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Quatre jours aux Marquises

De mon bungalow, je peux admirer le mont... (Photo: Andrée Lebel, La Presse)

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De mon bungalow, je peux admirer le mont Temetiu dans l'île Hiva Oa.

Photo: Andrée Lebel, La Presse

Andrée Lebel
La Presse

«Le temps s'immobilise aux Marquises», chantait Brel. Situé à 1500 km de Tahiti (un vol de trois heures et demie), cet archipel de la Polynésie française demeure hors du temps. Même si ses habitants bénéficient de tout le confort moderne, ils ont gardé une authenticité déconcertante et continuent de vivre à leur rythme, selon leurs traditions. Des 12 îles de l'archipel (dont six sont habitées), j'ai visité les deux plus grandes: Hiva Oa (2000 habitants) et Nuku Hiva (2500 habitants).

Jour 1

Hiva Oa : 10h30

Le village principal de l'île, Atuona, n'a qu'un seul hôtel de 20 bungalows, construits à flanc de montagne. Au Hanakee Pearl Lodge, il suffit de dire ce qu'on veut faire et on vous concocte une activité sur mesure. Randonnées équestres, visites archéologiques, plongée ou excursions en bateau, c'est au choix. Je souhaite d'abord descendre au village et c'est nul autre que le directeur de l'hôtel qui m'y dépose.

Dans le joli cimetière qui surplombe le village, je m'arrête devant la tombe de Jacques Brel. Une simple pierre avec une plaque sur laquelle est gravé le portrait du chanteur et de sa compagne Madly. Les nombreux témoignages qui l'entourent sont émouvants. Quelques mètres plus loin, je suis tout aussi émue devant la tombe de Paul Gauguin, décédé aux Marquises en 1903.

En revenant vers le centre du village, j'observe des scènes de la vie quotidienne qui ressemblent étrangement aux peintures de Gauguin. Les modestes habitations sont entourées d'arbres fruitiers et de fleurs. La chaleur demeure supportable (moyenne annuelle de 26 degrés Celsius), mais le soleil tape très fort.

Je me réfugie à l'Espace culturel Paul Gauguin. Même sans tableaux originaux, ce musée donne une bonne idée de l'oeuvre du peintre et surtout de son passage en Polynésie. Viera et Claude-Charles Farina ont copié ses oeuvres avec l'accord des ayants droit, en respectant la technique et les matières qu'il utilisait. Il y a aussi des lettres, des reproductions numériques et des copies de ses sculptures sur bois. La maison du Jouir a été reconstituée, avec l'atelier du peintre à l'étage. Quelques artistes travaillent en bas tandis que des femmes enfilent de jolis colliers de graines, typiques des Marquises.

L'Espace Jacques Brel, où est suspendu l'avion Jojo, est une sorte de prolongation de l'Espace Gauguin. Des panneaux supportant des affiches de film, des paroles de chansons et des extraits d'entrevues retracent la carrière du chanteur que les Marquisiens connaissent surtout comme pilote d'avion. Ses chansons diffusées dans le hangar-musée créent une atmosphère de recueillement.

Dès que le soleil se couche derrière les montagnes, vers 18 h, les clients de l'hôtel se rassemblent sur la terrasse. Ne cherchez pas les boîtes de nuit ou les cinémas, il n'y en a pas. Le repas est excellent. Poissons et fruits de mer sont relevés avec du lait de coco et des sauces à la vanille. Vers 9 h 30, chacun regagne son bungalow. Il y a bien sûr une télé mais je préfère savourer le silence de la nuit, étrangement profond aux Marquises.

Jour 2

5 h 30 : Visites archéologiques

Je suis réveillée par le chant du coq. De la terrasse de mon bungalow, je regarde le mont Temetiu (1276 m), les falaises abruptes et la baie. Une lumière à la fois pure, douce et puissante fait briller les masses de verdure.

Ma journée sera consacrée aux visites archéologiques. Les premières installations humaines aux Marquises datent d'environ 700 ans av. J.-C. Chaque tribu possédait sa vallée et son lieu de culte.

Anna m'amène d'abord à Taaoa Upeke, pas très loin d'Atuona. Des terrasses étagées, de gros blocs de pierre, un autel de sacrifices et plusieurs tikis sont entourés de banians, ces arbres gigantesques qui secrètent une aura de mystère.

