Un peu plus de cinq ans après son ouverture, le Georgia Aquarium - déjà le plus imposant de la planète - a de nouvelles envies de grandeur: après les requins-baleines et les bélugas, les dauphins s'installeront sous peu à deux pas du Parc olympique d'Atlanta.

Mis à jour le 28 mars 2011
Simon Chabot LA PRESSE

Lors de notre passage, fin février, les mammifères en provenance de Marineland, près d'Orlando (complexe que l'aquarium vient d'ailleurs d'acheter), avaient déjà pris possession de leurs nouveaux quartiers, d'immenses bassins de 7,5 millions de litres, soit l'équivalent de trois piscines olympiques. Encore peu habitués à la visite, les dauphins nous ont fait de jolis minois à travers la paroi d'acrylique épaisse de 60 cm qui permet de les voir nager et plonger avec une adresse convaincante.

Les 11 dauphins de l'aquarium achevaient de préparer un spectacle d'une trentaine de minutes, avec musique originale et effets spéciaux, qui prendra l'affiche le 2 avril et qui parlera du délicat équilibre des écosystèmes marins.

Cet hiver, d'ailleurs, les biologistes ont découvert un nombre record de foetus de dauphins échoués sur les côtes du golfe du Mexique. Il est trop tôt pour établir les causes de cette hécatombe, mais beaucoup sont tentés de faire des rapprochements avec la marée noire de l'été dernier.

Tous les dauphins qui prendront part au spectacle sont pour leur part nés en captivité. Ils aiment les foules et c'est tant mieux, car ils exécuteront prouesses et pirouettes devant 1800 personnes à la fois.

La construction de ce qui constitue une nouvelle aile de l'aquarium a coûté plus de 110 millions de dollars.

Plein la vue

Construit sur une parcelle de terre cédée par Coca-Cola et grâce à un don initial de 250 millions de dollars du fondateur de Home Depot, Bernie Marcus, le Georgia Aquarium a accueilli plus de 13 millions de visiteurs depuis son ouverture en 2005. Son attraction principale a été jusqu'ici le titanesque bassin baptisé The Ocean Voyager.

Grand comme un demi-terrain de football, il héberge des milliers d'animaux, dont quatre représentants de la plus grande espèce de poisson: le requin-baleine (jusqu'à 14 m de long). Il faut les voir flotter par la paroi, plus grande qu'un écran de cinéma, pour réaliser à quel point ils sont gigantesques. Vus du tunnel qui traverse le bassin, ils sont aussi fort impressionnants.

Le Georgia Aquarium, qui emploie 450 personnes et bénéficie de la contribution de 2000 bénévoles, propose en outre de visiter ses coulisses. Préparation minutieuse de la nourriture, installations vétérinaires audacieuses, salles des machines vrombissantes, cette visite en met aussi plein la vue. C'est ici qu'on réalise que l'aquarium est en fait un immense centre de recherche sur la vie marine, où des dizaines de scientifiques tentent d'élucider le mode de vie de poissons dont on ignore encore beaucoup de choses, de leur espérance de vie à leur façon de se reproduire.

Pour vivre une expérience inoubliable, moyennant quelques centaines de dollars, les visiteurs peuvent même plonger dans le grand bassin et caresser les requins-baleines. «Rassurez-vous, nous avons eu des plongeurs tous les jours depuis l'inauguration et nous n'avons jamais eu de problème», assure la guide Mackenzie Whalen.

Comme prix de consolation pour les visiteurs qui n'ont pas les moyens ou envie d'une telle plongée, un petit bassin de l'aire centrale propose de toucher de minuscules requins et raies. C'est à la fois mou, visqueux et doux.

De là, on pourra aussi prendre les chemins qui mènent aux bassins consacrés à la faune et la flore aquatiques des tropiques, des rivières nord-américaines et des mers froides. Après les requins et les dauphins, vous aurez sans doute l'impression d'en avoir déjà assez vu, mais ne ratez surtout pas les bélugas. Leur grâce mérite à elle seule le prix d'entrée.

www.georgiaaquarium.org

Les frais de voyage de ce reportage ont été payés par Travel South.