Comme la France, la Belgique est le royaume des voyages à thème. Nos références y sont si nombreuses que nous n'avons que l'embarras du choix pour nous accrocher à un sujet.

Lilianne Lacroix LA PRESSE

Pour qui aime l'histoire, il y a notamment le Bouillon de Godefroy, le Tournai de Clovis et Childéric et évidemment, le Waterloo de Napoléon. Devenue capitale de l'Europe, Bruxelles héberge de grandes institutions comme le Parlement européen et nous permet d'explorer l'histoire contemporaine.

 

Amoureux de chocolat et «bièrophiles» pourraient passer des mois à arpenter le pays.... Une boutique de chocolats vous fait de l'oeil à tous les coins de rue. À Bruges, un fascinant musée vous amène sur les traces de son histoire, de ses moules et recettes... Quant à la bière, c'est une religion belge avec ses règles codifiées: une bière avec sa forme de verre, sa température et une façon de verser pour que le collet soit juste parfait... Pour ne pas faire les choses à moitié, on commande une carbonade flamande cuite à la bière évidemment.

Autour de la BD

Le pèlerinage Tintin, qui commence par le célèbre marché aux puces des Marolles où il a trouvé la fameuse Licorne attire de nombreux adeptes... Gaston Lagaffe, les Schtroumpfs... quelle que soit votre BD chouchou, vous pouvez, dans ce paradis du dessin, vous lancer sur les traces de votre auteur préféré ou de ses personnages.

Réconciliation chocolatée

Pour quiconque trippe sociologie, l'exploration de l'antagonisme linguistique français-flamand ressemble à quelque chose que l'on connaît bien de ce côté de l'Atlantique. Ça vous amènera du pays flamand en Wallonie en passant par les deux Louvain qui symbolisent un quasi-divorce entre les communautés. Incapables de s'entendre, francophones et néerlandophones s'y sont séparés en 1972, les premiers allant créer la ville et l'Université de Louvain-la-Neuve tandis que l'Université catholique de Louvain devenait la KUL (Katholieke Universiteit Leuven).

En forme d'espoir, un gourmet-gourmand veut réconcilier les opposants et souder son pays autour... du chocolat. Ainsi est née la Maison des maîtres chocolatiers qui regroupe, sur la Grand-Place de Bruxelles, cinq maîtres flamands et cinq maîtres wallon. «J'adore mon pays, déclare Philippe Luypaert. J'ai voulu démontrer que Flamands et Wallons peuvent s'entendre. Créateur de convivialité, le chocolat peut être non seulement un symbole mais aussi le meilleur ambassadeur de bonne entente.»

Sur les traces de Brel

Flamand ou francophone, le Belge se sent toujours minoritaire, disait Brel. Le Wallon parce qu'il a longtemps été le Newfie des Français, les Flamands, pourtant majoritaires, parce qu'ils se sont longtemps sentis traités de haut par les Wallons.

Évidemment, il y a Brel. J'ai toujours adoré Brel, pas au point de faire un pèlerinage mais assez pour succomber aux clins d'oeil, d'abord au Café de la mort subite (à la sortie des Galeries Saint-Hubert) qui n'a pas changé d'un poil depuis qu'il le fréquentait. La serveuse vous y fera une dissertation sur votre bière. Et gare à ceux qui, comme mes voisins américains, commandent une Gueuze en s'étonnant qu'on la serve «tablette». Tout près, les éditions Jacques Brel font maintenant oeuvre de musée. On l'y entend reprendre le vieil accent bruxellois qui avait tant choqué à la sortie des Bonbons. Puis, heureux hasard, un changement d'hôtel m'a amenée à Schaerbeek, son quartier natal. Charmant et à peu près ignoré des touristes. Partout dans le «plat pays qui est le sien», on retrouve la trace du Grand Jacques.

Si nos pères viennent de France, les Belges, à cause de leur histoire, à cause de la France si proche et qui prend tant de place, semblent des frères. C'est ce qu'on sentira dans leur accueil et leur humour. Où ailleurs aurait-on eu l'idée saugrenue de créer un Musée de la frite et d'ériger en héros un p'tit gars qui pisse?