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Exploiter la carte des musées à Montréal

Nathalie Bondil, directrice du Musée des beaux-arts de... (Photo MARCO CAMPANOZZI, archives La Presse)

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Nathalie Bondil, directrice du Musée des beaux-arts de Montréal

Photo MARCO CAMPANOZZI, archives La Presse

Vous venez passer une longue fin de semaine à Montréal ce printemps? Profitez-en pour voir quelques expositions, aller entendre l'Orchestre symphonique et assister à un spectacle de cirque.

Voilà le genre de promotion touristique que Nathalie Bondil, directrice et conservatrice du Musée des beaux-arts de Montréal, souhaiterait pour la métropole. Celle-ci estime qu'on met essentiellement l'accent sur l'été et ses festivals, au détriment de la saison culturelle qui, elle, s'étend de septembre à mai. «On surinvestit sur une période estivale, c'est une distorsion de la vue», affirme-t-elle, soulignant tout de même que la saison des festivals reste un atout majeur pour la ville.

C'est au cours d'une brève allocution prononcée lors d'un événement organisé par la Chaire de tourisme Transat-UQAM que la patronne du Musée des beaux-arts a déclaré qu'en faisant la promotion des activités culturelles qui se déroulent l'automne, l'hiver et le printemps, il serait possible d'aller chercher des visiteurs de proximité qui viennent passer quelques jours à Montréal.

«Ce que l'on voit de plus en plus dans le monde, ce sont surtout des villes qui se vendent pour de longs week-ends», a-t-elle ajouté ensuite en entrevue à La Presse. Mme Bondil s'explique donc mal pourquoi la métropole ne joue pas cette carte.

Questionnée à ce sujet, Francine Lelièvre, directrice générale du musée Pointe-à-Callière, croit elle aussi qu'il est grand temps de mettre davantage l'accent sur les institutions muséales quand vient le temps d'attirer des visiteurs chez nous.

«C'est sûr qu'il y a des efforts qui sont faits. Mais pour l'année 2017, l'accent a été mis sur les activités éphémères. Tourisme Montréal met surtout l'accent sur Montréal, ville festive. Il serait peut-être temps dans l'avenir d'élargir.»

Elle estime que les musées présentent souvent des expositions d'envergure qui deviennent des destinations en elles-mêmes. «On a eu les Grecs et Agatha Christie», cite-t-elle notamment en exemple. Même son de cloche du côté du Musée d'art contemporain (MAC) où Anne-Marie Barnard, directrice du marketing et des communications, rappelle le succès qu'obtient l'exposition Leonard Cohen: Une brèche en toute chose. Présentée depuis novembre 2017, cette exposition a attiré jusqu'à maintenant 141 000 visiteurs.

Selon les chiffres comptabilisés par le MAC l'automne dernier, 28 % des visiteurs provenaient de l'étranger (à l'exception des États-Unis), alors que les Américains représentaient 18 % des gens venus arpenter les salles d'exposition. Le musée Pointe-à-Callière a pour sa part accueilli en 2017 quelque 462 000 personnes, soit une augmentation de 23 % par rapport à l'année précédente.

À Tourisme Montréal, Pierre Bellerose, vice-président aux relations publiques, assure que son organisme veut s'attaquer à la «saison morte» de novembre à mars. Il souhaite pouvoir développer des projets avec l'Orchestre symphonique de Montréal (OSM), par exemple. «Les institutions culturelles vivent des années records, reconnaît-il. Et 80 % des gens en vacances veulent faire des activités en lien avec la culture et le patrimoine.»

Des initiatives

Et pour que les Québécois, les gens de l'Ontario ou encore ceux du nord-est des États-Unis aient envie de venir se promener dans les rues de la ville, de visiter des musées et d'assister à un spectacle le temps d'un court séjour, Nathalie Bondil croit que plusieurs initiatives peuvent être mises de l'avant. Elle propose notamment d'organiser un grand événement pour lancer la saison culturelle auquel participerait l'ensemble des institutions montréalaises, des têtes d'affiche, des politiciens, etc.

La directrice du Musée des beaux-arts estime aussi qu'il faudrait bonifier le Passeport MTL Culture, sorte de carte donnant des rabais pour certains événements.

«Après 2017, il ne faut pas avoir la gueule de bois, insiste-t-elle. On n'est pas une ville internationale pendant l'été et une ville de province quand arrive l'hiver.»




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