John Huff correspond exactement à l'image qu'on se fait d'un pêcheur à la mouche: un anglophone qui porte un chapeau beige à large rebord et qui s'exprime doucement, comme pour ne pas effrayer les poissons. Il connaît toutes les rivières de la Gaspésie et a même déjà taquiné le saumon avec le légendaire Richard Adams, un guide de pêche de réputation internationale. Avec un tel instructeur, une leçon de pêche à la mouche ne risque pas d'être ennuyeuse!

Publié le 16 mai 2011
Simon Diotte LA PRESSE

Depuis une quinzaine d'années, John Huff enseigne les rudiments de ce sport aux clients du Fairmont Kenauk, le territoire de chasse et pêche du Château Montebello, en Outaouais. Les leçons techniques durent en général une demi-journée, suivies d'un après-midi où l'on passe de la théorie à la pratique, sur l'un des nombreux plans d'eau de cette immense pourvoirie de 265 km2.

Mais la pratique de la pêche à la mouche exige tellement de connaissances techniques que John Huff consacre souvent des week-ends entiers à l'enseigner. «La beauté de cette pêche, c'est qu'on ne sait jamais tout. C'est tellement vaste que même après 30 ans d'expérience, j'ai encore beaucoup à apprendre», dit l'instructeur, qui ne s'exprime qu'en anglais.

Notre point de rendez-vous, le lac du Poisson Blanc, là où l'on retrouve une plage et surtout, un espace gazonné pour pratiquer le fameux «swing» du lancer à la mouche. La leçon commence par la présentation de l'équipement du moucheur: type de canne, moulinet, soie flottante ou plongeante, bas de ligne, etc., sans oublier le chapeau, qui n'a pas juste comme fonction de protéger du soleil, mais aussi de constituer une armure contre les hameçons virevoltants des novices!

S'ensuit le cours sur le lancer, le geste le plus important du pêcheur. À mon grand étonnement, dans un espace à découvert, la maîtrise de cette technique s'avère plus facile qu'il n'y paraît.

Après une bonne demi-heure de lancers (sans hameçon, pour éviter les accidents), on s'attaque à la partie la plus fastidieuse, du moins pour un débutant, de ce sport: les noeuds. Surtout quand le froid nous gèle les doigts. On comprend vite pourquoi les gens de la haute société ne partent jamais sans leur guide! On passe en revue les trois indispensables: le baril, le chirurgien et le «clinch». «Pour devenir un vrai moucheur, il faut les pratiquer à la maison», m'avertit John Huff. Des heures de plaisir en perspective...

Dernière étape, on passe à la loupe les types de mouches. Grosso modo, elles se classent en deux catégories: les mouches imitant des proies animales et des mouches qui n'imitent... rien du tout. «Ce sont des mouches que les poissons aiment manger, même si on ne sait pas pourquoi», dit M. Huff. Heureusement, nul besoin de connaître les 10 000 types de mouches pour s'amuser. Suffit d'en posséder une seule, la «wooly bugger», pour connaître de belles pêches, car les truites et les saumons en raffolent. En après-midi, sur le lac Mills, j'en ai eu la preuve, où j'ai eu la chance de livrer de nombreux combats!

Il en coûte 400$, pour une ou deux personnes, pour suivre une leçon de pêche à la mouche d'une journée au Fairmont Kenauk, équipement et droit de pêche inclus.