvième visite à Montréal depuis un an. À la suite de ses études à la prestigieuse London Academy of Music and Dramatic Art, l'acteur de 24 ans a cumulé les rôles un peu partout sur la planète. «J'arrive de Budapest et après deux semaines à Montréal, ce sera Los Angeles.»

Je lui demande si le fait d'être une minorité visible change sa façon de voir ou de pratiquer son métier: «Je fais de grands efforts pour ne pas me définir comme un acteur noir. Je suis un acteur qui est noir. C'est différent. Je sais très bien que mes origines influencent certaines décisions, mais je crois surtout que ce sont mes propres choix qui me définissent comme acteur et non ma couleur de peau.»

Il me raconte avoir grandi avec sa famille d'origine kényane dans la banlieue de Londres, le seul endroit au monde où il se sent véritablement à l'aise. 

«J'ai l'impression qu'à Londres, il y a davantage une division au niveau des classes sociales que des races.

- Et à Montréal, as-tu senti du racisme?

- Quand tu es un homme noir, tu vis avec une certaine tension. Disons que tu es toujours conscient de ta différence. À Montréal, les gens sont très sympathiques et amicaux. Mais je peux percevoir à l'occasion des regards de méfiance quand j'entre dans un commerce et certains chauffeurs de taxi m'ignorent complètement. C'est ma réalité. Toutefois, si ça peut te rassurer, c'est vraiment pire à Budapest.»

Je ne suis pas trop rassurée, même un peu découragée, mais je lui confie que c'est toujours intéressant de savoir ce que la visite pense de nous.

Il poursuit en m'expliquant à quel point il aime son métier d'acteur parce que ça lui permet de fuir sa réalité et d'offrir du même coup cette évasion temporaire aux spectateurs.

«Je me dis tout le temps que mon travail pourrait représenter la première ou la dernière expérience culturelle de quelqu'un. Je prends cette responsabilité très au sérieux.

- Et le rôle que tu souhaiterais plus que tout jouer?

- Bon, je vais te le dire: je rêve d'enfiler les habits de James Bond!»

Mais bien sûr. Ce garçon est né pour jouer les héros.

Vite une vodka martini pour Abu, shaken not stirred!




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