Quel est le lien entre le Canadien de Montréal et le village de Sutton? Le train! Quand l'équipe de hockey ne possédait pas encore son avion privé, les joueurs voyageaient d'une ville à l'autre en train. Et à l'époque de Maurice Richard, le train en direction de Boston s'arrêtait à Sutton pour faire le plein d'eau et pour passer à la douane.

Mis à jour le 15 févr. 2009
Simon Diotte, collaboration spéciale LA PRESSE

Dans une exposition temporaire présentée jusqu'au 29 mars, le Musée des communications et d'histoire de Sutton rappelle ce pan oublié de l'histoire des Glorieux. «Le train ne s'arrêtait qu'une vingtaine de minutes à Sutton, mais les enfants sortaient la nuit (le train quittait Montréal après les matchs) pour tenter d'apercevoir leurs idoles à travers les vitres enfumées des wagons», rappelle Richard Leclerc, concepteur et responsable de l'exposition baptisée Les Canadiens passent par Sutton... en train.

 

Pour cette exposition couvrant la période 1942-1964, M. Leclerc a déniché des photos du Canadien National et du Canadien Pacifique relatant la vie des joueurs de la sainte Flanelle dans ces années où la Ligue nationale de hockey ne comptait que six équipes. Des documents d'archives de la collection personnelle de Bob Fillion, un ex-coéquipier de Maurice Richard, sont également exposés.

De plus, le 19 décembre dernier au musée Exporail de Saint-Constant, M. Leclerc a réuni six anciens joueurs du Tricolore pour récolter, sur vidéo, leurs confidences sur la vie à bord des trains. Dans ce documentaire d'une quinzaine de minutes filmé à bord d'une voiture qui les a jadis transportés, Bob Fillion, Elmer Lach, Émile «Butch» Bouchard, Phil Goyette, Gerry Plamondon et Normand Dussault racontent comment ils tuaient le temps à bord des trains. Le trajet Montréal-Boston durait huit heures; celui entre Montréal et Chicago, vingt heures.

Les visiteurs du musée peuvent visionner la vidéo dans un décor reproduisant le salon de l'amateur de hockey de l'époque. On y apprend qu'à bord, les hockeyeurs se jouaient des tours à profusion. Maurice Richard et Émile «Butch» Bouchard excellaient dans ce domaine, mais le plus taquin était sans contredit Murph Chamberlain. C'est aussi à bord du train que les recrues subissaient leur initiation.

«À travers cette exposition et cette vidéo, notre objectif est de raconter le quotidien des joueurs de l'époque, comment ils vivaient à l'extérieur de la patinoire», dit M. Leclerc.

Dans le documentaire, on sent toute la complicité qui régnait à l'époque entre les coéquipiers. «Un demi-siècle plus tard, la synergie entre eux est encore visible. C'est peut-être ce qui explique les succès de l'équipe dans les années 40 et 50», avance M. Leclerc.

C'est peut-être aussi ce qui explique les récents insuccès de l'équipe, qui sait...

Une exposition à voir jusqu'au 29 mars, les samedis et dimanches, de 13h à 18h, au Musée des communications et d'histoire de Sutton.