Des sommets aux gorges, toujours à pic, le massif du Vercors, dans le sud-est de la France, vise le voyageur au cœur bien accroché. Falaises vertigineuses, vallées verdoyantes et douceurs gastronomiques, on embarque dans les montagnes russes de ce territoire encore méconnu des touristes.

Alexis Gacon
Collaboration spéciale

À l’assaut du Grand Veymont

PHOTO ALEXIS GACON, COLLABORATION SPÉCIALE

Bon marcheur, il vous faudra huit heures en raquettes depuis la vallée ou six heures à pied si la neige est partie pour arriver au sommet du Grand Veymont.

Au départ, il semble inatteignable. Trop loin, trop haut. Bon marcheur, il vous faudra huit heures en raquettes depuis la vallée ou six heures à pied si la neige est partie pour arriver au sommet du Grand Veymont. S’élevant au-dessus du massif à 2341 mètres d’altitude, il se mérite, le plus haut sommet du Vercors. Pendant la montée – champêtre –, levez la tête, marmottes et bouquetins vous saluent. Quelques centaines de mètres avant le sommet, le spartiate refuge des Aiguillettes vous accueille si vous arrivez tôt. En toile de fond, avant que le soleil ne se couche, les Alpes se dessinent au loin. Magique. Une bonne nuit de sommeil et les derniers mètres vers le sommet, à pic, s’apprivoisent plus facilement.

Se faire aspirer par le vide du cirque de Combe Laval

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La route des Grands Goulets

Comme sa sœur et voisine l’Ardèche, la Drôme n’est jamais aussi impressionnante qu’à flanc de falaise. Les routes des Petits et Grands Goulets vous happent, sinueuses et vertigineuses. C’est grâce à ces chemins que le tourisme s’est développé dans le Vercors. Si vous les sillonnez, forcez-vous à affronter du regard les gouffres sur votre gauche. Poursuivez la route direction nord-ouest pour le clou du spectacle, le cirque de Combe Laval. À perte de vue, la vallée s’étale 600 mètres en contrebas. Épique.

Avaler une tablette de ravioles

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Ces petites pâtes nées au XIXe siècle sont garnies d’une farce, habile mélange de fromages.

La Chine a ses dumplings, l’Italie, ses raviolis, Romans-sur-Isère a ses ravioles. Alignées en carrés, comme une tablette de chocolat, ces petites pâtes nées au XIXe siècle sont garnies d’une farce, habile mélange de fromages. Comté ou emmental, mâtiné de fromage frais revenu dans du beurre au persil. Dégustez-les, fraîches, à La Charrette, restaurant festif, que Pierre, natif de Romans-sur-Isère, a bien fait de conseiller. Les gourmands les cuisinent en gratin. Les hérétiques, en dessert, fourrés au chocolat.

Le bleu et la brioche

PHOTO ALEXIS GACON, COLLABORATION SPÉCIALE

La « pogne », une brioche du Vercors

Vous ne pensiez tout de même pas vous en tirer comme cela ! Une fois les ravioles digérées, les restaurants drômois proposent du bleu du Vercors-sassenage. Fromage fort comme les falaises mais moins corsé qu’un bleu des Causses, ses arômes de noisette ont fait de lui une monnaie d’échange pour les agriculteurs au temps des seigneuries. Avant le café, mettez le coup de grâce à votre estomac avec une « pogne » de Romans, brioche locale en forme de couronne, relevée à la fleur d’oranger. Légère, elle guide vers une sieste bien méritée.

Marcher dans les pas de la Foulée blanche

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La Foulée blanche est l’une des courses les plus prisées des fondeurs français.

Passionnés de ski de fond, le massif du Vercors est une page blanche à découvrir. Chaque année à Autrans depuis 1979 s’y déroule l’une des courses les plus prisées des fondeurs français. De 5 à 42 km, le parcours serpente parmi les pins, et la montée du plateau de Gève mettra à mal les mieux entraînés. Seul bémol, lors des hivers chauds, la neige peut se faire rare.

Se rappeler la Résistance à La Chapelle-en-Vercors

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Le Vercors, comme la Corse, fut une terre maquisarde.

Le Vercors, comme la Corse, fut une terre maquisarde. Les résistants s’y cachaient et organisaient la révolte, dans une région encore sauvage et méconnue. Dissimulés dans cette forteresse imprenable, ils y stockaient des armes. À la fin de la guerre, l’Allemagne nazie a envoyé plus de 15 000 soldats dans la région, tuant 639 résistants et plus de 200 civils. Les lieux de mémoire sont légion dans la région. À La Chapelle-en-Vercors, les pierres de la cour des fusillés gardent un silence lourd : 16 jeunes y périrent sous le feu allemand. Pour que tout le monde puisse saisir cette histoire, le Mémorial de la Résistance du Vercors, riche de témoignages audio et vidéo, est aussi adapté pour une visite avec des enfants.