(Tivoli) Privées de visiteurs en raison du coronavirus, nombre de localités italiennes vivant quasi exclusivement du tourisme s’inquiètent, comme Tivoli, près de Rome, qui abrite la Villa d’Este célèbre pour ses jardins et fontaines.

Arman SOLDIN
Agence France-Presse

« À Tivoli, l’impact négatif est évident, les villas (la Villa d’Este, mais aussi la Villa d’Hadrien, résidence favorite de l’empereur romain qui régna de 117 à 138, NDLR) sont fermées depuis maintenant plus d’un mois », se lamente le maire, Giuseppe Proietti, dans un entretien avec l’AFPTV.

Au-delà des sites eux-mêmes, c’est tout le tissu économique autour d’eux qui est affecté : « cela vaut aussi pour les restaurants, dans le centre historique, où les petites places sont remplies de terrasses de restaurants, toutes complètement fermées », explique l’édile.

Idem pour le secteur hôtelier, constate le président de l’association des structures d’hébergement de Tivoli, Pietro Conversi : « Sur 19 hôtels, seulement deux sont ouverts, les autres sont fermés, mais non du fait de la loi, simplement parce qu’il n’y a personne, pas de demande. Les petites structures sont elles toutes vides. »

« Vu le contexte, nous faisons très attention à tout. On ferme le plus possible l’eau et le gaz dans les maisons pour réduire les coûts. On cherche à comprendre comment on arrivera jusqu’à octobre », s’inquiète Pietro Conversi. « L’objectif est d’avoir une petite aide de l’État, mais en ce moment on ne nous parle que de taxes à payer et je ne sais même pas si on pourra le faire ».

PHOTO FILIPPO MONTEFORTE, AGENCE FRANCE-PRESSE

La Villa d’Este, cœur battant de la petite ville qui accueille jusqu’à 50 000 visiteurs par mois en haute saison, elle « souffre énormément [...] Nous encaissons une perte très importante en termes de visiteurs », confie son directeur Andrea Bruciati.

« Une année terrible »

Quant à la Villa d’Este proprement dite, cœur battant de la petite ville qui accueille jusqu’à 50 000 visiteurs par mois en haute saison, elle « souffre énormément [...] Nous encaissons une perte très importante en termes de visiteurs », confie son directeur Andrea Bruciati, qui supervise les activités de manutention aux quatre coins des jardins à bord de sa voiturette de golf. « Nous n’avons pas de rentrée d’argent en ce moment. 2020 sera donc une année terrible. »

La Villa d’Este, un monument public classé au patrimoine mondial de l’UNESCO depuis 2002, compte 4,5 hectares de jardins ornés de sculptures et de fontaines dont la paternité revient au cardinal Hippolyte d’Este, nommé gouverneur de Tivoli par le pape Jules III.

PHOTO FILIPPO MONTEFORTE, AGENCE FRANCE-PRESSE

La Villa d’Este, un monument public classé au patrimoine mondial de l’UNESCO depuis 2002, compte 4,5 hectares de jardins ornés de sculptures et de fontaines dont la paternité revient au cardinal Hippolyte d’Este, nommé gouverneur de Tivoli par le pape Jules III.

De 1550 à sa mort en 1572, il conçoit une résidence entourée de jardins en terrasses inspirées de la villa d’Hadrien toute proche, pillant au passage une grande quantité du marbre qui s’y trouvait.

« Les coûts d’entretien de ce type de monument sont très élevés, qu’ils soient ouverts ou fermés », constate amèrement Andrea Bruciati, à l’allure impeccable en chemise bleu ciel et cravate.

Le seul aspect positif de cette absence de visiteur est qu’elle permet au moins « l’entretien du réseau des fontaines et des espaces verts », tente de se consoler M. Bruciati, dont la voix est presque couverte par le fracas des eaux des fontaines et cascades. « On essaye au moins d’améliorer le site pour les visiteurs du futur. »