Moins connus que les châteaux de la Loire, les châteaux d'Auvergne sont plus rustres et discrets. Mais aussi authentiques et riches d'une profonde histoire. Donjon, créneau, meurtrière et pont-levis parsèmeront les visites des forteresses auvergnates. Vous y revivrez les batailles épiques des seigneurs du Moyen Âge ou dormirez dans une chambre accompagné du fantôme de la reine Margot.

Cécile Gladel LA PRESSE

En Auvergne, région du centre de la France dont Clermont-Ferrand est la capitale, chaque village et butte était autrefois coiffé d'un château. De différentes époques, mais les forteresses du Moyen Âge sont en plus grand nombre. Une histoire différente vous attend lors de chaque visite.

 

Si les volcans, le fromage et Michelin font la renommée de l'Auvergne, les châteaux racontent l'histoire de la région. Particulièrement ceux du Moyen Âge. L'activité préférée des comtes auvergnats et de leurs vassaux est alors de construire des châteaux forts pour se défendre. Jusqu'au XIIe siècle, ils ne reconnaissent pas l'autorité du roi de France. Ce n'est qu'en 1213 que Philippe Auguste rallie le comté d'Auvergne au royaume de France.

Certains existent encore, conservés, rénovés ou rebâtis au fil des siècles. Comme celui d'Opme, du XIIe siècle, gardien de la voie romaine entre Gergovie et Clermont-Ferrand, racheté, il y a 18 ans par un passionné, Philippe Durin. «Je l'ai visité durant mon enfance et mon rêve s'est finalement réalisé.»

Certains autres châteaux ont subi les affres du temps, de l'Histoire ou du cardinal Richelieu qui fit démanteler les châteaux forts auvergnats en 1629. On peut toutefois les visiter. Comme ceux d'Alleuze, magnifique dans son cadre enchanteur, ou de Billy, construit au XIIe siècle, propriété du village du même nom qui en prend jalousement soin.

Depuis 1967, c'est le conseil municipal du village de Billy qui le gère. Durant la visite d'une heure, une guide raconte l'histoire de ce château situé stratégiquement aux portes de l'Auvergne. Mais ce n'est pas tout, chaque année, la municipalité ajoute des activités. «En août prochain, nous organisons deux camps militaires sur l'histoire du château», souligne la mairesse adjointe, Annick Chovet.

Outre ce fait historique, les châteaux auvergnats ont déjà été au coeur de l'actualité. Le film Les Choristes a été tourné au château de Ravel, du XIIe siècle.

Par ailleurs, la reine Margot, alias Marguerite de Valois, a été retenue prisonnière au château d'Usson, dont il ne reste que quelques vestiges. Tout comme celui de Nonette, qui était relié à celui d'Usson par des passages souterrains.

La reine Margot a marqué l'histoire de la région. Le château de la Vernède, dans le village voisin d'Usson, Saint-Rémy de Chargnat, était son pavillon de chasse. Il est maintenant transformé en chambres d'hôtes.

Ce n'est pas le seul château où l'on peut dormir. Celui de Busset reçoit les visiteurs à partir de 120 $, mais c'est un tarif minimum.

Six circuits de la route des châteaux d'Auvergne permettent de découvrir les châteaux selon une logique régionale. Trois sont situés dans le département du Puy-de-Dôme, le plus choyé en nombre de châteaux. Mais les amateurs des châteaux plus «récents» du XVe siècle ou XVIIIe siècle comme celui de Parentignat seront aussi choyés.

_________________________________________________________________________

www.route-chateaux-auvergne.org

www.auvergne-tourisme.info