Le Dakota du Sud cache l’une des merveilles naturelles les plus impressionnantes de l’Amérique du Nord : les Badlands. Ses innombrables formes étranges aux strates de couleurs variées donnent aux visiteurs qui découvrent le parc national américain l’impression de se retrouver sur une autre planète. Road trip d’un jour, dans ce lieu surréel.

Audrey Ruel-Manseau Audrey Ruel-Manseau
La Presse

Le réseau de ravins étroits, profonds et sinueux donne au terrain l’aspect et la forme de ruines. De fait, le terme badlands – « mauvaises terres » –  est utilisé pour désigner un terrain qui a été érodé au fil des ans par le vent et les eaux de ruissellement. Il en existe un peu partout sur la planète. On n’a qu’à penser aux badlands d’Aliano, en Italie, aux falaises des Vaches noires, en Basse-Normandie, ou au parc provincial Dinosaur, en Alberta.

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Visiter le site sans descendre de la voiture pour faire quelques randonnées et découvrir d’autres points de vue serait un sacrilège. Il y en a pour tous les niveaux : les sentiers aménagés vont de 400 m à 16 km de long. Puisque le mercure peut atteindre les 33 °C pendant l’été, mieux vaut prévoir les randonnées en matinée ou en fin de journée et ne pas oublier sa bouteille d’eau.

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La Notch Trail (sur la photo) est idéale pour les familles. Le sentier n’est pas très difficile (même s’il est classé « intermédiaire ») et l’échelle en billots de bois ajoute un défi amusant à l’activité. Il est aussi possible de faire une randonnée guidée avec un ranger dans le Sage Creek Wilderness Area, tous les vendredis, jusqu’au 23 août. La randonnée dure cinq heures et le départ se fait du camping Sage Creek. Il faut réserver sa place au moins 24 heures avant l’activité.

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Le jeu de couleurs qui s’offre aux visiteurs est essentiellement dû à une formation de couches de sédiments qui date de millions d’années, chacune représentant une page d’histoire. L’endroit est riche en fossiles ; certains remontent à l’oligocène, soit de 23 à 35 millions d’années.

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L’exploration de ce lieu aussi unique que magnifique se complète bien avec une visite du centre d’information Ben Reifel, où se trouve notamment le laboratoire de paléontologie. Ouvert au public, il permet aux visiteurs de voir des paléontologues en action. Le centre d’information présente également des expositions qui, bien que modestes, sont fort enrichissantes.

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Le relief des Badlands est en évolution permanente ; la terre s’érode de plusieurs millimètres chaque année ! Les Badlands sont constituées de roches sédimentaires et se trouvent principalement dans un climat aride où se forment des orages courts, mais intenses, qui facilitent la formation des rigoles et des ravines. La pluie d’un seul orage violent suffit souvent à dévoiler des fossiles qui n’étaient pas visibles le jour précédent.

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Le climat aride des lieux n’a pas empêché une faune diversifiée de s’y installer. Les visiteurs risquent fort de croiser des mouflons canadiens, qu’ils reconnaîtront à leurs lourdes cornes recourbées. Ces derniers cohabitent notamment avec de nombreux chiens de prairie, des bisons, des lynx, des renards, des putois à pieds noirs et bien d’autres mammifères et oiseaux.

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Situé dans le sud-ouest du Dakota du Sud, au nord des Grandes Plaines, le parc national des Badlands occupe une superficie de 980 km2. Une route circulaire – the Loop Road – permet de découvrir le parc à bord d’un véhicule en quelques heures, en fonction du nombre d’arrêts et de randonnées que vous voudrez faire.

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Les paysages sont encore plus sublimes le soir ou tôt le matin, quand la lumière dore les buttes et les flèches. Rien n’empêche de traîner dans le parc et d’y passer la nuit. Le parc possède deux campings : le Sage Creek Primitive et le Cedar Pass. Ce dernier est géré par le Cedar Pass Lodge, où la location de chalets en pin avec vue sur les Badlands est aussi proposée. Le camping Sage Creek Primitive est gratuit et fonctionne selon la règle du « premier arrivé, premier servi ».

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Il est aussi possible de faire du camping sauvage, à condition de respecter une liste de règlements. Par exemple, les campeurs doivent installer leur campement à au moins 800 mètres de la route et ne doivent pas être visibles des autres visiteurs qui l’empruntent. Ce type de campement est gratuit, mais l’accès au parc coûte 25 $ US par véhicule ou 12 $ US par personne (à vélo ou en randonnée). Ce permis est valide sept jours.

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Quand le soleil disparaît, le spectacle n’est pas pour autant terminé. La nuit est tout aussi impressionnante au cœur du parc, éloigné de toute pollution lumineuse. Pendant l’été, les rangers proposent des ateliers d’observation du ciel étoilé à l’aide de télescopes, à l’amphithéâtre du camping Cedar Pass. Et si une étoile filante traverse le ciel, on n’a qu’un souhait en tête, c’est d’arrêter le temps et de savourer le plus longtemps possible la quiétude de ce lieu d’une richesse indescriptible.

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Consultez le site du parc des Badlands (en anglais)