Pour se déplacer en Europe, beaucoup de voyageurs se tournent vers les transporteurs aériens à bas prix. Or, le train, qui relie en général les villes par leur centre, s’avère plus confortable, et souvent plus rapide et pas plus cher que l’avion. Il est aussi plus vert. Conseils pour en tirer profit. Avec peut-être un petit tour de bateau en prime…

Publié le 21 avril
Simon Chabot
Simon Chabot La Presse

Le transporteur Ryanair offre des vols à des prix imbattables, parfois aussi peu que 10 euros, entre les grandes villes européennes. Bien sûr, la facture monte, et souvent beaucoup, s’il faut enregistrer un bagage et payer son trajet du centre d’une ville jusqu’à des aéroports parfois très excentrés. Et si le vol dure au plus deux ou trois heures, il faut tenir compte du temps consacré à se rendre à l’aérogare, puis pour aller en ville, à franchir la sécurité, à embarquer et à attendre ses bagages. En fin de compte, un saut de puce en avion finit souvent par accaparer de très longues heures…

C’est pourquoi Isabelle Eon, de l’agence Dessine-moi un voyage, suggère à de nombreux clients de prendre le train pour visiter différentes villes ou régions d’Europe, quitte à louer ensuite une voiture. « On va gagner facilement une demi-journée, lance-t-elle. L’avion, c’est beaucoup plus casse-tête que de prendre le train directement en ville. »

Et c’est un moyen de transport beaucoup moins polluant que l’avion ou la voiture sur des distances comparables. Un bon moyen de limiter l’empreinte carbone de votre voyage.

Entre Paris et le reste de la France

De Paris, où les Québécois de passage en France aiment bien passer au moins quelques jours, on peut gagner de très nombreuses villes de province en un temps record, grâce au TGV. Par exemple, le trajet Paris-Bordeaux, qui se fait en six heures de route (avec des péages souvent salés), ne prend que deux heures en train. Celui vers Marseille se boucle en trois heures. Toujours de centre-ville à centre-ville. « En achetant d’avance, il y a des tarifs très abordables, ajoute Mme Eon. Moi, ça m’est même arrivé d’avoir des spéciaux première classe à des prix dérisoires. Et c’est très confortable, notamment pour les familles. On a de l’espace dans un train, on peut se promener. »

Le TGV vers Rennes donne accès à la Bretagne, celui vers Bordeaux ouvre la porte de l’Aquitaine et du Pays basque. De Lyon, on peut se rendre assez vite dans les Alpes ; de Strasbourg, explorer le vignoble de l’Alsace ; et de Marseille, la Provence, par exemple. « Si on veut se promener un peu et faire des visites, on n’a qu’à louer une voiture dans la ville d’arrivée », souligne la voyagiste.

De Paris, on rejoint aussi rapidement d’autres capitales européennes par les rails, comme Bruxelles (en 1 h 30 min), Londres (en un peu plus de 2 h) ou Amsterdam (en 3 h 30 min environ). « Ces trajets sont fiables côté horaire… tant qu’il n’y a pas de grève, bien sûr », précise Mme Eon.

Espagne et Italie par les rails

Isabelle Eon n’hésite pas à proposer des voyages en train ailleurs en Europe. En particulier en Espagne et en Italie. « Quelqu’un qui veut découvrir l’Andalousie peut le faire entièrement par le train, observe Mme Eon. On arrive à Malaga par un vol direct, et puis de là, on se promène vers Séville, Cordou, Grenade… on peut même aller jusqu’à Ronda, tout ça en train, sur des trajets qui font entre 45 minutes et 3 heures. » Et sans avoir à penser à se garer autour de centres historiques parfois fermés aux voitures.

En Italie, la région des Cinque Terre se découvre à merveille sans voiture, grâce à un titre qui donne accès pour une durée donnée à tous les trains, bateaux, sentiers de randonnée, bus, etc. Les circuits entre les villes italiennes s’avèrent aussi très pratiques. De Venise (vol direct de Montréal l’été) vers Bologne, Florence, puis Rome, Naples, etc. « On peut faire les grandes villes sans avoir à louer de véhicule », indique Mme Eon. Pour explorer la campagne de régions comme la Toscane ou les Pouilles, la voiture reste toutefois nécessaire, estime-t-elle.

La Scandinavie sur terre et sur l’eau

Un voyage en Scandinavie en train ? Pourquoi pas ! « C’est super confortable de passer en train d’une ville, où vous dormirez deux ou trois nuits, à l’autre. Stockholm-Copenhague, c’est un trajet de six heures. Ensuite, on prend un bateau de nuit pour faire Copenhague-Oslo, où vous arriverez au lever du soleil avec une vue panoramique sur toute la baie. C’est magnifique ! », raconte Mme Eon. Les voyageurs peuvent ensuite poursuivre par le train de nuit vers Bergen, pour explorer les fjords (en voiture de location), et même aller par bateau jusqu’aux îles Lofoten, au nord du cercle polaire, avant de rentrer à Montréal à partir d’une des grandes villes de la région.

Pour acheter des billets de train en Europe, les voyageurs peuvent s’adresser à une agence de voyages d’ici, qui se chargera au besoin de la location de voitures sur place, le faire auprès des transporteurs de chaque pays (comme la SNCF en France) ou par l’entremise du distributeur Rail Europe, qui vend les titres de transport de 105 opérateurs ferroviaires de 24 pays.

Consultez le site de l’agence Dessine-moi un voyage
Consultez le site de la SNCF
Consultez le site de Rail Europe

En savoir plus

  • 130 fois
    Sur le trajet Paris-Lyon, l’empreinte carbone d’un passage est 130 fois moins importante en train (690 g d’équivalent de CO2 par passager) qu’en avion (90 kg d’équivalent de CO2 par passager).
    étude Trainline
    574,8 km/h
    Le record de vitesse du TGV français, réalisé en 2007. Dans des conditions d’exploitation normale, le train atteint environ 300 ou 320 km/h.
    SNCF