Des poissons gros comme des baleines sautent autour du bateau. En décollant de l'aéroport d'à côté, des avions frôlent le mât. Le soleil se couche lentement et après le rouge et l'orange vient le noir, avec les lumières qui s'allument sur le rivage. À ce moment-là, on pourrait être n'importe où: dans les Caraïbes, dans le Pacifique... Mais la vue qu'on avait sur l'oratoire Saint-Joseph, le mont Royal et la tour de l'Université de Montréal, quelques minutes plus tôt, le trahit: nous sommes plutôt sur le lac Saint-Louis, dans l'ouest de l'île de Montréal.

Mis à jour le 14 juill. 2011
Hugo De Grandpré LA PRESSE

L'École de voile 4 vents, installée à Pointe-Claire et Baie-D'Urfé, l'été, et dans les Caraïbes, l'hiver, est l'une des rares entreprises de la région de Montréal à offrir ce genre de balades. Sorte d'hybride entre la croisière et le cours de voile sans le stress des examens, «l'activité Coucher de soleil est conçue dans une perspective de formation, d'initiation à la voile», explique son propriétaire, fondateur et instructeur, Pierre Ricard.

Concrètement, ça donne trois heures de navigation à bord d'un quillard d'un peu plus de 20 pieds, dans une ambiance dépaysante et à une demi-heure du centre-ville. Pour le reste, ça dépend d'Éole, comme se plaît à le dire le marin: la sortie sera sportive s'il vente. Sinon, jaser en laissant le bateau filer, avec une bouteille de blanc au frais dans le cockpit est loin d'être désagréable, surtout après une journée de travail. Le tout, évidemment, agrémenté de manoeuvres et de quelques conseils et explications...

Des cours aux croisières

Avec le Saint-Laurent, le lac Saint-Louis et le lac des Deux-Montagnes, Montréal est choyé pour les sports nautiques comme la voile. Le site web de la Fédération de voile du Québec (FVQ) présente un tableau des écoles et clubs membres, qu'on peut trier par région. Pour Montréal et la Montérégie, on en compte une vingtaine. Elles vont du chic Yacht-Club Royal Saint-Laurent, avec son bar, ses courts de tennis et ses cotisations, aux plus petites écoles à vocation beaucoup plus pédagogique, comme Ynot Sailing.

L'offre, elle aussi, varie. Certains n'ont pas de bateau de plus de 16 pieds, comme l'École de voile de Lachine. Là-bas, on peut louer des voiliers ou se jumeler avec quelqu'un qui en a loué un, mais qui a besoin d'un équipier; ou suivre des cours. L'École de voile Premier vent offre des activités d'initiation à la voile sur des quillards (lire: les beaux voiliers avec une cabine). Il s'agit alors d'embarquer une ou deux journées, parfois en compagnie de groupes qui suivent un stage plus poussé.

Suivre une formation en bonne et due forme est une autre option pour arriver à naviguer dans les environs de Montréal, surtout quand on n'a pas la chance d'avoir son propre bateau. Ça a aussi l'avantage de nous rapprocher du moment où on pourra louer ou acheter notre propre embarcation. Certaines entreprises, comme Navtours, qui possède des flottes au lac Champlain et ailleurs dans le monde, envisagent de vous louer un quillard à partir du moment où vous complétez le brevet de croisière élémentaire de la formation accréditée par la FVQ ou son équivalent canadien. Plusieurs entreprises inscrites dans la liste de la fédération offrent ce brevet élémentaire. Mais c'est plus dispendieux et surtout, plus long: quelque 600$, pour environ quatre jours de cours.

Bref, malgré la diversité de l'offre, ne va pas nécessairement faire de la voile qui veut à Montréal. Et la réputation d'un sport trop cher, trop rigide ou trop peu accessible se confirme parfois...

D'où l'intérêt pour des activités comme celle du coucher de soleil de l'École de voile 4 vents: pour 45$ par personne - moins cher qu'une partie de golf -, ici, on fait de la voile, simplement et pour le plaisir. Après tout, l'expérience vient en naviguant.