Paysages grandioses; faune et flore diversifiées. À l'instar des autres parcs nationaux du Québec, le parc du Lac-Témiscouata est niché dans un écrin naturel d'une grande beauté. Pourtant, le dernier-né des Parcs Québec baigne dans une ambiance unique, presque sacrée, marquée par une histoire millénaire.

Stéphanie Morin LA PRESSE

Depuis 10 000 ans, des hommes voyagent, travaillent et vivent sur ce territoire. Depuis les premières populations humaines venues en Amérique en pleine période glaciaire jusqu'aux entreprises forestières encore présentes au milieu du XXe siècle, les humains ont laissé leurs empreintes - parfois leurs légendes - sur le parc.

Plus encore que le majestueux lac Témiscouata ou la faune très riche des monts Notre-Dame, c'est donc l'histoire qui frappe, qui happe les visiteurs de ce parc pas tout à fait comme les autres.

Impossible d'échapper à cet envoûtement lorsqu'on s'arrête au Jardin des mémoires, sur les rives de la rivière Touladi. D'ici, on voit les estacades érigées sur la rivière pour bloquer la pitoune des compagnies forestières et au loin, la Montagne-de-Chert, un lieu qui a attiré les premiers Amérindiens d'il y a 10 000 ans.

«Les affleurements de chert constituaient un pôle d'attraction important pendant la préhistoire, explique Patrick Eid, archéologue au parc. C'était un peu la quincaillerie de la préhistoire. Les Paléo-Indiens utilisaient le chert pour fabriquer les outils indispensables à leur survie.»

Le passage de Grey Owl

Le territoire a aussi servi de couloir de circulation pendant des millénaires. Les Amérindiens, puis les trappeurs blancs empruntaient le fleuve Saint-Jean et le lac Témiscouata pour rejoindre le fleuve Saint-Laurent à partir de la baie de Fundy. Le célèbre Grey Owl, ce Britannique qui a passé sa vie adulte parmi les Amérindiens, a aussi vécu trois ans dans le secteur, de 1928 à 1931. C'est ici qu'il a commencé son travail pour préserver l'habitat du castor.

La présence humaine a été à ce point importante dans le secteur que le parc compte 44 sites archéologiques, dont plusieurs ont été découverts lors de l'aménagement des infrastructures. On peut d'ailleurs participer aux efforts de recherche en secondant les archéologues dans leurs fouilles. Une expérience inoubliable.

Plein air et faune

Plusieurs autres activités sont proposées pour découvrir - à pied, à vélo ou en canot - la richesse naturelle du parc. Car richesse il y a.

Pas moins de 80% du parc font partie d'un immense ravage de chevreuils et les chances d'apercevoir le cervidé sont excellentes. Les entomologistes ont aussi de quoi s'émerveiller: on compte ici la plus grande diversité de libellules du Québec, avec 63 espèces. Et certains écosystèmes forestiers sont uniques pour la région.

Bref, 10 000 ans après le passage des premiers humains, le lac Témiscouata et ses environs exercent toujours un grand pouvoir de séduction.

Les frais de voyage de ce reportage ont été payés par la SEPAQ.

Photo fournie par la SEPAQ