En juin 2014, si tout va bien, il sera possible de se rendre tous les jours dans les petites communautés isolées de la Basse-Côte-Nord

Pierre-Marc Durivage LA PRESSE

La Basse-Côte-Nord de village en village

La Coopérative de solidarité en tourisme équitable de la Minganie et de la Basse-Côte-Nord (CoSte) veut assurer l'accès pour les touristes aux 15 communautés de la côte, anglophones, francophones et innues. Une première navette maritime rapide partira de Natashquan ou de Kegaska - ce dernier village sera relié à la route 138 dès cet été - et devrait permettre d'atteindre Tête-à-la-Baleine en une demi-journée. La deuxième navette arrivera au même endroit, mais en partant de Blanc-Sablon.

«Ça va révolutionner l'offre touristique en Basse-Côte-Nord, s'enthousiasme Annette Marcoux, directrice générale de la CoSte. Sur le terrain, le projet est très bien accueilli.»

En effet, pour l'instant, le seul moyen de visiter la Basse-Côte-Nord est de monter à bord du navire ravitailleur du Groupe Desgagnés, qui fait chaque semaine l'aller-retour entre Rimouski et Blanc-Sablon. Le mandat principal du navire n'est toutefois pas de faire découvrir la région aux visiteurs. Il doit avant tout ravitailler les communautés de la côte et assurer le transport des 6000 personnes qui y vivent. Il y a bien à bord du navire un représentant de la coopérative qui propose des excursions aux passagers qui veulent découvrir les municipalités où le bateau s'arrête, mais on parle de visites éclair de tout au plus trois heures, le temps qu'il faut pour faire la manutention des marchandises au quai.

«On sait que l'horaire ne convient pas au développement touristique», reconnaît Mme Marcoux.

Par exemple, un visiteur qui veut se rendre à Terre-Neuve ou au Labrador en passant par la Basse-Côte-Nord ne peut pas arrêter à Tête-à-la-Baleine ou à Harrington Harbour pendant quelques jours. Le choix se résume à deux heures ou une semaine complète. L'ajout d'une navette maritime permettra donc une flexibilité jusque-là impossible.

La navette maritime envisagée est une espèce de gros canot pneumatique à coque d'aluminium recouverte d'un habitacle étanche et qui peut filer jusqu'à 40 km/h dans des conditions idéales. Elle a une capacité de 40 passagers, mais on veut au départ limiter l'accès à une douzaine de personnes - «pour respecter la capacité d'accueil du milieu», explique Mme Marcoux. Le coût du projet est de 1 million de dollars, et Tourisme Québec a été sollicité à hauteur de 80% du financement total. Le reste doit provenir du milieu.