Les journalistes Michèle Ouimet et Sophie Ouimet-Lamothe, qui sont mère et fille dans la vraie vie, ont passé une semaine à Barcelone en janvier. Voici quelques extraits de leurs accords... et désaccords.

Publié le 14 févr. 2009
Michèle Ouimet et Sophie Ouimet-Lamothe LA PRESSE

8 JANVIER : Lectures honteuses

Départ de l'aéroport Trudeau. En attendant notre vol, nous lisons des revues quétaines pour relaxer. Non, je ne vous dis pas lesquelles, ma mère en mourrait de honte.

Parce qu'elle a toujours peur de rater son avion, ma mère a pris une looooooongue correspondance à Zurich. Pendant les interminables heures d'attente, nous avons dormi sur des bancs comme des sans-abri. Merci maman.

10 JANVIER : Le niveau monte

Premier petit-déjeuner, croissant et cafe con leche. Ma mère, pourtant en vacances, s'est jetée sur les journaux: Sunday Times, Figaro et le respectable El País, même si elle ne comprend pas un traître mot d'espagnol. C'est quand même mieux que Le Lundi. Oups!

11 JANVIER : Fidèles à elles-mêmes

Hier, nous avons trouvé le moyen de perdre notre guide de voyage. Pas étonnant, parce que la veille, nous avions changé trois fois de restaurant : trop cher, trop long, trop vide... Aujourd'hui, ma mère est retournée dans chaque restaurant pour demander s'ils n'avaient pas retrouvé «oune liber de Barcelona, you know?» Et ça prétend lire El País.

12 JANVIER : Bonjour nostalgie



Aujourd'hui, journée pèlerinage : Sophie a vécu cinq semaines à Barcelone à l'été 2003 pour un stage en architecture. Nous sommes allées dans le quartier Gracia, où elle partageait une chambre avec un ami. «C'est ici que je vivais», a-t-elle dit en montrant du doigt la fenêtre d'un bloc situé dans une jolie petite rue. «Heu, non, c'est là», a-t-elle rectifié en visant la fenêtre voisine. La nostalgie était au rendez-vous, mais pas la mémoire. Elle s'est tout de même rappelé le cendrier rempli de mégots qu'elle avait échappé du deuxième étage. Heureusement qu'il n'y avait personne dans la rue, sinon elle aurait eu un mort sur la conscience.

13 JANVIER : Plus de peur que de mal

Nous avons retrouvé notre guide de voyage. Il ne se cachait pas dans un quelconque restaurant de la vieille ville, mais plutôt sous le lit, dans notre chambre d'hôtel. Du Ouimet tout craché.

14 JANVIER : Discussion théologique

Aujourd'hui, nous sommes allées à Montserrat, un monastère situé à une heure de train de Barcelone. Une montée vertigineuse en téléphérique nous a menées à un monastère juché dans la montagne. Dans la basilique qui jouxte le monastère, une quarantaine de garçons pré-pubères ont chanté pendant une dizaine de minutes. Leurs voix claires ont envahi la basilique. C'était émouvant, ai-je dit. Ennuyant, a répliqué ma fille, qui n'est pas portée sur la religion. Moi non plus d'ailleurs, mais j'ai tout de même aimé. Ce sont peut-être des relents de mon enfance dans l'eau bénite.

15 JANVIER : Plaisir coupable



Nous prenons une pause des tapas pour essayer le McDonald's barcelonais (ma mère m'y a traînée de force, je le jure!) De toute façon, le McDo, c'est une tradition de voyage : il faut y aller une fois - pas plus, pas moins - pour voir si ça goûte la même chose que chez nous. Ça goûte la même chose. Et on le regrette toujours autant une fois l'acte coupable accompli.

Ma mère tient à préciser que «le reste du temps, on a super bien mangé», comme dans ce restaurant recommandé par une amie. «Les meilleures tapas de ma vie!» s'est exclamée ma mère, qui parlait d'expérience puisque c'était la troisième fois de son existence qu'elle en mangeait.



16 JANVIER : Le retour


Comme ils ne vendent pas Le Lundi à Barcelone, nous avons regardé un film dans l'avion. Heureusement, c'était une quétainerie: Le temps d'un ouragan, une histoire d'amour larmoyante cotée deux étoiles et demie dans La Presse. Nous avons ri aux larmes aux endroits où nous aurions dû pleurer.

Et Barcelone, dans tout ça? On a adoré.