Si vous dites à vos amis que vous avez passé une semaine à Playa Jibacoa, il y a une chance sur 20 qu'ils vous demandent où ça se trouve. Pourtant, c'est la même envolée vers La Havane ou Varadero qui vous donnera accès à ce petit paradis cubain méconnu.

Publié le 23 mars 2011
Gilbert Lavoie LE SOLEIL

Playa Jibacoa est située à mi- chemin entre La Havane et Varadero. On n'y trouve que deux hôtels, le Breezes et le Villa Cameleon. C'est la raison pour laquelle l'endroit est moins connu que les autres grandes destinations touristiques de Cuba comme Varadero ou Cayo Largo. La région est l'un des lieux de vacances préférés des Cubains à revenus modestes. On y trouve de nombreux campismos, ces grands campings du réseau national mis à la disposition de la population par le gouvernement. C'est une destination tranquille pour qui cherche le calme et veut se retirer dans un endroit paisible. La clientèle est variée, mais légèrement plus âgée ou familiale qu'ailleurs.

Ce qui fait le charme de cette destination, c'est la proximité de la barrière de corail et la qualité de la plongée en apnée ou avec bonbonnes qu'on peut y pratiquer. Avec en prime la possibilité de visiter à pied les petites fermes du coin, de goûter aux produits locaux, ou encore de vous rendre à La Havane en moins d'une heure.

Si vous allez dans le Sud pour la plage, la discothèque et les spectacles dans les grands hôtels, vous ne trouverez pas votre compte à Jibacoa. La plage est belle, mais on n'y retrouve pas le sable blanc de Varadero.

Par contre, vous n'avez que quelques coups de palmes à donner pour vous retrouver dans un bel environnement de vie marine qui ne cessera de vous surprendre. Le corail est quelque peu détérioré à proximité de la plage, mais il devient de plus en plus beau au fur et à mesure qu'on s'en éloigne. En fait, toute la côte dans cette région est un véritable aquarium. Les deux hôtels offrent de la plongée avec bonbonnes; les équipements ne sont pas jeunes, et dans le cas du Cameleon, on plonge à partir de pédalos. Mais les maîtres plongeurs que nous y avons rencontrés étaient compétents. À moins d'aller beaucoup plus loin au large, la plongée se fait dans un environnement rassurant, entre 10 et 15 mètres de profondeur. C'est parfait pour les débutants, et la faune sous-marine y est tout aussi impressionnante.

Visite à la ferme

L'autre caractéristique de l'endroit est la proximité des populations locales. Playa Jibacoa est accolée à un haut plateau calcaire d'où vous avez un beau coup d'oeil sur la mer. Les deux hôtels y organisent des randonnées pédestres gratuites de moins de deux heures qui vous amènent littéralement dans la cour arrière des paysans du coin, qui sont bien heureux de vous accueillir et de vous faire goûter leurs fruits. Apportez-vous quelques pesos, sans quoi vous aurez l'air un peu pingres de profiter de cette hospitalité sans rien offrir en retour...

Autre activité à ne pas manquer: une sortie d'une journée en jeep dans les villes de la région. Nous avons été impressionnés par les Cuevas de Bellamar, des cavernes longues de 2500 mètres découvertes en 1850 par un berger qui recherchait un mouton égaré. Nous avons également apprécié une excursion en bateau sur le Rio Canimar, l'un des fleuves les plus profonds de Cuba.

Le choix des hôtels

Lors de notre séjour, du 18 au 25 décembre, nous avons choisi l'hôtel Cameleon Villa, un établissement trois étoiles à 869 $ par personne. À quatre, la facture était plus abordable... Son voisin, le Superclubs Breezes, est un quatre étoiles plus luxueux mais qui demeure dans une catégorie de prix abordable. L'aménagement du Breezes est très beau; celui du Cameleon, moins récent, est charmant. On y loge dans de petites unités de logement, du genre motels ou bungalows, sur un immense terrain bien paysagé. Vous aimez les grands espaces...vous en aurez! Les habitations sont légèrement défraîchies et un coup de pinceau ne serait pas de trop dans certains cas, mais c'est très acceptable pour un hôtel classé trois étoiles.

La surprise de ce voyage a été la nourriture. Comme c'est souvent le cas à Cuba, la variété laissait un peu à désirer, mais la qualité était au rendez-vous. Et à ce prix, peut-on vraiment se plaindre? La veille de Noël, le personnel des cuisines a fait des miracles pour nous offrir un repas beaucoup plus varié et agrémenté de musique locale. En fait, nous avons beaucoup mieux mangé à Jibacoa que l'année précédente à Roatan, au Honduras, un autre magnifique centre de plongée dont j'ai déjà traité dans ces pages. Bref, Jibacoa est une belle découverte pour qui veut profiter de la mer et du soleil à proximité de la capitale cubaine. Évidemment, nous avons été chanceux : il a fait beau et chaud pendant notre séjour. Ce n'est pas toujours le cas à Cuba en décembre. Les souvenirs sont toujours plus agréables quand ils sont ensoleillés.