Plus de 80 îles sauvages sur un plan d'eau de 25 km de long, des emplacements de camping isolés cachés sous des forêts de pins, des plages sablonneuses pour se baigner en eau pure et des paysages d'une beauté saisissante. Le parc régional du Poisson Blanc mérite amplement une petite escapade cet été.

Simon Diotte, collaboration spéciale LA PRESSE

À Notre-Dame-du-Laus, une petite municipalité de 1500 habitants située à une soixantaine de kilomètres au sud de Mont-Laurier, de jeunes passionnés se démènent depuis des années pour mettre en valeur le réservoir du Poisson Blanc, un vaste plan d'eau parsemé de 80 îles vierges et encerclé de collines. Leur but: protéger la beauté des lieux et en faire une destination écotouristique de grande envergure.

Après des années de planification et de développement, leur acharnement porte maintenant ses fruits. Le parc, créé officiellement en 2009, possède depuis août dernier son bureau d'accueil dans un bâtiment certifié «LEED Or», dispose d'une flotte d'embarcations en location (canots et kayaks) et propose des séjours en tentes prospecteur. On peut aussi y réserver des emplacements de camping en ligne. «On est maintenant prêts à passer à la vitesse supérieure», affirme Jérémie Gravel, responsable des opérations.

L'activité vedette de ce trésor caché, qui partage son territoire entre les Laurentides et l'Outaouais, c'est la pratique du canot-camping. À partir du Bastion, la porte d'entrée du Poisson Blanc, les canoteurs mettent le cap au sud pour découvrir toutes les richesses de ce plan d'eau artificiel, long de 25 km et large de 4 km, créé par la construction du barrage des Cèdres, en 1929.

Le parc compte une cinquantaine d'emplacements de camping, aménagés sur des pointes sablonneuses ou sur des caps rocheux dominant les eaux, pour accueillir les campeurs pour une nuitée ou plus à la belle étoile. Chaque emplacement est isolé, assurant une quiétude totale à ses occupants. «Tous les sites sont à usage exclusif, c'est-à-dire que personne d'autre que votre groupe ne peut l'occuper», explique Jérémie Gravel. Si vous cherchez une île déserte pour jouer aux joyeux naufragés, c'est ici que vous allez la trouver.

Récifs, falaises et collines constituent un décor féerique où pagayer, avec un minimum de traces de civilisation. Ici et là, des haltes publiques aux plages sablonneuses invitent au repos et à la baignade. L'eau y est d'une clarté hallucinante. On y voit à plusieurs mètres de profondeur. La tentation de sauter à partir de ses innombrables caps est irrésistible. Vous avez besoin de faire une pause? Accostez pour arpenter de courts sentiers donnant accès à des points de vue spectaculaires.

L'attrait du réservoir du Poisson Blanc ne date pas d'hier. Depuis une vingtaine d'années, canoteurs et plaisanciers profitent de ses îles pour bivouaquer. Mais par le passé, cette pratique, réalisée de façon anarchique, a fini par endommager sérieusement les lieux. «Les gens y laissaient leurs déchets, coupaient du bois et faisaient des feux n'importe où, saccageant l'environnement», raconte M. Gravel.

La municipalité de Notre-Dame-du-Laus et la MRC d'Antoine-Labelle ont réalisé, au début des années 2000, que la situation ne pouvait durer - d'où la création du parc régional. Au début, on a procédé à un nettoyage intensif des îles, y retirant des tonnes de déchets (pneus, conserves, barbecues et même un vieux congélateur).

Aujourd'hui, l'encadrement du camping protège les écosystèmes. «La capacité de support de chaque île a été longuement étudiée», précise Jérémie Gravel. Une grande partie de territoire est maintenant englobée dans un projet de réserve de biodiversité par le gouvernement du Québec.

Gratuité

Camping gratuit ou payant? Le parc régional offre deux possibilités à ses explorateurs. Comme on s'en doute, les emplacements payants possèdent une «valeur ajoutée», avec toilette sèche, table à pique-nique et livraison de bois, sur demande, pour les feux de camp. «De plus, on s'assure, le jour de votre arrivée, que le site est propre», dit Thierry Clément, responsable du service à la clientèle. Les réservations sont obligatoires pour les occuper.

Pour les emplacements à accès libre, c'est la logique du «premier arrivé, premier servi» qui prévaut. Aucune réservation n'est possible. Sur place, on n'y trouve que des rondins en guise de chaises et des latrines - un baril avec un trou dedans - comme lieu d'aisance. «Les longs week-ends de l'été, si vous cherchez un site gratuit, vous risquez de pagayer longtemps», prévient Thierry Clément.

En plus de son secteur nautique, le parc régional du Poisson Blanc possède aussi une portion terrestre, à 5 km du poste d'accueil, où il est possible de partir à la conquête de la montagne du Diable (à ne pas confondre avec l'«autre» montagne du Diable, située à Ferme-Neuve). Sept kilomètres de sentiers pédestres sillonnent le plus haut sommet de la région, qui culmine à 520 m d'altitude. À partir des différents belvédères, les randonneurs profitent d'une vue d'ensemble sur le lac du Poisson Blanc et ses îles. Après une bonne randonnée, profitez de la plage au pied de la montagne.

En route, arrêtez-vous à la charcuterie artisanale Le Cerpail. Son propriétaire, Alain McLaughlin, prépare de délicieuses saucisses, du jerky de boeuf maison et d'excellents filets de truite fumée. Sa boutique se trouve sur le chemin menant au bureau d'accueil du parc régional du Poisson Blanc (55, chemin du Poisson Blanc, 819-767-2072)

Parc régional du Poisson Blanc: 37, ch. de la Truite, Notre-Dame-du-Laus, 819-767-2999 ou www.poissonblanc.org