Certains chiffres comptent plus que d'autres quand vient le temps de planifier ses vacances. Comme celui-ci: 8,5 km, la longueur de la plage de sable fin de la Grande Échouerie, une enclave paradisiaque des Îles de la Madeleine que l'on hisserait sans peine dans le top 10 des plus belles du pays. Et où - vive la tranquillité! - on ne compte pas les visiteurs par dizaines de milliers.

Violaine Ballivy LA PRESSE

Son nom le laisse craindre, mais la plage de l'Échouerie n'a rien d'un cimetière désolant de bateaux de pêcheurs rejetés sur la côte par une violente tempête. L'Échouerie, c'est aussi ainsi que l'on baptise l'endroit où viennent se reposer (s'échouer, donc) sur de gros blocs de pierre plate les troupeaux de phoques et où venaient aussi, avant qu'ils ne soient exterminés par une chasse excessive à la fin du XVIIIe siècle, les morses. Un site complètement sauvage, où la nature semble encore avoir le dessus sur la présence humaine. Rare. Il faut dire que la plage est protégée par Parcs Canada et fait partie de la réserve nationale de faune de la Pointe-de-l'Est. Aucune construction n'y est permise.

C'est donc pour le calme, le vrai, que l'on se rend jusqu'à son point d'entrée, Old Harry, dans un secteur moins touristique du nord-ouest de l'archipel. Les restaurants, hôtels et boutiques de souvenirs se comptent sur les doigts d'une main dans le village d'importance le plus proche, Grande-Entrée. La nature a habilement opposé le rouge des falaises au vert des herbes et au bleu des vagues. Le sable doré est fin. Les algues s'y font rares, les rochers aussi, si bien que l'on peut marcher des heures sans autre obstacle que la fatigue des jambes.

La récompense des efforts n'est pas inintéressante: à l'une des extrémités, avec des jumelles, on peut même avoir la chance de voir des phoques s'amuser dans le fleuve, à défaut d'y aller aussi si l'on craint l'eau fraîche. D'ailleurs attention: il faut être très prudent lorsque soufflent très fort les vents, la mer peut être très agitée et les courants dangereux.

Mais on peut aussi profiter du fait que le littoral est large, assez pour s'improviser un terrain de volleyball, un autre de badminton et un village entier de châteaux de sable sans craindre de priver ses voisins d'espace. Le chiffre sans doute le plus important à retenir de la Grande Échouerie n'en est pas tout à fait un: l'infini.

Ce qu'on a aimé

Le sentiment d'isolement et le caractère très sauvage de cette plage. Il va sans dire que sa propreté est sans reproche.

Ce qu'on a moins aimé

Ce n'est pas tout à fait un bémol, mais une donnée à prendre en considération: les îles de la Madeleine ne sont pas tout près! Il faut prendre l'avion, le bateau ou le traversier pour y aller, et donc avoir le temps et les moyens.

Plage de la Grande Échouerie

Prix: 4$ pour le stationnement, le seul payant de l'archipel. En échange, on a accès à des toilettes et des douches, et une petite aire de pique-nique.

À faire après la plage

Visiter Grande-Entrée, habitée en permanence et très peu développée encore aujourd'hui. Elle a été désignée capitale du homard en 1994. Son port est l'un des plus occupés avec une centaine de bateaux de pêcheurs colorés. Passez les voir décharger leurs prises du jour: impressionnant!

Visiter la Réserve nationale de faune de la Pointe-de-l'Est, paradis pour des ornithologues où l'on recense 150 espèces d'oiseaux, dont certaines en péril comme le pluvier siffleur. Des agences de plein air y offrent des visites guidées, mais l'on peut aussi parcourir seul les huit kilomètres de sentiers de randonnée aménagés dans les marais aux abords de la plage.

Où casser la croûte?

Le choix est restreint, mais cela ne veut pas dire qu'il est décevant. Le bistro Alpha, du plongeur et caméraman Mario Cyr, sert dans une ambiance conviviale un menu abordable aux saveurs de la mer et autres produits du terroir: raviolis au homard, pizza aux palourdes et Tomme des demoiselles, salade au maquereau fumé. Bières locales. Parfait après une journée à la plage.

898, route 199, Grande-Entrée. 418-985-2422. En saison: tous les jours de 8h à 20h.

Où dormir?

À la Salicorne, un centre de vacances où l'on trouve à la fois de l'hébergement, un restaurant et un éventail d'activités guidées. Les chambres de l'auberge sont grandes et propres, avec des salles de bains modernes (les installations ont été rénovées en 2008), auxquelles s'ajoutent 23 terrains de camping, avec ou sans service. Des forfaits avec le petit-déjeuner et le souper sont aussi offerts. Vue remarquable. Une très bonne option pour les familles.

377 Route 199 Grande-Entrée

(418) 985-2833

www.lasalicorne.ca