De la porno pour panda? Oui, ça existe! L'objectif n'est toutefois pas de satisfaire les esprits pervers, mais bien de permettre à ces animaux en voie d'extinction d'apprendre les rudiments d'une bonne partie de «pattes en l'air» quand ils vivent en captivité. Curieux? Rendez-vous au Museum of Sex de New York, où l'exposition The Sex Lives of Animals convie à la découverte des... dessous de la nature.

Marie-Julie Gagnon, collaboration spéciale LA PRESSE

En pénétrant dans la salle, on comprend tout de suite qu'on est plus près de la leçon de science naturelle que d'un remake douteux de La Belle et la Bête. Car ce n'est pas un émule poilu de Ron Jeremy qui nous accueille, mais Darwin et ses théories. Quelques pas plus loin, un singe bien membré nous invite à découvrir les autres parties (tout aussi intimes) de l'exposition.

On apprend notamment que les macaques mâles sont prêts à troquer leurs collations contre des photos de parties génitales et de postérieurs de femelles de la même espèce. Que les flamants roses sont émoustillés par le regard de leurs pairs pendant l'acte. Que les lions, les bisons et les girafes aiment les rapprochements avec leurs semblables du même sexe. Que les mâles bonobos utilisent la canne à sucre pour appâter les femelles. Que les canards des lacs argentins possèdent le pénis le plus long. On en ressort avec tout autant de questions que de connaissances (pourquoi un oiseau a-t-il besoin d'un si long membre?), mais surtout, avec l'étrange impression que l'animal n'est pas si loin de l'homme (à moins que ce ne soit l'inverse).

 

Des sculptures de Rune Olsen, des vidéos et des os de pénis d'espèces diverses justifient en quelque sorte l'appellation «exposition», puisque la majorité des informations et des photos seraient tout aussi intéressantes dans un simple bouquin. À noter que de nombreux scientifiques et experts ont agi à titre de conseillers dans sa préparation.

Deux autres expositions

Le deuxième étage du musée nous entraîne dans une tout autre atmosphère. Sombre et feutrée, la pièce compte plusieurs écrans sur lesquels sont présentés des extraits de films qui ont marqué l'histoire de l'érotisme et de la porno, de ses premiers balbutiements il y a 150 ans aux facéties de Paris Hilton. C'est d'ailleurs autour de la performance de cette dernière dans One Night in Paris que s'était constitué le plus grand attroupement lors du passage de l'auteure. Dracula (1931) et Deep Troath (1972) sont aussi de la partie. Présentée depuis 2007, Action - Sex and the Moving Image explore les univers du cinéma, de la télévision et de la publicité.

Impossible, par ailleurs, de ne pas être fasciné par les figurines à la fois futuristes et rétro de l'artiste et réalisateur Michael Sullivan. Son film Sex Life of Robots, qu'il décrit comme «footage of every conceivable sperm transfer device that is performed by robot pornographers and their well lubricated machines» (traduction libre: «métrage de tout dispositif de transfert de sperme imaginable accompli par des robots-pornographes et leurs machines bien lubrifiées»), prend place dans une sorte de manufacture à éjaculation. La froideur des machines et de leurs mouvements n'a rien à voir avec le Gigolo Joe de Jude Law dans A.I. (Artificial Intellige nce).

Quant aux autres objets de l'exposition permanente présentée au troisième étage, ils témoignent des différentes facettes de la sexualité: livres d'anatomie, condoms vintage, hommage au striptease burlesque, chaise de dentiste affublée d'un godemiché, oeuvres d'art (de Keith Haring, notamment), real doll (qu'on peut même toucher) ... Alors, allumé?

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www.museumofsex.com