(New York) Les électeurs de Jersey City, une banlieue new-yorkaise, ont infligé une humiliante défaite à Airbnb, reflétant les efforts d’un nombre croissant de villes pour limiter les activités de la plateforme de partage de logements.

Agence France-Presse

Quelque 70 % des votants de cette ville de 270 000 habitants, séparée de Manhattan par le fleuve Hudson, ont approuvé mardi de sévères restrictions sur les locations de courte durée, selon des résultats quasi définitifs publiés mercredi.

Ces règles, qui imposent notamment l’obtention d’un permis et la présence du propriétaire sur le site, devraient réduire l’afflux de visiteurs via le géant de la location en ligne, accusé d’aggraver la crise du logement, de transformer des quartiers paisibles et de nuire au secteur hôtelier.

Le maire démocrate Steven Fulop a salué ce résultat, qui vient valider une ordonnance du conseil municipal adoptée en juin qu’Airbnb avait âprement contestée.

La plateforme avait rassemblé 20 000 signatures réclamant un vote populaire sur ce règlement, et dépensé plusieurs millions de dollars dans l’espoir de le faire annuler.

« Vous avez mené une campagne de désinformation à Jersey City, vous avez menti et dépensé 5 millions de dollars — et Jersey City vous a montré ce qu’elle pensait », a tweeté le maire à l’attention d’Airbnb après le vote.

La plateforme californienne, qui prévoit une entrée en Bourse à une date non précisée en 2020, a, elle, mis sa défaite sur le compte du lobby hôtelier new-yorkais.

« Depuis le début de cette campagne, nous savions qu’il allait s’agir d’un des combats les plus difficiles pour nous, avec la grande industrie hôtelière new-yorkaise décidée à combattre le partage de logements », a indiqué Christopher Nulty, porte-parole de la compagnie en démarrage dans un communiqué.

Cette défaite confirme les efforts de nombreuses villes — à commencer par les grandes métropoles touristiques comme New York, Paris, Berlin ou Barcelone — pour empêcher l’activité d’Airbnb.

Lancée en 2008, la plateforme, qui n’a pas l’obligation de publier ses résultats, était évaluée en 2017 à plus de 30 milliards de dollars.

Elle a affirmé fin septembre avoir dégagé un chiffre d’affaires de plus de 1 milliard de dollars au deuxième trimestre 2019, pour la deuxième fois depuis sa création.