(Paris, France) L’emblématique grand magasin parisien La Samaritaine, véritable joyau d’Art déco et d’art nouveau, a retrouvé son lustre d’antan après une fermeture qui aura duré 16 ans.

Publié le 6 déc. 2021
Stéphanie Morin
Stéphanie Morin La Presse

Situé à un jet de pierre du Pont-Neuf, le magasin fondé en 1870 par Ernest Cognacq attire de nouveau les aficionados de la mode comme les simples curieux. Il faut dire que le lieu a de quoi faire ouvrir grand les yeux.

Son extérieur est un amalgame de styles qui témoignent de la maîtrise des architectes de l’époque.

La façade qui donne sur la Seine, érigée entre 1926 et 1928, est faite de pierre de taille, de verre, d’acier. Un typique décor Art déco.

Sur les flancs, le bâtiment est du plus pur style art nouveau, avec ses plaques de lave émaillée aux couleurs vives. En 1930, cette œuvre d’art à ciel ouvert a été recouverte de badigeon blanc. La remise en beauté récente du lieu a permis de retrouver ce décor magique (même si certains éléments architecturaux ont à jamais disparu, comme les marquises art nouveau de l’entrée latérale).

PHOTO STÉPHANIE MORIN, LA PRESSE

La façade du magasin, rue de Rivoli, affiche un air résolument moderne.

Finalement, la façade qui donne sur la rue de Rivoli affiche une allure résolument moderne grâce aux bons soins des architectes japonais Kazuyo Sejima et Ryue Nishizawa, qui ont doté le mur extérieur d’un revêtement de verre ondulé où se reflètent les bâtiments environnants.

Surprise à l’intérieur

L’intérieur est encore plus surprenant, avec plusieurs éléments de décor époustouflants. Le grand escalier est sans conteste du lot, avec ses balustrades ouvragées, décorées de feuilles de marronnier à la patine cuivrée. L’escalier a été rénové en intégralité, ce qui a permis d’enlever le linoléum qui — sacrilège ! — recouvrait les marches de chêne brut.

  • La fresque aux paons peut être admirée au dernier étage de La Samaritaine.

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    La fresque aux paons peut être admirée au dernier étage de La Samaritaine.

  • Le grand escalier est sans conteste l’un des éléments les plus spectaculaires de l’architecture de La Samaritaine.

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    Le grand escalier est sans conteste l’un des éléments les plus spectaculaires de l’architecture de La Samaritaine.

  • Vue aérienne du rez-de-chaussée (et des planchers de marbre) de La Samaritaine

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    Vue aérienne du rez-de-chaussée (et des planchers de marbre) de La Samaritaine

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À l’étage supérieur, sous la verrière qui laisse doucement filtrer la lumière, on peut admirer la fresque aux paons, qui mérite à elle seule la visite. Elle aussi recouverte de badigeon blanc dans les années 1930 — ce qui donnait au lieu une froide ambiance de hall d’aéroport… —, la fresque a été restaurée, notamment à partir de photographies d’époque.

Pour s’offrir un petit moment de repos dans ce décor d’une grande beauté, on peut se poser au restaurant ou au bar situés tout en haut des escaliers pour déguster — luxe ultime — un verre de champagne. Ou un café accompagné d’un dessert…

Avec sa superficie de 3400 m2 qui fait de La Samaritaine le plus grand magasin d’Europe (depuis que l’Angleterre a quitté l’Union européenne), les options alimentaires ne manquent pas. Bar à caviar, boulangerie fine, pâtisserie avec macarons de toutes les couleurs…

Côté shopping, comme on dit à Paris, toutes les grandes marques de vêtements pour hommes et femmes sont présentes. Un étage complet est consacré aux chaussures. Un autre à la joaillerie.

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Ici, vêtements et accessoires sont exposés comme autant d’objets d’art.

Notre coup de cœur ? Le sous-sol, avec ses rangées de parfums, de crèmes et de soins de beauté. Le magasin dispose d’ailleurs d’un spa ; on n’a pas osé regarder la carte de prix…

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Un fauteuil invite les clients à se poser entre deux achats.

De fait, La Samaritaine est si vaste qu’on y offre des visites guidées d’une heure trente pour le prix de 15 euros. Intéressant pour ceux qui souhaitent obtenir plus d’informations historiques (sur le fondateur notamment), mais décevant pour ceux qui croyaient, comme l’auteure de ces lignes, avoir accès à des lieux fermés au grand public. Comme la fameuse terrasse qui coiffe le bâtiment. Jadis, les visiteurs venaient y prendre le thé en admirant les toits de Paris et la Seine. Aujourd’hui, la terrasse est à l’usage exclusif des clients de l’hôtel-palace Cheval Blanc, qui occupe désormais le bâtiment faisant face à la Seine. Dommage…

Consultez le site de La Samaritaine