Ville de musées (près d'une quarantaine), ville culturelle, industrielle et commerciale depuis le XIIIe siècle, Bâle, troisième cité suisse située tout près de la frontière française, est d'abord et avant tout fille du Rhin.

Mis à jour le 21 juill. 2008
Lilianne Lacroix

Séparant la vieille ville en deux, avec le Grand Bâle d'une part et le Petit Bâle sur la rive droite, le Rhin constitue le coeur même de la ville. Seul débouché entre la mer et le Rhin, son port, qui connecte le pays à Rotterdam à 830 km de là, est surnommé la Porte d'or de la Suisse et permet d'exporter le fromage, les montres et évidemment le chocolat, omniprésent dans les rues et les conversations.

De tout temps, on s'est baigné dans le Rhin. Encore aujourd'hui, l'eau y est impeccable et les habitants y plongent et s'y déplacent, enfermant leurs vêtements dans un sac attaché à une bouée qu'ils traînent derrière eux. En lieu et place d'une banale promenade, un petit déplacement rafraîchissant avant le souper!

Plus facile, on peut aussi utiliser les Färhi, ces barques qui vous amèneront d'une rive à l'autre en quelques minutes.

Marque de la fascination des Bâlois pour l'eau, la ville recèle aussi quelque 170 fontaines, véritables oeuvres d'art ou carrément rigolotes, qui fournissent de l'eau potable.

Avec ses rues typiques, ses maisons anciennes et même si son système de transports en commun est extrêmement fiable (précision suisse oblige), Bâle est d'abord une ville qui se flâne... On ne peut y manquer évidemment de tomber sur l'un ou l'autre des musées. Mais on pourra aussi s'amuser de la fontaine Tinguely, où neuf machines articulées imaginées par le célèbre sculpteur crachent de l'eau. Inévitablement, on débouchera, en passant devant les magnifiques résidences de la Rittergasse où ont habité le haut clergé puis de riches commerçants, sur la Münsterplatz, juste devant la Cathédrale de grès rouge. Henri II et Cunégonde, bienfaiteurs de la ville, y trônent, sculptés dans la pierre. À l'intérieur, un bas-relief roman relate le martyre de Saint-Vincent à la manière d'une bande dessinée. Sur l'une des scènes, un singe représentant le diable, souffle de mauvaises pensées aux Romains. On y trouve aussi le tombeau sculpté d'Anna de Habsbourg, seule reine de Suisse. Il ne faut pas manquer de faire un tour à l'arrière de la cathédrale où une terrasse offre un magnifique panorama sur le Rhin et le Petit Bâle.

On peut même s'arrêter à l'église Sainte-Élisabeth où l'on tient café-resto et où on offre parfois des soirées disco.

Un passage devant la demeure d'Érasme de Rotterdam, célèbre humaniste de l'époque, mène à l'hôtel de ville où il y a marché. Saucisses et fromages fort odorants y tiennent la vedette. Cunégonde et Henri II sont encore à l'honneur sur l'édifice tout rouge de l'hôtel de ville mais la Vierge, qui a failli disparaître avec la Réforme, est devenue la Justice.

Au hasard d'une promenade, nous avons découvert le Jardin botanique, adossé à l'Université, un intermède-nature fort apprécié. Si vous faites peu confiance au hasard, Bâle vous fournit cinq suggestions de trajets à pied dans la vieille ville. Chacun a reçu le nom d'une des célébrités de Bâle. Ne vous reste que l'embarras du choix.