La Gaspésie devient la première région du Québec à se doter d'une «politique-cadre du tourisme durable», dans laquelle la culture, le paysage et l'écoresponsabilité jouent des rôles de piliers.

Gilles Gagné, collaboration spéciale LE SOLEIL

Cette politique est l'aboutissement de plusieurs mois de consultation auprès de plus de 150 personnes intéressées par le tourisme durable.

La présence de la Gaspésie en troisième position mondiale des destinations au potentiel de tourisme durable, selon le National Geographic en 2009, a été un élément déclencheur de la démarche lancée par la Conférence régionale des élus.

Cinq grands principes

La politique présente cinq grands principes, dont la sauvegarde et la mise en valeur de la culture gaspésienne. «Nous avons été la première région cosmopolite du Québec», signale Aurélien Bisson, rédacteur principal de la politique, en faisant référence aux origines variées des gens ayant peuplé la péninsule en plus de trois siècles. «Il faut que notre identité, notre histoire et notre mode de vie soient accessibles aux visiteurs.»

Le second principe consiste à préserver et à mettre en valeur le patrimoine paysager de la région. Il faut «reconnaître son caractère péninsulaire, ses montagnes et son patrimoine bâti», note M. Bisson, qui suggère «d'adopter une charte de protection du paysage».

Troisièmement, la Gaspésie doit promouvoir l'écoresponsabilité pour «préserver la qualité de vie des citoyens et l'attractivité de la région auprès de la clientèle touristique». La suggestion de l'expert Jean-Michel Perron de mettre en oeuvre des mesures compensatoires pour les émissions de gaz à effet de serre produites par les touristes est bien reçue en ce sens.

En quatrième lieu, la politique prône «un développement touristique contrôlé par les communautés et basé sur la concertation de tous les acteurs afin d'assurer un développement harmonieux dont les retombées seront surtout locales et régionales».

Enfin, le document milite en faveur de «la pérennisation de l'industrie touristique», pour qu'elle prospère et génère des bénéfices à long terme «sans en dénaturer le produit et sans porter atteinte à ce qui le distingue».

Miser sur l'originalité

Le directeur général de la Conférence régionale des élus, Gilbert Scantland, précise que «chacun va avoir ses responsabilités» dans la mise en oeuvre de cette politique, incluant le citoyen.

Jérôme Bolduc, qui possède une épicerie et un restaurant servant des produits régionaux à Matapédia, estime que le principal défi dans l'avenir immédiat, consiste à «sortir la politique de notre sphère [les initiés qui ont été consultés pour pondre le document]. Il faut tomber dans le concret».

Sophie Gagnon, qui fait la promotion de deux événements théâtraux, croit que la Gaspésie doit marquer l'imaginaire des visiteurs en misant sur l'originalité des gestes écologiques faisant partie du quotidien. «Au lieu de prendre un petit bâton de bois [jetable] pour brasser le café, on peut prendre un fettucine [comestible]», suggère-t-elle.