Cinq minutes après le départ, nous voilà déjà coincés dans une mare de boue. Malgré ses 300 chevaux-vapeur et ses quatre roues motrices, le Jeep se borne à projeter de la boue sur le pare-brise. Avance, recule, avance, rien n'y fait. Pour les amateurs de conduite hors route, ce genre de situation, c'est le comble du bonheur!

Publié le 22 mai 2011
Simon Diotte, collaboration spéciale LA PRESSE

Depuis l'an dernier, Alexandre Saey, passionné de la conduite hors route, invite les téméraires à s'aventurer dans les chemins les moins fréquentés de la municipalité de Saint-Hippolyte, à 45 minutes de Montréal, à bord de l'un des quatre authentiques Jeep d'Aventure plein air Saint-Hippolyte. De grosses machines aux pneus énormes qui grimpent sur les obstacles comme des fourmis.

Et quand les visiteurs s'embourbent, Alexandre Saey ne se complique pas la vie pour les sortir du pétrin. Il attache le câble du treuil sur son 4X4 et le véhicule retrouve instantanément sa liberté. Et hop! On repart à l'aventure pour défier les éléments de la nature: roches, pentes très inclinées, trous de boue, troncs d'arbres et ruisseaux. Deux heures à faire subir les pires épreuves à nos 4X4, dans ce qui s'apparente à une véritable course à obstacles.

La particularité des Jeep de l'endroit, c'est que ce sont des véhicules sans toit ni portes qui permettent un contact plus direct avec la nature... et les mouches. «Ce sont des modèles qui datent des années 70, des copies quasi conformes des Jeep qu'utilisaient les Américains lors de la Seconde Guerre mondiale», explique Alexandre Saey. Bref, une aventure qui permet aussi un voyage dans le temps, nazis en moins!

Deux options s'offrent aux clients: embarquer uniquement comme passager ou prendre le volant. «Ma clientèle est extrêmement variée. Ça va du groupe de gars qui font un enterrement de vie de garçon et qui veulent se salir à l'extrême jusqu'aux personnes à mobilité réduite, qui désirent se promener en forêt, où on leur fait voir des barrages de castors et des points de vue en montagne», dit M. Saey.

Avant le départ, on se sent nerveux comme pilote, mais le guide qui nous accompagne nous met rapidement à l'aise. Le mot-clé dans la conduite hors route: la constance. Il faut toujours avancer, à une vitesse régulière, pour surmonter les obstacles. C'est quand on arrête qu'on enfonce et que les roues bloquent. Autre truc pour éviter les pièges: suivre les traces du véhicule qui nous a précédé. Pas sorcier!

Malgré les petits trucs, notre terrain de jeu est si accidenté que nous allons devoir utiliser les treuils à de nombreuses reprises. Même le pro du hors route, Alexandre Saey, restera prisonnier des éléments à quelques occasions. «Pour des maniaques comme lui, on n'a pas atteint le maximum de plaisir tant qu'on n'a pas brisé une pièce!» me confie mon guide, Frédéric Neumann.

La beauté de l'affaire, c'est que les Jeep sont des véhicules faciles à réparer, possédant des pièces mécaniques plutôt qu'électriques. Autrement dit: pas besoin d'un ordinateur pour comprendre ce qui ne va pas. Et c'est du solide. Quand on frappe une roche et que ça fait bang, on ne craint pas de recevoir immédiatement une facture pour réparer les essieux cassés!

Pour vivre cette expérience, il en coûte 129$ par personne pour embarquer comme passager et 299$ et plus pour se mettre à la place du conducteur. Les excursions, de deux à quatre heures, partent de l'Auberge du lac Morency.

Info: www.aventurespleinair.com