Nous prenons ensuite la direction du village de Puamau. Deux heures sur une piste carrossable plus ou moins entretenue, mais jalonnée de points de vue exceptionnels sur des baies, des vallées et des montagnes escarpées. En chemin nous croisons chevaux, cochons et chèvres en liberté. Les Marquisiens peuvent chasser à leur gré.

C'est à Oipona qu'on trouve le plus grand tiki de toute la Polynésie (2,35 m de haut). L'immense site comprend plusieurs autres tikis, diverses sculptures et même une table d'accouchement en pierre.

La piste étant éprouvante, nous faisons une pause sur une plage déserte avant de rentrer à l'hôtel pour le souper et la nuit. Demain matin, je prendrai l'avion pour Nuku Hiva, un vol d'une heure.

Jour 3

Nuku Hiva

Le Twin Otter atterrit sur un plateau dans la partie nord-ouest de l'île justement nommée Terre déserte. Il faut traverser l'île au complet avant d'arriver au village de Taiohae, le centre administratif de l'archipel. Le trajet d'environ deux heures permet d'admirer les profondes vallées et les falaises de roches basaltiques, noires et dénudées, qui donnent beaucoup de rudesse aux paysages. Le Keikahanui Pearl Lodge offre une vue sur la baie où mouillent plusieurs voiliers de vacanciers. L'un d'eux appartient à Vanessa, qui voyage depuis quatre ans avec son mari et leurs deux jeunes enfants. La famille a décidé de faire une pause aux Marquises et Vanessa travaille à l'hôtel depuis six mois. «Pour l'instant nous n'avons pas envie de bouger», dit-elle.

Dans l'île, on est sculpteur de père en fils et les oeuvres atteignent un raffinement exceptionnel. Le site archéologique Temehea, en bordure de la baie, est un véritable parc d'art vivant. Reconstitué en 1988 pour le festival des arts traditionnels marquisiens, il comprend aussi des sculptures de l'île de Pâques. L'ensemble est saisissant.

Les rencontres avec les artistes sont faciles. Pas besoin de rendez-vous, ils travaillent dehors, autour de leur demeure. Je trouve Edgar Tamarii en train de sculpter un immense plat, sous le manguier, au fond de son jardin. Depuis 30 ans, il cisèle des pièces massives dans du bois de tau. Un peu plus loin, Pierrot Keuvahana vient de finir d'emballer ses sculptures. Elles partiront demain pour être vendues à Tahiti. Comme la plupart des artistes marquisiens, il ne signe pas ses oeuvres. L'après-midi s'écoule tout doucement en leur compagnie.

19 h : Fête au village

Difficile de trouver plus authentique que ce spectacle présenté par des gens du village, sur la petite place à côté de l'école des Soeurs. Les femmes ont mis leurs belles robes fleuries et plusieurs portent une couronne de fleurs. Des danses marquisiennes comme celle de l'oiseau et celle du cochon sont exécutées de façon magistrale. Les enfants courent et dansent entre les spectateurs. Tous sont assis par terre, sauf cinq notables qui ont droit à une chaise. Il y a aussi des jeux et d'excellents plats, préparés par les femmes du village pour amasser de l'argent qui servira à entretenir l'église. C'est une fête joyeuse et sans prétention.

Jour 4

Rencontres inoubliables

Les Marquisiens partagent leur savoir avec générosité, en toute simplicité. Sophie m'apprend à enfiler des colliers de fleurs pendant que nous discutons des petits bonheurs de la vie. Quand je lui dis qu'à Montréal il faut acheter les fleurs, elle est incrédule. «Je mourrais», dit-elle.

Hara Raphael Ah-Scha, l'un des réputés tatoueurs de l'île, me parle avec passion de son art, profondément ancré dans la culture des Marquises où on a répertorié plus de 400 motifs. C'est là qu'on trouve les meilleurs tatoueurs de Polynésie.

Avec Jean-Pierre, j'apprends à préparer le ka'aku et la popoi, que nous mangeons ensuite à la polynésienne, c'est-à-dire avec les doigts.

Je comprends maintenant pourquoi Brel et Gauguin ont été séduits par les Marquises.

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Les frais de ce voyage ont été payés par la Maison de la France et Tahiti Tourisme. Transport assuré par Air Tahiti.




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