Précoces cette année, les milliers de cerisiers en fleurs de Washington, offerts par le Japon il y a près d'un siècle, sont la vedette d'animations touristiques qui rapportent plus de 120 millions de dollars par an à la capitale américaine.

Virginie Montet AGENCE FRANCE-PRESSE

«Les conditions météorologiques du week-end dernier étaient idéales pour faire avancer les bourgeons», a pronostiqué Robert DeFeo, le botaniste en chef des services de parcs nationaux qui veille sur les cerisiers du Japon, offerts par la ville de Tokyo aux Etats-Unis.Chaque année, celui que les parc nationaux prénomment aussi «M. Cherry Blossom» (M. «Cerisiers en Fleurs») annonce avec une précision scientifique la période du pic de floraison, là où au moins 70% des fleurs sont écloses simultanément. Elle est fixée ce printemps du 1er avril au 4 avril, quatre jours plus tôt que l'année dernière. La période d'éclosion court du 28 mars au 9 avril.

«Je me réserve toutefois le droit, comme toujours, de modifier ces prévisions le cas échéant», ajoute dans un communiqué l'horticulteur en chef qui a déjà avancé une fois cette année ses pronostics de pic de floraison.

Pendant le «Cherry Blossom Festival», du 27 mars au 11 avril, un million de visiteurs vont ainsi se presser sur les bords de la rivière Potomac pour flâner parmi les milliers d'arbres roses, fête pour les yeux et prétextes à des parades, des croisières en bateau-mouche, en pédalo, des circuits à vélo et des marches aux lanternes. Des spectacles japonais et un feu d'artifice sont aussi prévus.

«Les cerisiers en fleurs incarnent le début du printemps à Washington et les cerisiers sont pour nous un gros +business+», a reconnu Elliott Ferguson, président de l'organisation de promotion touristique de la capitale, Destination DC.

Selon une étude de l'université George Mason, durant les 16 jours d'animation, les visiteurs, dont 45% n'habitent pas la région, dépensent 126 millions de dollars en hôtels, restaurants, visites, souvenirs et T-shirts autour du festival. La maintenance des arbres coûte un million de dollars par an et nécessite une équipe de douze jardiniers.

Globalement, l'activité touristique représente pour la capitale américaine 5,6 milliards de dollars par an avec 16,5 millions de visiteurs annuels.

L'attraction des cerisiers séduit notamment les touristes japonais. Selon les chiffres des grandes compagnies aériennes nippones, le nombre de vols directs vers Washington augmente de 40% au moment de la floraison, a indiqué Bill Line, du Service des Parcs nationaux.

Les arbres ont été donnés en 1912 par le maire de Tokyo à la ville de Washington pour célébrer l'amitié entre les deux pays, à l'initiative de l'épouse du président William Taft, Helen, tombée amoureuse des cerisiers en fleurs au cours d'un voyage au Japon, a raconté au cours d'une conférence de presse son arrière-petit-fils William Howard Taft the 4th.

À cause d'une maladie, une première cargaison de 2000 arbres avait du être détruite à peine arrivée sur le sol américain, au grand désespoir de la Première dame qui avait exigé en vain de son mari de limoger le secrétaire à l'Agriculture qui avait décidé cette mesure radicale. Une nouvelle livraison permit de planter 3000 cerisiers, dont environ 80 originaux sont encore en place aujourd'hui.

Chaque année une centaine de ces arbres environ sont remplacés, abîmés par l'hiver mais surtout par les touristes, ont indiqué les jardiniers.