Les différents acteurs du tourisme au Québec ne s'entendent pas quand vient le temps de qualifier l'été qui vient de passer à Montréal. A-t-il été bon, ou pas, côté touristique?

Marie-Eve Morasse LA PRESSE

À Québec, les données du ministère du Tourisme démontrent qu'en juin et août, les taux d'occupation dans les hôtels ont été nettement supérieurs à ce qu'ils étaient l'année précédente. À l'Association des hôtels du Grand Montréal, le portrait est pour le moins différent. Juillet a été «catastrophique», note le vice-président de l'organisation, William E. Brown.

Selon son association, le taux d'occupation des hôtels montréalais était d'un peu plus de 70% en juillet, soit une baisse de 10% par rapport à l'année précédente. «On n'a jamais vu ça. Normalement le mois de juillet est très fort. On a eu ce taux malgré le beau temps et les festivals», dit William E. Brown.

Il estime que les «problèmes avec les étudiants» du printemps ont peut-être eu une influence sur cette mauvaise performance. «C'est souvent à ce moment-là que les gens font leurs réservations», dit William E. Brown.

Selon lui, la mauvaise performance du mois de juillet aura des répercussions sur le bilan de l'année en cours. Selon l'Association des hôtels du Grand Montréal, le taux d'occupation de l'année en cours est de 1,4% inférieur à ce qu'il était l'an dernier. «On arrive aux mois d'octobre, novembre et décembre, il n'y a aucune possibilité d'aller rattraper ça», estime William E. Brown. «Je peux vous assurer que les revenus ont baissé», dit-il.

Comment la perception de l'été montréalais peut-elle être si différente entre le ministère du Tourisme et l'Association des hôtels du Grand Montréal? La réponse réside dans la méthodologie.

Le gouvernement se fie à un sondage effectué par l'Institut de la statistique du Québec auprès de 178 établissements hôteliers et 20 résidences de tourisme, tandis que l'Association des hôtels compile les données fournies par ses 76 établissements membres.

Un rapport de la Commission canadienne du Tourisme va dans le même sens que les hôteliers montréalais et confirme que le mois de juillet a été mauvais pour l'industrie hôtelière québécoise. Selon la commission, c'est au Québec que la baisse de fréquentation dans les hôtels a été la plus marquée au mois de juillet, atteignant 6%.