Le café-vélo, ou comment savourer une bière tout en faisant réparer freins, boyau et garde-boue: le concept fait fureur à Londres où la petite reine est utilisée par plus de 800 000 personnes chaque semaine.

AGENCE FRANCE-PRESSE

Après avoir été«cyber», «philo», «impro» et même «laverie», le café se fait désormais vélo dans une douzaine de lieux, pour le plus grand bonheur de la communauté cycliste londonienne.

Pavoisé de drapeaux bleu-blanc-rouge pour cause de Tour de France, le «Look Mum, No Hands!» («Regarde Maman, sans les mains!»), à Old Street, une avenue branchée de l'est de Londres, est devenu une étape incontournable des amoureux de la petite reine depuis son ouverture au printemps dernier.

«La différence ici, c'est l'atmoshpère qui est beaucoup plus décontractée que dans les magasins de vélo traditionnels. Nous n'essayons pas de vendre, nous réparons seulement les vélos», explique Nicola Hamilton, une des «mécanos» du café.

«Les gens viennent donc pour se détendre, prendre un verre, s'amuser avec leurs amis et pendant ce temps, nous réparons leur vélo. C'est une expérience tout-en-un très plaisante», s'enthousiasme la jeune femme, tatouée de la tête aux pieds.

Dans ce temple aux murs recouverts de maillots jaunes et de photos de coureurs, les vélos, suspendus au plafond ou encore trônant sur le bar, ont presque valeur de totems.

Et depuis le 3 juillet, des dizaines de fidèles assistent avec ferveur à la grand-messe du Tour de France, diffusée chaque jour en direct sur un grand écran.

«C'était bondé dimanche. Les gens étaient debout et criaient. Il n'y a pas beaucoup d'endroits à Londres où regarder le Tour de France dans une ambiance conviviale», se réjouit Lewis Hackley, l'un des trois propriétaires du bar.

La clientèle est très variée. Il y a bien sûr une multitude de fans de la bicyclette mais aussi des groupes d'amis profitant simplement de l'ambiance.

«La communauté cycliste londonienne a doublé au cours de ces dix dernières années», souligne Tom Bogdanovic, porte-parole d'une ambitieuse campagne lancée par la ville de Londres pour promouvoir l'usage du vélo, the «London Cycling Campaign».

La capitale britannique est donc à l'image de son cycliste le plus populaire, Boris Johnson, le maire haut en couleur de la capitale britannique.

Cette fièvre du vélo s'explique notamment par la prime dont bénéficient les employés qui se rendent au bureau à bicyclette.

Mais le prochain grand rendez-vous des vélocipèdes est l'arrivée de la version britannique du Vélib' français, annoncée pour le 30 juillet. La mairie de Londres prévoit de mettre à disposition dans un premier temps 6.000 vélos de location, répartis dans 400 stations à travers Londres