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Autogire : pilote d'un jour

Peu connu au Québec, l'autogire est pourtant un... (Photo Bernard Brault, La Presse)

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Peu connu au Québec, l'autogire est pourtant un fabuleux moyen pour concquérir les cieux.

Photo Bernard Brault, La Presse

(SAINT-LAMBERT-DE-LAUZON) Une microcoque toute vitrée en forme d'oeuf, coiffée de deux longues pales. Un moteur turbo au dos. Une queue à trois dérives, comme si le cockpit était suivi par un trio de requins. Avec son allure futuriste, l'autogire semble sorti tout droit d'un film de George Lucas.

Pourtant, cet étrange aéronef, encore peu connu au Québec, a été inventé il y a presque un siècle, en Espagne. «L'autogire se situe à mi-chemin entre l'avion et l'hélicoptère», explique Denis Anctil, propriétaire d'ULP Aviation. «Il a presque la maniabilité d'un hélicoptère, sauf que ses pales ne sont pas reliées à un moteur. C'est le vent créé par le déplacement de l'autogire qui les fait tourner. Et, comme l'avion, l'autogire a besoin d'une piste pour décoller.»

La piste de l'aéroport privé de Saint-Lambert-de-Lauzon, où ULP Aviation a ses quartiers, est en fait une large bande gazonnée, sillonnée par un tracteur à gazon dès notre arrivée. On est loin du tarmac de Montréal-Trudeau...

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Autogire

Photo Bernard Brault, La Presse

Devenir pilote

Bruno Anctil, fils du propriétaire, est chef instructeur et formateur. C'est lui qui accompagne les clients désireux de découvrir l'autogire. Les fanas d'aviation peuvent aussi choisir le forfait «Pilote d'un jour» dans le cadre duquel, après une formation théorique de 45 minutes, ils dirigent l'aéronef lorsqu'il atteint sa pleine altitude, entre 300 et 450 m.

Piloter un autogire? L'idée me tente. Je me glisse donc à l'avant de cette drôle de libellule en carbone et en fibre de verre. L'instructeur monte à l'arrière. Devant moi, des écrans, des boutons, des manettes. Guidée par Bruno, je déverrouille le câble qui retient le manche central et met l'appareil sous tension. Les écrans s'allument. Ici, la vitesse, là, le nombre de révolutions par minute. Je libère les freins... et laisse Bruno faire le reste.

C'est lui qui se charge de la délicate opération du décollage. Le moteur turbo gronde dans notre dos. Les pales tournent jusqu'à atteindre le bon régime: 220 tours à la minute. On roule - pas très longtemps - et nous voilà en plein ciel.

Premières impressions? Ça vibre, certes, mais moins qu'on pourrait le croire. Les virages se font tout en douceur. Pas de mal de l'air en vue...

Surtout, l'autogire offre une visibilité inégalée sur le décor qui se déroule à nos pieds. On longe la rivière Chaudière, gonflée par les pluies printanières. «Par temps plus sec, on voit les roches au fond de l'eau», dit Bruno. On passe au-dessus du village Scott, avec son clocher d'église qui brille. Au loin, on voit une poignée d'éoliennes plantées dans le coin de Lac-Etchemin.

Changement de cap. Le fleuve, l'île d'Orléans, le mont Sainte-Anne... Que dire? C'est beau. Incroyablement beau.

«On pourrait voler combien de temps comme ça, Bruno?

- Trois heures environ.»

C'est à mon tour de prendre les commandes pour quelques virages. Petite pression vers la gauche sur le manche. L'autogire penche doucement vers la gauche. Manche au centre, puis petite pression vers la droite. L'appareil se stabilise. Pour un pilote d'expérience, c'est l'enfance de l'art. Pour un néophyte, c'est carrément grisant! Mais pas dangereux pour autant. À la manière d'une auto-école, l'autogire est doté de deux systèmes de commandes. L'instructeur a donc toujours la main sur le manche, prêt à parer tout faux mouvement.

Fin de journée tragique

Un faux mouvement: peut-être est-ce ce qui a abouti, ce jour-là, à un drame. En effet, encore grisés par nos envolées, mon collègue photographe Bernard Brault et moi avons assisté à une scène tragique. Un pilote en formation a connu des ennuis lors du décollage et son autogire privé s'est écrasé sur le sol, sous nos yeux. Le pilote, Normand Giroux, est mort avant son arrivée à l'hôpital. Il était seul à bord. On ignore toujours les raisons de l'accident; le Bureau de la sécurité dans les transports fait enquête.

La grande question qu'on nous pose depuis ce funeste événement: monterions-nous de nouveau dans un autogire? Réponse: en compagnie d'un instructeur certifié, sans hésiter.

ULP Aviation offre des forfaits Découverte et Pilote d'un jour, tant en autogire qu'en ultraléger motorisé. Durée de vol en autogire: 30 minutes ou une heure, selon le forfait choisi. Poids maximal: 109 kg. Prix: 194,95$ pour le vol de découverte; 394,95$ pour le forfait Pilote d'un jour.

Info : www.ulpaviation.com




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