(Washington) Washington a révoqué lundi une mesure d’exemption de visa pour les étrangers qui se sont rendus ces huit dernières années en Corée du Nord, ce qui risque de peser sur le secteur touristique balbutiant de Pyongyang.

Agence France-Presse

Les autorités américaines permettent aux ressortissants de 38 pays – parmi lesquels la Corée du Sud, le Japon ou la France – d’entrer sur leur territoire sans visa pendant 90 jours.

Mais cette exemption est désormais suspendue pour les visiteurs qui se sont rendus dans huit pays, dont la Corée du Nord, depuis le 1er mars 2011, selon une mesure publiée lundi sur le site de l’autorité américaine des douanes et de la protection des frontières.

Les ressortissants des 38 pays se trouvant dans ce cas particulier devront, s’ils souhaitent entrer aux États-Unis, demander un visa de tourisme ou d’affaires.

Des restrictions particulières existaient déjà concernant les sept autres pays, pour la plupart des États du Proche-Orient.

Ce changement de régulation concerne des dizaines de milliers de personnes qui se sont rendues ces huit dernières années en Corée du Nord, pour une visite touristique ou autre.  

Il vient aussi miner les efforts du président sud-coréen Moon Jae-in, ardent avocat d’un dialogue avec Pyongyang, pour promouvoir les projets de coopération touristique transfrontalière afin de permettre à ses compatriotes de visiter la Corée du Nord.

Des médias sud-coréens ont d’ores et déjà soulevé le cas de grands patrons comme le vice-président de Samsung Electronics Lee Jae-yong qui faisait partie de la délégation ayant accompagné l’an dernier le président sud-coréen lors de sa visite à Pyongyang.

Un porte-parole de Samsung s’est refusé à tout commentaire.

Les États-Unis interdisent depuis 2017 à leurs ressortissants de se rendre en Corée du Nord, une mesure qui avait été décidée après la libération dans le coma d’un étudiant américain arrêté en Corée du Nord, qui était décédé quelques jours après.