Après une ascension des plus agréables, dans un environnement toujours plus spectaculaire, les marcheurs ont soudainement l'impression d'atteindre le toit du monde. Le toit de «notre» monde.

Yves Ouellet LE SOLEIL

C'est un univers de forêt boréale en train de céder la place à quelques plateaux de toundra subalpine. Un monde lilliputien couvert de buissons de thé du labrador et de kalmia puis de bleuets et d'airelles vigne d'Ida dont on se gave goulûment.

 

C'est un univers de géant au bord d'une muraille colossale qui enlace en un demi-cercle parfait une grande partie de la région de Charlevoix, de Baie-Saint-Paul à La Malbaie. À la limite de cette scène surdimensionnée qui oscille entre 800 et 1000 mètres d'altitude, la récompense offerte aux grimpeurs est l'un des spectacles naturels les plus grandioses qui soient : Charlevoix dans toute sa splendeur, le fleuve Saint-Laurent dans toute sa magnificence, la Côte-du-Sud dans son brouillard de mystère, le cratère (l'astroblème) de Charlevoix dans toute sa solennité.

C'est un univers de plaisirs et de découvertes dans un environnement changeant. Mais ce qu'on apprécie en particulier, c'est cette impression d'avoir toute cette nature juste pour nous alors que, partout ailleurs, des hordes de marcheurs envahissent littéralement les sentiers.

Les randonneurs sont également éblouis par la succession ininterrompue de points de vue extraordinaires qui apparaissent partout au long des tracés ainsi que par l'absence de grande difficulté sur ces circuits qui nous amènent pourtant sur les plus hauts sommets de la région.

En piste

Pour ne pas perdre pied, les marcheurs ont tendance à avancer en regardant leurs bottes et, plus particulièrement, l'endroit où les poser, puisque la piste à flanc de montagne est couverte de pierres ou parsemée de courts troncs d'arbustes cisaillés par les artisans de ce réseau de sentiers qui fait partie du grand circuit de la Traversée de Charlevoix. Ce type de piste correspond parfaitement à ce que les randonneurs habitués recherchent. Nous ne sommes définitivement pas sur une autoroute pédestre comme «la Chouenne», à quelques kilomètres d'ici (à portée de regard sur les sommets), l'un des sentiers de la SEPAQ les plus fréquentés au Québec et qui sillonne les flancs du mont du Lac-des-Cygnes, dans le Parc national des Grands-Jardins. Ceci dit sans animosité puisqu'il s'agit d'un magnifique sentier récemment refait sur un nouveau tracé très intéressant.

Au programme, deux sentiers exceptionnels aménagés par l'organisme la Traversée de Charlevoix. Le sentier des Sommets (12 km) nous fait accéder à trois cimes procurant autant de points de vue saisissants sur l'immense territoire montagneux de l'arrière-pays. Le sentier des monts du lac à l'Empêche et du Four (13 km) relève quelque peu le niveau de difficulté pour sa part, mais on ne lui en tient pas rigueur tant il s'avère spectaculaire. Au palmarès des plus belles randonnées pédestres à faire au Québec, il devrait figurer dans le peloton de tête.

 

Repères

Emplacement : L'entrée de la zec des Martres se trouve sur la route 381 (Saint-Urbain-La Baie), à la limite nord du territoire du parc des Grands-Jardins, à 26,8 km au nord de la route 138 et à environ 4 km au nord du stationnement du mont du Lac-des-Cygnes.

Camping : La zec possède deux campings fréquentés par les utilisateurs du territoire, principalement des pêcheurs. Les randonneurs peuvent s'installer au camping de la rivière Barley, situé près de la route 381, qui a récemment subi une cure de rajeunissement. Il faut cependant prévoir que le camping se trouve à environ 7 km du point de départ des sentiers.

Enregistrement : Il est essentiel de s'enregistrer au bureau d'accueil de la zec et de défrayer les frais d'accès au réseau routier (9 $ par voiture), de même que les frais de camping si nécessaire (14 $ par jour).

Contribution : La Traversée de Charlevoix (www.traverseede charlevoix.qc.ca) est un organisme privé sans but lucratif dont l'objectif est de mettre en valeur les ressources naturelles de l'arrière-pays de Charlevoix par l'aménagement de sentiers multifonctionnels en territoire sauvage. Même si les sentiers dont il est question ici se trouvent sur le territoire de la zec des Martres, ils ont été aménagés par la Traversée, qui veille également à leur entretien. C'est pourquoi une contribution financière est demandée à l'entrée des sentiers.